‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 3)Chapitre 35 sur 81 · Ibid. p. 24G · texte numérisé non relu

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chez l'archichancelier, qui avait auprès de lui le ministre des cultes, « Par un article inséré au sénatus-consulte du 16 de ce mois, dit Cambacérès , je. suis mis en demeure de poursuivre devant qui de droit l'effet des volontés de Sa Majesté. L'empereur ne peut espérer d'enfants de l'impératrice Joséphine ; cependant, il ne saurait, en fondant une nouvelle dynastie , renoncer à l'espoir de laisser un héritier direct qui assure l'intégrité, la tranquillité et la gloire . de l'empire. II est dans l'intention de se marier et d'épouser une catholique ; mais son mariage avec l'impératrice Joséphine doit être auparavant annulé, et son intention est de le' soumettre à l'examen et à la décision de l'officialité. » Il était impossible d'être plus humblement soumis et plus sincèrement dévoués à l'empereur que ne relaient les membres du clergé de Paris auxquels s'adressait en ce moment la harangue du prince archichancelier, et peutêtre n'avait -il pas lui-même oublié les paroles pleines de déférence et d'admiration laudative que le plus considérable d'entre ces messieurs, l'abbé Lejeas, premier vi- • Caire de l'archevêché de Paris, vacant depuis la'mort de M. deBelloy, avait tout récemment adressées à l'empereur au nom du chapitre métropolitain. Ce fut toutefois l'expression d'une vive surprise, puis celle de la terreur que Cambacérès put d'abord lire sur le visage de ses interlocuteurs. « Cette cause, dirent-ils tout d une voix, est

de celles qui sont réservées , sinon de droit , au moins de fait, au souverain pontife. —Je ne suis pas, répondit l'archichancelier, autorisé à recourir à Rome. — Mais , o,bjecta l'un d'eux, il n'est pas besoin de recourir à Rome pour avoir la décision du pape, puisqu'il est à Savone. — A la bonne heure, mais je ne suis pas chargé de traiter avec lui, et, dans les circonstances actuelles, c'est impossible'. » Le désir qu'avaient les malheureux ecclésiastiques du chapitre métropolitain d'être déchargés d'une si incommode commission était manifeste.

« Ils ouvrirent l'avis qu'on pouvait soumettre l'affaire aux cardinaux qni étaient présentement en si grand nombre à Paris. — Ils n'ont pas de juridiction ici, répliqua Cambacérès. — Mais, monseigneur, il existe précisément une commission de cardinaux, d'archevêques et d'évêques assemblés pour délibérer sur les affaires de l'Église. — Ils ne forment pas un tribunal, et rofficialilé est le tribunal établi pour connaître de ces causes. — Oui, prince, enlrc particuliers ; mais, dans celle occasion, la dignité éminente des j)ersonnes en cause ne permet pas à l'oflicialilé de se

1. Narration par l'abbé Rudemare de la procédure suivie à l'occasion de la demande en nullité du mariage de l'empereur Napoléon et de l'impératrice Joséphine. — Pièces justificnlivcs de la Vie (lu cardiniil Fesch, par l'abbé Lyonnot, présentement arclievêque d'AIbi, l. Il, p. 740.

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regarder comme le tribunal compétent. — Pourquoi donc? Est-ce qu'il n'est pas libre à Sa Majesté de se présenter, si bon lui semble, devant^in tribunal établi pour ses sujets et composé de ses sujets? Qui peut lui contester ce droit ? — En effet, reprit le promoteur, M. Rudemare, Sa Majesté en est le maître; m lis cela est tellement nouveau et tellement contre l'usage, que nous ne pouvons prendre sur nous de nous regarder comme compétents, à moins que le comité ne décide sur notre compétence. Disposés à faire tout ce qui dépend de nous pour prouver notre dévouement à Sa Majesté, nous ne pouvons cependant nous dispenser de recourir à tous les moyens qui peuvent mettre notre responsabilité à couvert et notre conscience en repos ' . »

Adesgens aussi troublés,, il était nécessaire de concéder quelque chose. Cambacérès le sentit. « Nous ne voulons à aucun prix que cette affaire devienne publique et que les journaux anglais s'en occupent. Toutes les pièces en seront déposées dans la cassette de Sa Majesté, et nous vous demanderons le plus profond secret. Le ministre des cultes vous fera cependant passer la décision que vous demandez -. » Le comité ecclésiastique indiqué par les

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