Relation du général Radet, S'^ptembre
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et à la caserne de la Pilota, où était le centre de mes opérations... A onze heures, je plaçai moi-même mes patrouilles, mes 2:ardcs. mes postes et mes détachements d'opération, pendant que le gouverneur général faisait occuper les bords du Tibre et le château Saint-Ange par un bataillon napolitain ' . »
Tous ces détachements d'opération dont le général fait ici le complaisant dénombrement étaient, d'après son récit du 13 juillet 1809 (ce qu'il oublie de dire en 1814), munis d'échelles d'escalade, de cordes, de grappins et de torches. Le signal devait être donné à une heure après minuit : mais une sentinelle veillait comme à l'ordinaire sur la toui' duQuirinal. Radet, qui avait d^s intelligences dans l'intérieur du palais, en était informé. Il savait aussi que d'ordinaire cette sentinelle cessait sa faction à l'aube du jour. Lui-même guetta de chez lui sa rentrée. A deux heures frcnte-cinq minutes, quand il la vit disparaître, il donna le signal *. Le signal eut pour effet de mettre en branle trois bandes différentes, car le général Radet procédait suivant les règles et' tentait à la fois trois assauts simultanés, afin de mieux diviser les forces de la garnison du Quirinal. Un détachement de trente hommes escaladait
i. Relation du générsd Radet, septembre 1814. 2. Ibidem.
les murs du jardin, près de la grande porte, derrière la cour dite de la Paneterie. Un colonel Siry, h la tête d'un autre détachement de vingt-cinq hommes, montait par la fenêtre d'une chambre inoccupée du deuxième étage des bâtiments attenant au Quirinal. De son côté, le général Radet s'était réservé de pénétrer par l'extrémité de la toiture de la Daterie dans l'intérieur des appartements du Quirinal.
Ce fut par ni'ilheur cette dernière expédition qui réussit le moins bien. Deux échelles s'élant rompues, le général Radet fut obligé d'opérer sa retraite et d'attendre que le colonel Siry, qui était parvenu avec son monde dans la cour intérieure du palais, lui en procurât l'entrée en faisant ouvrir en dedans la petile porte pratiquée dans l'un des battants de la grande porte cochère du Quirinal, porte massive contre laquelle Radet s'escrimait en vain du dehors depuis déjà quelques minutes. Ainsi introduit par son lieutenant, le général Radet entra enfin dans le palais du saint-père, et tout aussitôt fit désarmer la garde suisse, forte d'environ quarante hommes, mais qui, suivant l'ordre qu'elle avait reçu de longue date, ne lui opposa aucune résistance. N'ayant point la connaissance des lieux, mais dirigé par un misérable qui avait été récemment chassé du Quirinal pour un vol commis au préjudice du chapelain du saint-père, et qu'il avait pris à sa solde,
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le général Radel s'achemina vers les apparlenienls de Sa
Sainteté.
Cependant, les trois assauts donnés au palais, les efforts tentés du dehors pour en briser les portes, les mouvements et les cris de ceux qui s'étaient introduits dans les cours intérieures, ne pouvaient manquer d"éveiller promptement les habitants du Quirmal. La plupart ne s'étaient couchés que fort tard dans la nuit ou plutôt à l'aube du jour, lorsque, rassurés par l'apparente tranquillité qui régnait autour de la demeure pontificale, ils avaient cru le danger passé, du moins pour cette nuit; de façon que l'événement qu'ils redoutaient depuis si longtemps et contre lequel ils s'étaient promis d'être toujours en garde les surpiit, au contraire, dans leur premier sommeil. Le cardinal Pacca ne faisait que de se mettre au ht quand son valet de chambre vint l'avertir que les Français étaient dans le palais. Sur-le-champ et pendant qu'il mettait luimême ses vêtements, il envoya son neveu, Tibère Pacca, réveiller Pie MI, ainsi qu'il avait été convenu entre eux pour le cas de quelque événement extraordinaire ' ; car c'était l'une des principales préoccupations de Pie VII de se trouver prêt et sur pied quand on envahirait sa demeure, et il n'avait rien tant recommandé à ses serviteurs