MADAME RÉSISTE AUX CONVERTISSEURS
En août 1603 Madame venant de Paris à Saint-Germain assiste le dimanche 10, « à la prière du roi son frère, au sermon du P. Cotton, jésuite, à onze heures du matin ; il prêcha l'Evangile du Samaritain, où interprétant ce surplus dont il est fait mention audit passage, dit que c'étoit le trésor d'indulgences du pape... Ce que Madame fit confuter l'après dînée mesme par son ministre Du Moulin, auquel elle enchargea de prêcher cette même évangile !. » Ses sujets lorrains avaient autant qu'elle à se plaindre des menées des jésuites et il semble qu'elle intervenait en leur faveur pendant ses séjours à Paris -.
Ses coreligionnaires encourageaient la duchesse dans sa vaillante résistance : d'Aubigné lui adressait une belle épître sur la douceur des afflictions ■'•. Elle, de son côté, s'inquiétait des projets d'abjuration qu'on prêtait à tel ou tel, et recevait avec joie la visite par laquelle Casaubon par exemple venait la rassurer sur des « machinations sataniques 4. » Il y avait à son service quelques protestantes qu'elle avait emmenées de Paris en Lorraine 5 ; on voulut les éloigner d'elle. Mais elle s'y opposa énergiquement, suppliant son frère de n'y pas consentir : « Je ne puis penser qu'après vous avoir rendu toutes sortes d'obéissance et pris le mari que vous m'avez donné de diverse religion à la mienne, vous me voulussiez faire user d'une telle cruauté. C'est pourquoi je vous supplie très humblement, mon roi, de me tirer de cette peine... Je vous en conjure par les larmes que je vous vis verser quand je vous dis adieu... Bonjour, mon cher et brave roi, les yeux tous pleins de larmes je vous envoie mille baisers0. »
Malgré ces touchantes supplications elle fut encore « persécutée de conférences jusqu'à la mort ". » Tant de soucis altérè-