‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 3)Chapitre 62 sur 81 · Lellre de M. de Chabrol à M. Bigot de Préameuen, o juille · texte numérisé non relu

Lellre de M. de Chabrol à M. Bigot de Préameuen, o juille

n'obtinrent pas tout de suite l'honneur d'assister h ce que }'on appelait à Savone, suivant l'usage italien, « la conversation chez le pape ». Ils n'eurent pas non plus occasion , à leur première audience , de se louer beaucoup de l'accueil de Sa Sainteté. « Pie VII n'entra avec eux dans aucun détail, écrit le préfet de Montenotte, et ne leur adressa aucune question. Il se plaignit seulement des affaires de Rome plus vivement qu'il n'avait fait jusqu'alors. » M. de Chabrol , étonné de cette réserve , ne craint pas, dans ses lettres au comte Bigot de Préameneu, de donner à entendre que la mauvaise humeur du pape provient probablement de ce que les deux cardinaux ne sont pas entièrement suivant son choix. Il verrait plus volontiers, écrit-i! , le cardinal Spina ; mais il a quelques griefs contre le cardinal Caselli , auquel il reproche d'avoir accepté la place de sénateur sans avoir demandé son agrément. Le pape ne consent pas à recevoir les cardinaux le soir. A MgrDoria, qui lui demandait permission d'aller visiter Leurs Éminences, il a répondu : « Vous irez un peu plus tard ; ce n'est pas encore le moment de s'y rendre K »

Pic Vil resta deux jours entiers sans vouloir recevoir de

1. Lettre (le M. le Itaron de Chabrol à M. le comlo Bigol de Préameneu, 7 juillet 1810.

rechef les cardinaux. « Il accepta seulement de les rencontrer après leur dîner chez le gouverneur du palais (\e comte César Berthier), parce que le public s'apercevrait moins de cette conférence, eu qu'il ne supposait pas qu'il existe des conférences entre eux et lui,.. Il a dit aux personnes de sa maison qu'il croyait les cardinaux envoyés pour sonder ses dispositions et les faire connaître. Ce propos, remarque M. de Chabrol, annonce quelque méfiance '.«Il n'a rien transpiré de la conférence qui a eu lieu ce soir, continue le préfet de Montenotte. Pendant la journée, le pape a paru très-soucieux. Il était fort distrait, et pensait évidemment à tout autre chose qu'aux bénédictions qu'il donnait à ceux qui venaient baiser sa mule. On croit qu'il méditait sur la conversation qu'il allait avoir avec Leurs Éminences «. » Pie Vil eut, en effet, deux conférences avec les envoyés de l'empereur, la première en lèle-k-tête avec le cardinal Spina, la seconde avec les deux cardinaux réunis. De son entretien avec le pape, qui dura environ une heure et demie, le cardinal Spina rapporta l'idée qu'il ne serait pas impossible de l'amener à s'occuper des affaires ecclésiastiques de France, et par-

1. Lettre de M. le baron de Cliabrol à M. le comte Bigot de Préameneu, 7 juillet 1810.

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