Ibidem
chacuD sait qu'il ne devait plus, au milieu de ses gigantesques manœuvres militaires, trouver désormais assez de loisir pour diriger à sa guise dans le sens de ses ambitieuses visées les grandes institutions purement ecclésiastiques de la daterie et de la pénitencerie romaines. Mais, répétons-le de nouveau , car il n'y a point à ce sujet d'illusion possible : les deux monstrueuses chimères de la domination de toutes les consciences catholiques et de la résurrection d'un second empire d'Occident, entrevues en même temps el caressées du même amour par cet étrange génie, avaient prisa ce moment un corps réel dans son imagination désordonnée. Pour mettre officiellement la main à l'œuvre , Napoléon , comme nous le verrons bientôt, n'attendait plus que d'avoir remporté une décisive victoire sur son dernier adversaire du continent, l'empereur Alexandre. Au lendemain de quelque triomphmt traité signé aux portes de Saint-Pétersbourg ou de Moscou , un décret semblable à celui qui avait prononcé après Wagram la déchéance temporelle du pape, décret dont les dispositions étaient depuis longtemps mûries dans son esprit, aurait tout à coup proclamé sa subordination spirituelle aux volontés du chef de l'empire français. Il a fallu la catastrophe finale de l'expédition de Russie pour épargner à l'Europe étonnée un spectacle non moins étrange et non moins lamentable, celui des deux despotes récon-