‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 2)Chapitre 76 sur 80 · MINISTRE DES CULTES · texte numérisé non relu

MINISTRE DES CULTES

30 août 1810.

L'ordre que Votre Excellence m'a adressé, au nom do l'empereur, de prendre le gouvernement du diocèse de Paris en qualité d'administrateur capitulaire, aurait été mis sur-le-charap à exécution, sans la crainte où j'étais que Sa Majesté ne voulût plus me laisser le siège de Lyon, conjointement avec celui de Paris. Cette affaire devenant très-grave pour moi, j'ai dû réfléchir longtemps et en entretenir Sa Majesté. Je lui ai exprimé ma répugnance toujours croissante d'abandonner l'Église de Lyon pour celle de Paris, et elle a eu l'extrême bonté de me permettre d'opter dès ce moment pour le diocèse de Lyon.

Cependant si Sa Majesté ne veut point encore nommer à

l'archevêché de Paris, et si, dans sa sagesse, elle croît convenable que je prenne l'administration de cette Église jusqu'à ce qu'il lui plaise de nommer un archevêque, je me croirai trèsheureux non-seulement de continuer à m'occuper des affaires du diocèse, comme j'ai fait depuis ma nomination à ce siège, mais encore de me charger de son administration...

LETTRE DU CARDINAL FBSCH A M. BIGOT DE PRÉAàfENEU, MINISTRE DES CULTES.

4 septembre. 1810.

Monsieur le ministre, lorsque je me suis décidé à prendre Tadministration du siège de Paris, jusqu'à ce que l'empereur ait nommé un archevêque, voulant toujours conserver mon archevêché de Lyon, j*ai désiré faire quelque chose qui fût agréable à l'empereur et en même temps au diocèse de Paris; ce qui ne peut s'effectuer qu'en ne faisant pas connaître au public mon option pour Lyon. Il n'est donc pas nécessaire que l'empereur mentionne par un décret la nomination du chapitre. Il serait possible que Sa Majesté jugeât par la suite utile de conserver les deux sièges sur une têle. Ce ne. fut qu'à celle condition que se fit ma nomination à l'archevêché de Paris. L'option alors n'aurait pas lieu , et celle que je fais en ce moment n'est qu'une formalité conservatrice de mon siège de Lyon. Du reste, je ne voudrais pas d'une administration qui m'assimilerait à un simple grand vicaire. Ce serait jeter l'alarme, paralyser le bien que je pourrais faire dans Paris, et faire une chose qui ne convient pas à ma dignité. Le décret

de ma nomination doit subsister et avoir son plein effet, jusqu'au moment où l'empereur nommera un autre archevêque et fera connaître au public mon option pour le diocèse de Lyon. Je le répète, Toption que je fais en ce moment n*est que conservatrice de mon siège de Lyon , et après cette protestation rien n'empêche que je prenne le titre de nommé à l'archevêché de Paris.

H. l'abbé émery a m. nageot, supérieur

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