‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 81 sur 558 · SECOND MARIAGE D'HENRI IV · texte numérisé non relu

SECOND MARIAGE D'HENRI IV

osé lui donner à la manière huguenote, le jour de Pâques 1599 : « Me semble à propos de vous ramentevoir quelques couplets de ceux que vous nommiez vos psceaumes estant de la religion, et que le changement d'icelle ne vous aura pas, en mon advis, effacez de la mémoire :

« Remets en Dieu et toy et ton affaire,

» En Lu y te fie, et il accomplira

» Ce que tu veux accomplir et parfaire, » etc. 1.

Huit mois s'écoulent, et pour permettre au roi de se marier, le pape déclare nulle sa première union (17 décembre 1599).

Les protestants n'auguraient rien de bon de ce second mariage et redoutaient toujours les conséquences de celui de Madame. Un jeune pasteur qui exerçait alors son ministère près de la Trémoïlle, André Rivet, écrivait à la fin de 1599 - : « Praesagia dédit nuper dom. Molinseus pastor ecclesise qua in domo sororis régis brevem et miseram gregis sui dissipationem ; suspectus est illi superstisiosissimi mariti reditus qui a Jesuitis inspiratus nihil non tentabit ut omnia sacra subvertat. Status publicae rei mihi lubricus. » On voit combien dans l'automne 1599 la situation était jugée critique par du Moulin — non encore qualifié pasteur de l'Eglise de Paris par son correspondant — . Après tant de rudes secousses, on prenait facilement l'alerte, et chacun pouvait redouter la rupture d'un équilibre encore si instable. Mais une fois encore le calme revint.

Les protestants mettaient à profit les instants de répit pour remettre en ordre les affaires des familles et des Eglises. Au milieu de l'hiver, Madame du Plessis-Mornay écrit à Théodore de Bèze : « Nous sommes à Paris depuis quatre moys pour plusieurs affaires domestiques Maintenant que le Roy est paisible et

1. Mémoires, éd. Michaud, I, 312. C'est cette année aussi que dans la forêt de Fontainebleau Henri IV entendit le son d'un cor mystérieux : le comte de Soissons découvrit un homme « noir et hideux » qui dit : « Amendezvous ; » l'historiographe Mathieu raconte qu'un soir Sully, dans le pavillon qui porte son nom, entendit aussi ce cor du « grand veneur » (DlMIER, Fontainebleau, p. 160).

2. A. Rivet à son frère, de Thouars, le 9 des Kalendes de 1600 ; cette lettre (inédite) est une des plus anciennes que j'aie relevées à la bibliothèque universitaire de Leyde dans le recueil des Rivetiana.

que Dieu nous a donné une paix et dedans et dehors le royaume, M. du Plessis a pris le loisir de s'en occuper, n'ayant autre intention (si quelque autre occasion ne luy faict changer) sinon de s'employer de tout son pouvoir au restablisscmcnt de toutes nos Eglises, qui sont assez descousues 1. » Le château du Plessis- Marly était situé à sept lieues à l'ouest de Grigny, et précisément vers cette époque, lorsque le culte eut cessé d'être céléhré

Cliché R. Claparède

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