ORGANISATION DE L'ÉGLISE CHEZ MADAME
ment dès 1596. Rassurés par la tranquillité persistante, les protestants rentraient en grand nombre dans la capitale. En raison de l'affluence croissante aux services religieux, le consistoire fait, au printemps de 1597, un nouveau règlement ; les lieux et heures de culte sont lixés, notamment pour les jours de grandes fêtes, en tenant compte des convenances de Madame et des ordres formels du roi :
« 31 mars 1597. Après les censures faites, suivant l'ordre de l'Eglise, a esté trouvé bon que la Saincte Cène se celebreroit séparément en deux assemblées et deux divers lieux, pour éviter la confusion apparente si on la faisoit en une seule, à cause de la grande multitude des communiants. Et a esté le sr de la Faye d'advis (que la compagnie a approuvé) de prier le sr de Montigny de faire le presche en la première assemblée à huit heures du matin, et qu'il feroit la deuxième à l'heure de Madame. Item qu'on donneroit des mereaux jusqu'aux estrangers qui auroient tesmoignage par escrit ou par le rapport des gens de bien 1. »
Ces « étrangers » ne sont pas seulement des gardes suisses, des Anglais, des Allemands, des Hollandais, qui, à cette époque, n'ont pas à Paris de pasteur spécial, mais aussi des protestants français venus des Eglises de province : par le culte permis chez Madame comme par tant d'autres mesures contemporaines le roi était certainement heureux de donner à tous l'impression
que Dieu « pouvait être adoré et prié par tous ses sujets sans
trouble ni tumulte 2. »
Quant au mêreau c'était le jeton remis d'avance par les « anciens » du consistoire aux personnes désirant participer à la Sainte Cène 3. On a retrouvé et identifié récemment un exemplaire, en laiton, de ce méreau de l'Eglise de Madame. Il porte: « au droit, une rose entourée de quatre fleurs de lis et de quatre étoiles à cinq rais, alternés ; au revers, sur quatre lignes la légende : Christ est le pain de vie i, » expression de l'évangile de saint Jean