LETTRES DE J. COUET
Heidelberg i et si on en aura reçu à Basle quelque response de la part de mon frère de [de Paris] ? ou de Metz. J'envoye demain la s. Nicolas pour mon Endroict où je salue tous nos enfants et Messieurs nos commensaulx. Je prie Dieu ma fille, qu'il te maintienne en .sainteté et santé. De Nancy ce 10 novembre stil. nouveau 1599.
Ton plus assuré amy, J. Cou ET.
Madamoyselle Coiiet
en son logis au faubourg de la Chetagne.
à Basle.
Ma fille, j'ay ce jourdhuy receu par les sieurs Harcher et Thermy celle que tu m'as écrite datée du commencement de ceste année. Tu m'as attristé au cœur en me racontant ton réunie et la peine de vostre mère 2, mais après tu m'as un peu consolé en ce que tu me mandes que maintenant vous vous portez toutes deux un peu mieux. C'est chose qui advient souvent d'avoir mes enfants déjà malades quand j'en suis elongné. Dieu me veuille donner quelque jour une résolution selon laquelle ne bougeant {déchirure) nous puissions achever le reste de nos jours en quelque (déchirure). Quant à nos affayres de Lorrayne je croy que nostre frère aura receu les deux pacquets que nous luy avions expédiés. Je ne sçay s'il l'aura point écrit. Quant à moy il
m'écrit premièrement la mort de M. le cap. Boni 3 et pourtant
il ne se faut plus attendre là. Il mande que ton beau frère M. de Yigneules 4 ne fait aucun semblant de vouloir payer ces juifs ; qu'il se perdra et sa femme (déchirure) dedans leurs sermens exécrables : si Dieu ne leur fait miséricorde, ce dont je le prie. Mad. de la Ruelle ne paye point ce qui me fait croire avec toy que nous ne serons pas bien (déchirure). Nous nous remettons entre ses mains. Cependant elle et son gendre menacent le sr Wouarin d'espié et notre Nicolas Roussel de Pinteville tellement que ceste fi [lie] {déchirure) est si loyale et si bonne cousine qu'elle veult jouir de tout son bien sans payer et comme bon luy semble. Je ne sçay que nous ferons pour ce regard sinon que de (déchirure) plutôt les pay-
^ 1. Marie Couët, sœur de Jacques, morte en 1587, avail épousé Daniel Toussaint, professeur à Heidelberg, mort en 1602 i/i. h. p., 1863, |>. 1272).
2. La troisième femme de Couët, Anne de Xenot (et non Conoi comme l'imprime la Fr. prot.).