‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 7 sur 558 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

COUP D'ŒIL SUR L'HISTOIRE de l'église réformée a paris jusqu'en 159-1

L'enceinte du Vieux Paris. — Les quartiers protestants : faubourgs Saint- Germain et Saint-Marcel. — I" époque du protestantisme parisien : les adhésions individuelles (1509-1555). — IL L'organisation de l'Eglise (1555-1562). — III. Vie latente et persécution (1562-1594).

Paris à la fin du xvi° siècle était encore enfermé, sur la rive droite, dans l'enceinte de Charles V, sur la rive gauche, dans l'enceinte de Philippe-Auguste qui subsista jusqu'à la fin du xvne siècle. De ce côté étaient huit portes dont le nom reparaîtra dans les pages suivantes lorsqu'on refusera de les ouvrir pour laisser entrer ou sortir les huguenots, harcelés à l'extérieur ou à l'intérieur. C'étaient, telles qu'on les voit sur le plan dessiné en 1555 par le protestant Jacques Androuet du Cerceau : la porte Saint-Bernard (entre l'extrémité actuelle du boulevard Saint- Germain et la Seine) ; la porte Saint-Victor (au sud du dépôt actuel du Mont de Piété, rue des Ecoles) ; la porte Saint-Marcel ou Bordet (au bout de la rue Descartes près la rue de Fourcy) ; la porte Saint-Jacques (à l'angle de la rue Soufïïot et du faubourg Saint-Jacques) ; la porte Saint-Michel (au commencement de la rue Monsieur le Prince) ; la porte Saint-Germain (vers la statue de Broca sur le boulevard Saint-Germain) ; la porte de Buci (à l'endroit de la rue Saint-André-des-Arts où aboutit le passage du Commerce) ; enfin la porte de Nesle, près de l'Institut.

Tous les quartiers compris entre la rive gauche de la Seine et l'enceinte étaient sous la juridiction de l'Université, el comme dans celle-ci prédominait la Faculté de thélogie, on comprend

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que les protestants, plus nombreux d'ailleurs au sud de la Seine, aient toujours préféré habiter hors de l'enceinte, loin des anciens collèges étages sur les pentes de la montagne Sainte-Geneviève : ks idées nouvelles y avaient eu d'abord des adhérents nombreux, mais bientôt persécutés '. Ces faits ont eu des conséquences extraordinairement lointaines, car au commencement du xxe siècle il n'y avait encore dans ce périmètre aucun lieu de cuite protestant.

Mais s'il y avait des quartiers urbains où ne résidait, pour ainsi dire, aucun protestant, il y en avait, hors de la muraille, où n'habitaient à peu près que des protestants : ainsi certaines rues du faubourg Saint-Germain et du faubourg Saint-Marcel : ici surtout des industriels, des ouvriers, là des seigneurs, des bourgeois, des magistrats, des artistes. Ce fut précisément aux alentours de la Révocation qu'on rasa les murailles de la rive gauche pour reporter plus loin l'enceinte de la ville et englober ces quartiers protestants : la rue Thouin, sur l'emplacement des fossés, date de 1685 même.

Nous avons rappelé que l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés avait été le berceau de la Réforme, au temps où l'abbé Guillaume Briçonnet y protégeait Lefèvre d'Etaples -. Les abords immédiats furent pendant tout le cours du xvne siècle le quartier habité de préférence par un très grand nombre de protestants. Cela est vrai particulièrement de la rue des Marais percée (peu avant 1542) dans des terrains incultes, comme l'indique son nom, à travers le « petit pré aux clercs, » entre les deux chemins qui devinrent rue de Seine et rue des Petits-Augustins (aujourd'hui rue Bonaparte). Le héros catholique et gascon

1. C'est dans la chapelle du couvent des Mathurins — vers le théâtre Cluny — que se tenaient les grandes assemblées de l'Université ; c'est là ([ne le recteur Nicolas Cop lut en 1533 un discours composé par Calvin ; et c'est tout près de là, rue Jean de Beauvais, que Simon de Colines imprima mis 1523 le premier Nouveau Testament en français : Henri et Robert Estienne travaillèrent dans la même maison, puis dans une maison voisine (probablement au coin de la rue du Clos Bruneau, aujourd'hui de Lanneau). Cf. Doumergue, ./. Calvin, t. I, in-4°, 1899, 1. III, ch. XI, Paris protestant, et Appendice XV, les imprimeurs de Calvin. S. de Colines transféra de 1539 à 1548 son imprimerie hors les murs, dans la grand'rue Saint-Marcel.

'1. C'est dès 1509 qu'il écrit dans la préface de son Psalterium quincuplex : <■ Les études divines exhalent un parfum dont rien ici-bas n'égale la douceur. Depuis qu'on les a abandonnées, la piété est morte, » etc.

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