‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 59 sur 558 · CÉLÉBRATION DU MARIAGE DE MADAME · texte numérisé non relu

CÉLÉBRATION DU MARIAGE DE MADAME

l'esprit de sa sœur une pression trop forte. Il le montra en réglant à son gré la « manière des espousailles. » Madame ne voulant pas se convertir, les évêques refusaient, l'un après l'autre, de bénir le mariage. D'autre part le duc de Bar prétendait ne pouvoir être marié que par un archevêque. Celui de Rouen, Charles de Bourbon, était le frère bâtard du roi et de Madame. Le roi « l'envoya quérir ; il ne fit pas moins de difficultés que les autres ; » mais, à force d'insistance, Henri IV finit pourtant par le décider 1.

Où la double cérémonie exigée par chacun des époux auraitelle lieu ? on resta dans l'indécision jusqu'aux derniers jours. Le 13 janvier l'ambassadeur des Provinces-Unies écrit aux Etats Généraux : « On croit que le mariage de la sœur du roi sera conclu à Fontainebleau le 25 ; mais Sa Majesté ne veut pas quitter Paris avant que l'Edit soit publié -. »

Il y a quelque discordance entre les divers récits du mariage catholique. Voici celui de P. Cayer (dont l'Estoile se rapproche beaucoup) : « Un dimanche, dès le matin, le roi va prendre Madame à son lever et, l'amenant par la main dans son cabinet où estoit déjà le futur espoux, il commanda à M. l'illustrissime et révérendissime archevêque de Rouen, son frère naturel, d'espouser ledit duc... Le sieur archevesque fit du commencement refus, et qu'il falloit garder les solemnités accoustumées ; le roy repartit très doctement que sa présence estoit plus que toute autre solemnité et que son cabinet estoit un lieu sacré... Il procéda lors à la bénédiction nuptiale tout ainsi que s'ils eussent esté en la plus grande église de Paris. Ce qu'estant fait chacun alla à sa dévotion. Après le Roy ordonna à Madame sa sœur de se mettre en estât de mariée et ainsi en fut faict le festin solennellement 3. »

D'Aubigné parle seulement des « promesses de présent » déposées, dans le cabinet du roi, par le duc, entre les mains de l'archevêque. Quant à une cérémonie publique, eut-elle lieu à Paris, comme le disent les Mémoires de Sully, ou — plus probablement — , suivant une correction de Marbaut, « à Saint-Germain-en-Laue, en la cour du vieil chasteau, à la porte de la cha-

1. Sully, Mémoires, coll. Miclumd, p. .'i()8 (I, i.xxxixi. Cf. Pfister, Histoire de Nancy, t. II, ch. II, S lî, le mariage du dur de Bar (p. 127-133).

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