Chap. XIV, art
diction de vente prononcée par le Consistoire de Paris tantôt contre un livre protestant, réédité par un protestant, comme le de Face ecclesiœ de Melanchthon, publié par les soins d'Hotmail de Villiers en 1007 \ tantôt contre un livre catholique imprimé par un libraire protestant, comme le libelle de Pelletier paru chez Jannon en 1010 -. Les ministres et anciens, « après l'avoir mandé au Consistoire et admonesté de sa faute, lui ont interdit à temps l'usage de la Cène, avec deffense de ne plus vendre de livres à Charenton, comme il avoit accoustumé. » « Ce cpui l'a beaucoup fâché, » ajoute son ami l'Estoile à qui il vient se plaindre en lui offrant le volume incriminé, « tellement qu'il me dit que si leurs ministres eussent eu ici l'auctorité et le crédit qu'avoient les Jésuites, ils eussent esté plus mauvais qu'eux. » Le condamné, on le conçoit, était peu bienveillant pour ses juges ; il est certain que souvent, dans l'application de la Discipline, ils n'avaient pas la main légère ; mais ils croyaient en conscience faire leur devoir en se montrant sévères pour ceux qui ne savaient pas sacrifier leur intérêt particulier aux intérêts généraux de l'Eglise dont le Consistoire était le défenseur responsable.
Cette austérité, d'un aspect regrettablement rude, mais provenant d'un fond moral admirablement solide, se retrouve par exemple dans la manière de célébrer les jours de jeûne à Charenton, comme naguère à Ablon. On s'y préparait deux semaines à l'avance, et cette « forme simple de dévotion » frappe vivement certains catholiques qui en recueillent les échos. Ainsi le jeudi 5 novembre 1009, de huit heures du matin jusqu'à près de quatre heures après-midi, le temple est tout plein, « on n'y fist que prescher, prier et chanter, sans que personne (ou pour le moins bien peu) sortissent de leur place :!. » Du Moulin, Durant et Le Faucheur firent trois sermons successifs exhortant « fort pathétiquement » le peuple à la pénitence et à « l'amendement de vie. »
Ils ne manquèrent pas de déplorer les progrès des « libertins et athéistes, » les « dissolutions et impiétés » qui menacent de corrompre la doctrine et les mœurs des membres de l'Eglise.