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QUARTIER DE I.'l'XIVKKSITK ET FAUBOURG SAINT-GERMAIN (d'après le plan de Mérian)
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d'Agrippa d'Aubigné, le baron de Fameste, en parle ainsi : « la rue des Maraiz, que nous appelons le petit Genève K »
L'avantage que les huguenots trouvaient à habiter cette rue au temps des persécutions s'explique peut-être par ce fait qu'une partie des terrains relevait de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et une partie, de l'Université. En passant d'une maison à l'autre, et d'un jardin à l'autre, sans traverser la rue, on pouvait s'enfuir, eu du moins passer d'une juridiction dans l'autre : considération importante au point de vue des procédures et des pénalités.
En donnant au xixe siècle à cette rue le nom de l'architecte Visconti nos édiles ont involontairement rappelé le nom de la maison la plus fréquentée au milieu du xvT siècle, surtout par « les allans et venans de la religion -, » l'auberge du « Visconte. » On a cru pouvoir en fixer l'emplacement vers la deuxième maison à gauche en venant de la rue Bonaparte ; (d'autres supposent que c'était plus loin) ; en ce cas, dans la maison contiguë, à l'angle nord de la rue de Seine, habitait sous Henri III le peintre huguenot Jean Cousin, l'un des chefs de l'école française de ce temps 3, et plus tard Louis Besnard condamné par le parlement en même temps que B. Palissy 4.
Près de là, sur un terrain acheté en 1584, s'élevait une maison bâtie l'année suivante « avec grand artifice et plaisir » par un autre artiste huguenot célèbre, Baptiste du Cerceau : elle était « au commencement du Pré aux clercs, » rue du Colombier, sur les fossés de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, avec jardin s'étendant jusqu'à la rue des Marais5. Dans cette rue, quand de
1. Aventures du baron de Faeneste, 1617, 1. III, ch. XIII. Cf. Berty, Topographie hist. du vieux Paris, t. III, p. 200-204 ; Ath. Coquerel fils, Hist. d'une rue de Paris, B. h. p., 1866, p. 185 et suiv. ; N. Weiss, B. h. p., 1894, p. 246 ; 1896, p. 22, n. 4 ; Hoffbauer, Paris à travers les âges, t. II, Hôtel de Nesle et Saint-Germain, planche VII.
1'. L'Estoile, Registre journal de Henri III, éd. Michaud, p. 193. Une enseigne d'auberge : au petit Maure, est aujourd'hui encastrée à l'angle sud de la nie Visconti dans une vieille maison donnant sur la rue de Seine.
:'.. Berty, l'Intermédiaire, t. II, p. 49.
4. • Joignant la rue de Seine », lit-on dans le registre criminel du Parlement, 12 janvier 1587 (Arch. nat. X2 b 149), arrêt reproduit dans le B. 7i. p., 1903, p. 34.
.">. Ad. Berty, les Androuet du Cerceau et leur maison du Pré aux Clercs, li. h. ]>., 1856, |). 324-332 ; Berty et Tisserand, Topographie historique da ricin Paris, t. 111, p. 20 et 65 ; Berty, les grandes architectures de la Renaissance, p. 107.