CHAPITRE III
l'exercice provisoire du culte a grigny
De l'enregistrement à l'application de l'Edit. — Arrangements en prévision du départ de Madame. — Situation géographique de Grigny. — Incidents à Paris. — Endroit où le culte était célébré. — Josias Mercier, seigneur des Bordes et de Grigny. — Grigny et J. Mercier après 1599. — Les enfants de J. Mercier. — Saumaise à Grigny.
Lorsque Madame se décida à se marier, l'enregistrement de l'Edit paraissait prochain, mais n'était pas encore un fait accompli. Le roi, voulant en finir, convoqua au Louvre les présidents de chambre et leur signifia sa volonté, le 16 février 1599 1. Alors enfin, le 25, l'Edit est transcrit sur les registres -. En droit un régime nouveau commençait ; en fait, également, une situation nouvelle pour les protestants de Paris se trouvait, à la même époque, créée par le prochain départ de la duchesse de Bar.
L'interprétation de l'Edit et son application par la police parisienne comportaient une série de mesures et souvent de demimesures dont on eut bientôt maint exemple : ainsi, en mars, un jeune protestant du Perche ayant été condamné à être pendu en place de Grève, on ne permit pas à un ministre de l'y exhorter au moment du supplice, mais il put le visiter dans sa prison ;t.
La désignation du lieu d'exercice public était une affaire importante et délicate confiée pour chaque bailliage à des commissaires spéciaux. Leur enquête, presque partout, fut assez longue, et la décision fut exécutée au plus tôt dans la seconde moitié de l'année 1599. Il y eut là, pour l'Eglise de Paris, une nouvelle période de transition qui dura quelques mois.
Madame une fois partie, il ne fallait plus espérer que le culte
1. Son discours est annexé à une dépêche d'Aerssen du 22 février (Archives d'Utrecht) publiée par VREEDE, op. cil.