‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 74 sur 558 · L'Estoile, Journal, p · texte numérisé non relu

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put être encore célébré dans la ville même d'une façon régulière, mais seulement de temps à autre pendant les séjours de la duchesse. Cet état de choses avait été prévu dès 1597 dans un « Cahier de ceux de la Religion P. R. respondu par le Roy au camp devant Amiens en aoust ». L'article II porte : « Pour le regard de la ville de Paris sera baillé par article secret un lieu pour ledit exercice public qui ne soit pas plus esloigné que de cinq lieues de ladite ville, duquel lieu ils se serviront quand on viendroit à les priver de l'exercice qu'ils ont maintenant par tolérance en icelle. » Et le roi avait écrit en marge : « Accordé à cinq ou six lieues pour le plus, et faut oster la dernière clause de la tolérance de Paris pour ce qu'elle n'y est point *. » (Ainsi le roi ne voulait pas laisser dire qu'il tolérât, à proprement parler, l'existence du culte à Paris).

Trois jours après l'enregistrement, le 28 février, P. du Moulin arrive à Paris ; ses premières prédications, l'une à l'hôtel de Madame, l'autre au Louvre, sont les dernières de cette série de cultes inaugurée en 1594. Dans ses mémoires, rédigés quarantetrois ans plus tard, il se rappelle ces événements avec beaucoup de précision pour certains détails, et non sans quelques légères confusions sur d'autres points - : « Si Madame eust demandé au Roy un lieu dans la ville ou au faubourg pour faire nostre exercice ordinaire, Sa Majesté luy eust volontiers accordé, pour ce que nos assemblées au Louvre l'incommodoient. Mais elle ne s'avisa pas de faire cette requeste au Roy et nul ne le pria d'y penser, qui fut une grande faute, car Madame estant partie de Paris on mist nostre exercice à Grigny qui est à cinq lieues de Paris. »

D'après l'Edit, les assemblées ne pouvaient pas plus avoir lieu dans les faubourgs que dans la capitale même ; tout ce que la duchesse eût peut-être pu obtenir, c'est que le lieu d'exercice lût dès 1599 un peu plus rapproché, comme il le fut en 1600. Toujours est-il que ce texte est le seul qui montre le culte établi à Grigny immédiatement après le départ de Madame, c'est-à-dire en mars 1599 :.

1. Bibl. Mazarine, niss. 1503 E. M. Read a publié cet intéressant document < «in i ne figurait pas dans le B. h. p. de 1854, p. 149), dans le tirage à part de son étude sur Ablon et Charenton, Paris, 1854, p. 50, note 1.

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