‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 45 sur 558 · ABJURATION DE CAYER · texte numérisé non relu

ABJURATION DE CAYER

MagUS. On l'accusait aussi de s'être « porté peu honnêtement à l'endroit d'une damoiselle » (la baronne d'Arros) 1.

Par contre le comte de Schomberg, commandant pour le roi en sa ville de Paris, refusait, de son côté, de sévir contre Cayer lui-même, dénoncé — à ce qu'il raconte par Lobéran « et

autres, » comme ayant « fait sédition sur le pont Nostre Dame pour ne pas vouloir saluer une procession. » L'accusation paraît peu vraisemblable de la part d'un tel accusateur.

A en croire l'accusé, c'est à tort que ses quinze collègues déclaraient alors savoir qu'il était déjà allé à la messe. S'il n'y était point allé encore, il y assista bientôt après et même ne tarda pas à la dire. Le synode provincial avait fini par déposer Cayer ; l'Eglise de Madame était représentée, dans cette session, par son maître d'hôtel M. de Roye, et par ordre de la princesse Lobéran adressa aux fidèles un avertissement sur la déposition du sieur Cahier du s. ministère de l'Evangile et sur sa révolte.

Voici comment l'Estoile raconte la fin de l'affaire : « Madame lui donna son congé, sous le bon plaisir du Roy, qui approuva si peu sa révolte qu'il demanda à Madame que c'est qu'elle en vouloit faire et pourquoi elle ne le chassoit de sa maison ? A quoy lui ayant respondu que le seul respect de Sa Majesté l'en avôit empesché, craignant qu'il en fust marri : « Non, non, dit le Roy, tout au contraire. Il y a longtemps que je congnois Cayer : il ne m'a point trompé d'avoir fait ce qu'il a fait. » Estant hors du logis de Madame il brouilla plus encore que devant -. »

Vers le milieu de 1595 il recommence — comme une quarantaine d'années auparavant — à suivre les cours de l'Université et reçoit à la Sorbonne des instructions particulières :;. Le 9 novembre a lieu l'abjuration solennelle (c'est alors qu'il reçoit le nom de Victor) ; quelques semaines plus tard, il est ordonné prêtre. Ses anciens coreligionnaires lui reprochent d'avoir alors « fait quester par toute la ville de Paris pour avoir les ornements requis à dire sa première messe 4. »

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