TEMPLE DE DIEPPE
AU FAUBOURG DE LA BARRE (l6oo)
d'après un dessin du temps
Lolérants au point de vue esthétique, la discipline ecclésiastique exigeait alors en toute chose, de la part des réformés, par réaction contre les abus antérieurs, une extrême simplicité. Précisément en 1603 le synode national prend une décision formelle
1. 1829. « A condition qu'on mettrait des volets aux fenêtres et qu'il j mirait une cheminée apparente sur le toit pour que le temple ne se distinguât pas des habitations voisines » (#. h. p., 1899, p. 293).
2. 186"). <i L'impératrice exigea qu'il tût placé dans une petite rue latérale et rappelai le moins possible sa destination > (B. h. />.. 1900, p. 528).
112 l'église réformée de paris sors henri iv
au sujet des armoiries que certains seigneurs voulaient faire apposer sur les murailles des temples : « Quant aux temples, on y observera la même modestie et simplicité [qu'en fait de monuments funéraires], laissant cependant aux colloques et consistoires le jugement des faits particuliers. »
A défaut de description générale nous avons cependant fini par trouver quelques renseignements sur l'extérieur (à propos de la toiture) et sur l'intérieur (les bancs) du temple d'Ablon.
C'est d'abord 1 un « marché pour les thuilles du temple d'Ablon » passé le vendredi 13 juillet 1601, devant les notaires François et Barbereau, par « Jacques et Guillaume de Varicquier -, escuiers, marchands thuilliers, demeurant aux faulxbourgs de Saint Germain des Prez les Paris, près du port de Malacquest, paroisse Saint Sulpice. » Le contrat est fait et l'acte signé « au nom de Messieurs de l'Eglise refformée de Paris, » cette fois-ci non par P. Ruquidort mais par un de ses collègues du Consistoire et confrères du barreau : « noble homme M. René Lecointe, advocat en parlement, demeurant auxdits fauxbourgs, sur le fossé d'entre les portes de Bussy et de Nesle 3. »
Les entrepreneurs s'engagent à « couvrir de tuilles neuves, du grand moulle, le temple de ceux de lad. église font construire de présent au villaige d'Ablon et commencer de travailler mercredi prochain et continuer sans discontinuer. » Ils fourniront aussi les « clouds, lattes, chaux, saBle, piastre, » etc., et reconnaissent avoir reçu comme à compte « la somme de soixante escus. »
A l'intérieur d'un temple le meuble principal a toujours été la chaire. Pour nous faire quelque idée de celle d'Ablon, pour nous représenter l'attitude du prédicateur et la physionomie de l'auditoire, regardons une gravure du temps figurant l'intérieur de Saint-Pierre à Genève en 1602 4. Le ministre, en plein « prêche, » est coiffé d'un chapeau de feutre noir à larges bords ; près de lui est placé un sablier, destiné à lui indiquer au bout de combien de temps il conviendra de mettre un