‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 80 sur 558 · ABLON · texte numérisé non relu

ABLON

§ 1. L'établissement du culte. — Date du transfert. — Mort de Gabrielle d'Estrées et mariage du roi. — Inquiétude des protestants. — Ph. de Mornay. — Culte au Plessis. — Les commissaires de l'Edit. — Avantages de la situation d'Ablon. — Lettres patentes (14 octobre 1599)'.

§ 2. Les lieux du culte. -- Topographie ancienne et moderne. — Maison de Sully. -- Les « Louanges d'Ablon ... -- Installation provisoire. Premiers actes connus (1600). - Transfert ailleurs demandé et refusé (1601). - Installation plus durable. — Premier et second lieu de réunion. — Temple de 1601. Aspect extérieur. - ■ Disposition intérieure. Les bancs. — Essai d'évaluation du nombre de places. ■ Délibérations et lieu de réunion du Consistoire. — Un synode provincial (1605). — Le château acquis par Lobéran. — Ablon et les Lobéran après 1606.

§ 1. L'établissement du culte A quelle date précise le culte cessa-t-il d'être célébré réguliè

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rement à Grigny ? C'est ce qu'il ne nous a pas encore été possible de déterminer, quant au jour même du dernier service ; mais l'époque est certaine 1 : c'est dans les derniers mois de 1599 que l'exercice fut rapproché de Paris, peut-être à la mi-novembre, ou au moment habituel d'un des services de Sainte Cène qui attiraient une grande alïluence, à Noël. Ce jour-là, par exemple, eut lieu l'inauguration du temple de Bionne pour les protestants d'Orléans) 2. Cette satisfaction accordée aux protestants fait en quelque sorte compensation, suivant l'usage du roi, à la garantie nouvelle qu'il allait donner aux catholiques en épousant la propre nièce d'un cardinal 3.

Henri IV — on est facilement tenté de l'oublier — était déjà marié : mais, séparé de la « reine Margot » depuis quatre ans déjà, il ne fit annuler ce premier mariage qu'après le départ de Madame et la mort de Gabrielle d'Estrées : celle-ci avait été vite remplacée dans la faveur du roi par une autre personne de famille protestante également mais catholique elle aussi, Henriette d'Entragues 4. Le traité de mariage de Madame avait été signé dans la résidence de la belle Gabrielle : le château de Monceaux, rival des splendeurs de Verneuil, Anet et Fontainebleau, merveille de l'architecture française, créé et embelli par trois générations d'artistes huguenots : les du Cerceau, de Brosse et du Ry. Seules quelques gracieuses colonnes se dressent aujourd'hui encore auprès d'une magnifique terrasse, dominant les vallons de la Brie, au-delà de Meaux.

Quelques semaines après le mariage de Madame, la marquise de Monceaux mourait au cloître Saint-Germain (10 avril 1599). Rosny, mandé à Fontainebleau, se rappelait longtemps après que le roi avait accueilli avec gratitude les consolations qu'il avait

1. C'est le 2 septembre i599, par exemple, qu'intervint dans un cas analogue un arrêt du Conseil d'Etat ordonnant au maire et aux échevins de Tours d'assigner aux protestants un terrain d'un demi-arpent, d'accès commode vers la rue du Ruau, ou ailleurs, pour y exercer leur culte (Archives nat., È2a f. 60).

3. Alexandre de Médicis, oncle de Marie de Médicis, devint en 1605 pape sous le nom de Léon XI pour quelques semaines ; sur son tombeau, à Saint- Pierre, un bas-relief représente l'abjuration d'Henri IV.

4. La terre de Verneuil fut érigée en marquisat en sa faveur en 1599. (Lettres missives d'Henri IV, t. V, p. 155 ; au chancelier de Bellièvre, 11 août 15991 ; en 1604, la marquise reçut du roi la maison de Madame à Fontainebleau, tandis que la reine recevait celle de Saint-Germain.

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