Discipline, chap. XIII, art
522 l'église réformée de paris sors henri iv
tration des finances, le « général » Duret, donna « magnifiquement à disner, » et c'était dans un local dont le choix ne choquait pas, paraît-il, un jour de justes noces, « au logis de Madame de Vienne sa maistresse 1. »
Pendant les premiers temps de leur mariage, sinon plus tard -', les deux tout jeunes époux revinrent fidèlement au temple de Charenton : ainsi on les y voit se présenter comme parrain et marraine '• dans l'été de 1010.
Lorsqu'il avait constaté que ses projets précédents étaient impossibles à réaliser, le roi avait favorisé cette union, car il redoutait par dessus tout de voir Sully marier son fils à la fille du duc de Bouillon et s'allier ainsi à la plus puissante famille protestante, dont les intrigues inspiraient toujours quelque inquiétude 4. Le seul fait qu'un tel mariage parût alors possihle montre combien avait progressé en peu d'années la pacification des esprits : le duc si compromis de 1002 à 1005 après le complot de Biron était maintenant réduit à un silence relatif ; Sully, le dernier jour de 1007, avait donné ses instructions à un commissaire ordinaire des guerres — prohahlement, si l'on en juge par son prénom hihlique, un huguenot comme tant d'autres fonctionnaires de l'entourage du grand maître de l'artillerie — Gamaliel de Monsire, pour retirer de Sedan la garnison et remettre la place au duc de Bouillon.
1. En 1621 Charles Duret, seigneur de Chevry, intendant des finances et président en la chambre des comptes, était colonel du quartier Saint-Paul (où habitait Sully) ; cf. registres du Bureau de la ville, Archives nat., H. 1800. Une ancienne famille de l'Anjou portait ce nom et plusieurs de ses membres étaient devenus protestants, ainsi Jean Duret, sieur de la Barbée, gouverneur d'Angers en 1562 (France prot., 2e éd., t. V, col. 1032).
2. Le marquis de Rosny abjura, grâce, semble-t-il, à l'intervention personnelle de Louis XIII, qui écrivit à Sully : « Les intentions de votre fils étant bonnes, il ne sera point éloigné de vos bonnes grâces » (Revue de Paris, 1907, p. 548). Il mourut en 1634 après une vie de débauches qui fut pour son père un grand sujet de tristesse (Fr. prot., 2° éd., II, 491).
3. De « Maximilien, fils de Jehan de Beaugrand, secrétaire de la chambre et escrivain du Roy, né le xxiv0 d'aoust et présenté le xxix » (Extraits des registres publiés dans le B. h. p., 1872, p. 268).
4. Lettre d'Henri IV à Sully, le 3 juillet 1603 (Mém. de Sully, I, 492 ; <• Il fait tout ce qu'il peut pour mettre mes sujets et mes voisins faisant profession de la R. P. R. en jalousie de moy. » Cf. lettre de soumission du duc de Bouillon au roi, 20 septembre 1605 {Mém. de Sully, II, 76).