L'Estoile, Journal, p. 97 et
88 l'église RÉFORMÉE DE PARIS SOLS HENRI IV
culte lui-mènie : il était célébré dans quelque grande salle, ou, lorsqu'il faisait beau temps, dans la cour du château de J. Mercier. Ce devait être le cas notamment les jours de grande affluence, comme les dimanches susdits, qui, d'après les dates, devaient être des jours de communion L
Il y avait bien à Grigny une autre famille plus célèbre dans l'histoire du protestantisme ; celle du père de Madame Du Plessis-Mornay, Guy Arbalète, seigneur de la Borde, près Melun -; mais on a confondu à tort (peut-être à cause de la similitude des noms de leurs terres) sa maison avec celle de J. Mercier, seigneur des Bordes'-'. Un château (moderne) de l'Arbalète se voit encore près de l'église de Grigny, au bas de la colline, tandis que le château de Grigny était, d'après un plan conservé à la mairie, dans le haut du pays, derrière l'école communale de filles. On y montait depuis la Seine par le « chemin du port, » appelé près du château « rue de Morogues. » Or ce nom est celui d'une autre famille protestante.
Du Moulin dans son autobiographie dit formellement : « l'exercice se faisait à Grigny chez M. des Bordes-Mercier. » Ceui-ci était hautement apprécié par Casaubon comme « le fils très docte de l'illustre Mercier4, » Jean, successeur de Vatable au Collège de France \
1. Pour plus de détails voir nos études sur Grigny cl les Mercier dans le B. h. p., 1900, p. 225, et dans le Bullelin de la Société historique et archéologique de Corbeil, 1900, p. 105.
2. Commune de Châtillon, canton du Châtelet-en-Brie. Armes : D'or, au sautoir engrèlé de sable, cantonné de quatre arbalètes de gueules. Devise : Scopus mi su/ficit unus.
)i. L'abbé Lebeuf, Hisl. du diocèse de Paris, éd. de 1757, t. XII, p. 87 : « L'Arbalète était une maison de Grigny, du côté de Ris, dans laquelle avait été le prêche des calvinistes. Ce fut en expiation de cette entreprise que fut fondée au cbâteau de Grigny une chapelle du revenu de 400 livres. »
Un historien local, M. Pinard (Hist. du canton de Long jumeau, Paris, 1804) dit d'autre part : « C'est par son mariage avec Madeleine Chevalier (pie Guy Arbalète vint dans nos cantons. Ils eurent plusieurs enfants ; l'un
d'eux embrassa la réforme et eut un prêche dans son fief de Grigny Il
expia sa faiblesse en fondant un oratoire dans son propre château. » Il y eut plusieurs fois des prêches chez Guy Arbalète, mais au château de la Horde.