‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 3)Chapitre 63 sur 81 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

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ticulièrement de celle des évèques. Mais il paraît, mande M. de Chabrol au ministre des cultes, que le pape ne l'a pu faire jusqu'à présent par crainte de s'écarter des maximes consacrées. Il désire un conseil. Ce ne sont pas seulement des personnes propres à expédier les affaires dont il dU avoir besoin, mais bien de celles qui jouiraient de sa confiance et qu'il pourrait utilement consulter. Son Éminence le cardinal Spina paraît persuadé que le pape n'emploierait pas le cardinal Gaselli et lui-même conjointement. Il croit qu'on pourrait appeler à Savone d'autres cardinaux qui auraient plus d'accès et qui ne seraient pas suspects au gouvernement. Il cite, entre autres, le cardinal Antonelli, cardinal habitant aujourd'hui Sinigaglia, âgé de plus de quatre-vingts ans, qui n'a pas été appelé en France à cause de son grand âge, et pour lequel le saintpère a beaucoup de respect. Il est convaincu que ce cardinal, qui termina par son influence l'affaire du concordat, pourrait être très-utile et se rendrait avec plaisir auprès de Sa Sainteté. Alors, le pape pourrait les consulter l'un et l'autre et s'occuper d'affaires; mais il n'usera pas du cardinal Caselli, ni de lui, Spina, qu'il regarde comme trop jeune parmi les cardinaux'. Dans le cours de sa con-

1. Letlre de M. le baron de Chabrol à M. le cumle Bigot de Proameneu.

versa lion avec le ciirdinal Spina, le pape s'élait prononcé contre l'idée d'aller à Avignon, et surtout à Paris. Il avait formellement dit qu'étant contraint de s'y rendre, il ne sortirait pas ; qu'il ne dirait la messe dans aucune église ; qu'il se considérerait comme étant prisonnier, et beaucoup plus resserré qu'à Savone. Il a ajouté que, si on ne voulait pas le renvoyer à Rome, il ne désirait pas de changement '. Si on voulait traiter d'aflaires avec lui, son intention était d'avoir deux, cardinaux parfaitement à son choix, et que Sa Majesté envoyât également deux pei-sonnes de confiance; et qu'alors on entamât des négociations par des écrits auxquels il réiK)ndraii^.

Dans lu conférence avec les deux cardinaux, Pie VII fu^ encore plus explicite. Ses interlocuteurs ayant débuté par lui parler d'un changement de résidence, il manifesta à cet égard une invincible répugnance. Il déclara qu'il ne voulait quitter Savone que pour se rendre à Rome. Si on devait le conduire à Paris, il en serait Irès-affligé. Cependant, il saurait toujours empêcher qu'il n'arrivât rien de fâcheux parmi le peuple à son sujet ; car il ne voulait compromettre personne ni altérer la soumission due au

1. Lettre do M. le baron de Chabrol à M. le comte Bigot de Préameneu. 9 juillet 1810.

2. L^^ttre de M. le baron à» Chabrol à M. le comte Bigot de Préa-

nieneu, 10 juillet 1810.

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gouvernement. Il n'y aurait que le cas où l'on voudrait le contraindre à faire une cérémonie publique. Peut-être alors ne pourrait-il pas répondre assez de son émotion et de sa léte pour éviter un grand scandale *. » Les cardinaux, en sortant de leur audience, avaient assuré M. de Chabrol que, relativement h la nomination des évêques, ils avaient trouvé le pape bien disposé. « Us croient, écrivait le préfet de Montenotte au ministre des cultes, que cette affaire pourrait réussir. Mais ce qui avait arrêté Sa Sainteté, c'est la crainte et la défiance qu'il a de lui-même. Il ne veut pas agir sans consulter des personnes expérimentées et sur lesquelles il pourrait se reposer avec sécurité. Le cardinal Ântonelli serait tcès-utile pour cet objet... Le pape a conservé dans le journée son maintien habituel, continue le préfet de Montenotte; il a paru n'avoir éprouvé aucune émotion des ouvertures qu'ont pu lui faire les cardinaux 2... » — « Le départ de Leurs Éminences ne semble avoir fait aucune impression sur le pape. Il est certain qu'il ne s'est pas montré disposé à employer leur secours, ni à leur parler confidentiellement 3.»

t. Lettre de M. le baron de Chabrol à M. le comte Bigot de Préartieneu, 11 juillet 1810.

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