CONTRATS RELATIFS AU TEMPLE
led. Courtin au faulxbourg Saint-Germain des Prez rue de Seyne, et led. le Ferreur rue Saint-Martin proche Saint-Merry '. »
Grâce à une série d'arrangements successifs avec divers propriétaires et débiteurs de rentes en octobre et novembre 1599, et enfin par contrat du 1" mars 1600 passé devant M' François et Me Babinet, « au proffit de Messieurs de la religion réformée, » Pierre de Ruquidort afait acheté à Ablon une seconde petite maison « vulgairement appelée la maison des degrez » dont il sera question ci-après 2.
Sur le premier terrain acquis par Ruquidort « il y avoit une maison contenant trois petits espaces, tant en grange qu'en maison, avec les estables, le tout couvert de chaume, avec une cour, et un clos complanté en jardin et arbres fruitiers, contenant cinq arpents de terre. »
« Esdits lieux, continue un acte de 1003, ceux de la religion ont naguères basty et construit un grand temple. Tous lesdits lieux sont situez au village d' Ablon sur Seyne sur la grand rue dud. Ablon, tenant d'une part aud. de Rucquidor, d'autre part aux hoirs de deffunct Jehan Merian •0,) abboutissant d'un bout sur la grand rue dud. Ablon, et d'autre bout par derrière à Guillaume du Pailly à cause de sa femme. » Or « sur tous ces lieux Jehan Roussel, laboureur, demeurant au village de Sceaux et [blanc] Le Maire sa femme, et Jacques Le Maire greffier de la
justice de Mons ont un droit de prendre au jour Saint-Martin
d'hiver 8 livres 8 sols 8 deniers de rente. » Par acte du 31 juillet 1603, par devant les notaires François et Tolleron, MM. Courtin et Ferreur s'engagent à payer régulièrement cette rente, « eux et leurs successeurs de ladite religion, » la première année de paiement « eschéant au jour Saint-Martin prochainement venant. »
1. Minutes de Me François, 8 mars 1603. D'après un acte plus précis do juillet 1603, Ferreur demeurait rue Simon Lefranc.
2. Min. de M' François, 1605, n" 117 (31 mars). En novembre 1601 (ibid, 1601, n" 188). « Thomas Halle l'aisné et Thomas Halle le jeune son lils, cr Pierre Kieher son gendre, tous laboureurs, demeurant au village d'Ablou >, s'obligent pour la somme de 150 escus envers ■ noble homme M. Pierre de Rucquidort. »
3. S'agirait-il, entre autres, de Mathieu Mérian, le célèbre auteur du plan de lu Ville, etc., de Paris » publié en 1615. D'après la légende
même de ce plan il était de Pâle, mais pouvait être propriétaire aux environs de Paris.
Ainsi entre 1599 et 1603, mais plutôt après les synodes de mai 1001 « on a construit à Ablon un « grand temple ; » assez grand en efl'et pour contenir des centaines de places (nous essaierons un calcul à ce sujet) ; grand surtout en comparaison de la maison précédemment utilisée, et des chaumières voisines. Les actes qui nous renseignent sur son emplacement fournissent quelques détails, bien insuffisants encore, sur sa construction -. C'était certainement un édifice modeste, sans nulle prétention architecturale. Nous ne possédons aucune donnée sur l'ensemble de son aspect extérieur. Exactement à la même époque on construisait à Lehaucourt — à deux lieues seulement de Saint- Quentin ■— « un temple en charpente, aux parois en torchis, probablement recouvertes d'un enduit lisse, » qu'un auteur catholique a décrit en vers latins peu bienveillants 3.
Le temple de Dieppe dont la première pierre fut posée le 20 juin 1000 au faubourg de la Barre était aussi médiocrement construit, puisque le vent le renversa en 1000. C'est, à notre connaissance, le seul édifice de ce genre, en ce temps-là, dont on possède un dessin fait d'après nature '. Le temple des réformés
1. Le B. h. p., de 1901, p. 290, dit donc à tort : « Il est peu probable qu'il y eut là un temple proprement dit. »
2. Précisément à cette époque P. Cayer remarque que ses anciens coreligionnaires, « appellent leurs granges des temples, et non pas des églises » (Remonstrance à Madame, 1601, p. 37).
3. A. DaulÉ, La Réforme à Saint-Quentin, 2" éd., le Cateau, Roland, 1905, p. 63 ; citation de Claude Emmerez, Cérastes in semita, plaquette de 1632 conservée à la bibl. de St-Quentin : « Il est couvert de quelques bardeaux grossiers. Sa charpente s'appuie sur une longue poutre aux extrémités inégales. Sa muraille est faite de poteaux passés au feu, d'un lattis de terre et de paille broyées. » Cf. .1. Pannieh, l'Eglise de Lehaucourt, B. h. p., 1896, p. 169.
4. Asseline, Antiquités et chroniques de la ville de Dieppe (ms.), vue cavalière reproduite par A. Féret (cf. B. h. p., 1903, p. 73). G. .1. Daval (Histoire de la réformation à Dieppe, édition Lesens, Rouen, 1878, in-4°, t. I, p. 163) s'exprime ainsi : « Le premier sermon fut fait et la cène célébrée le dimanche d'après la Pentecoste 26 juin 1601. Le bâtiment qui estoit grand, spacieux, et capable de contenir cinq à six mille personnes, estoit de figure quadrangulaire, mais plus long que large, ayant 90 pieds de longueur et 74 pieds eu largeur, les ayles et galeries comprises, et d'autant que le comble, à cause de la grande largeur du bâtiment, eût esté extrêmement haut et incommode s'il eût eu sa juste hauteur, on le divisa en deux, n'estant l'eut redeux soutenu et supporté que sur deux pilliers de
bois ce quy avec la foiblesse des murailles de brique des ayles qui
portoient les galeries et quy dévoient servir d'arcs bout an s et renforts au corps du bastiment. fut cause de la ruine et chute d'iceluy peu d'années après. »