‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 3)Chapitre 72 sur 81 · M. LE COMTE BIGOT DE PREAMENEU A L EMPEREUR NAPOLÉON I · texte numérisé non relu

M. LE COMTE BIGOT DE PREAMENEU A L EMPEREUR NAPOLÉON I

7 décembre 1809.

Votre Majesté m'a demandé hier, 6 de ce mois, à son travail avec les ministres, si les ('voqucs nommés pouvaient provisoirement et avant d'avoir des bulles administrer leurs diocèses. Je vais rendre à Votre Majesté un compte détaillé de ce qui s'est passé à ce sujet. La règle est que les évoques nommés ne soient, avant d'avoir leur bulles , ni sacrés ni installés par le chapitre. Par cette installation , que l'on appelle prise de possession , l'évêque entre en plein exercice des droits épiscopaux. Jiftqu'alors, les grands vicaires qui, suivant les règles canoniques, sont censés tenir, pendant la vacance, leurs pouvoirs du chapitre, ont l'adminislraiion, excepté pour les fonctions attachées au caractère d'évêque, telles que l'ordination et la confirmation. Lorsqu' un évéque est nommé, il est assez d'usage que le chapitre lui offre, môme avant ses bulles, les pouvoirs qui dépendent de lui, ceux des vicaires généraux qu'ils peuvent alors exercer avec les autres vicaires généraux. Mais, d'un autre côié, l'usage est aussi que les évoques n'aillent point dans leurs diocèses avant d'être sacrés et que jusqu'alors ils ne portent point la »croix pastorale. Ils ne vont point dans leurs diocèses, parce qu'il leur répugne de ne pas y paraître avec leur dignité et n'étant revêtus que de pouvoirs en quelque sorte subordonnés. Ils craignent d'altérer le respect qu'il leur est utile d'inspirer dès les premiers temps. Ils se bornent donc ;\ entrer en correspondance avec les grands vicaires con

naissant les affaires de leurs diocèses, et, avec les pouvoirs du chapitre, ils commencent ainsi à prendre une part réelle à l'administration.

Lorsque je vis que l'afiaire de l'obtention des bulles serait longue, il me parut qu'il vaudrait mieux que les évêques nommés allassent , malgré toute leur répugnance, dans leurs diocèses. Je leur communiquai mes idées. Ils me témoignèrent nne répugnance extrême. Ils me représentèrent que, pour le bien même de Votre Majesté, il vallail mieux les laisser suivre l'usage, d'après lequel ils se livraient avec tout leur zèle pour diriger leur diocèse par correspondance. Ce qui me détermina encore à me rendre à ces raisons, c'est que le chapitre de Liège n'avait pa'^ cru pouvoir donner les pouvoirs à M. Lejeas, sous le prétexte qu'il n'était plus dans le délai d'exercer ce droit. Il eût fallu entrer en discussion Ihéologique avec un chapitre pour des pouvoirs de vicaire géhéral à donner à un évêque nommé, cela n'eût pas été convenable. Son Altesse Éminentissime avait cru qu'il ne convenait pas aussi à sa dignité d'accepter de pareils pouvoirs du clwpilre de la métropole de Paris.

Mgr l'archevêque de Malines était dans un cas particulier. Il avait été préconisé en consistoire. Des bulles rejetées pour une cause étrangère à l'institution canonique avaient été expédiées. Il a pensé que, dans cette position, et ayant d'ailleurs le caractère épiscopal, il pouvait se rendre dans son diocèse : je l'y ai encouragé. Il y a été, et, quoique ce pays ne soit pas facile à conduire, il y a eu des succès et sa présence fait beaucoup de bien.

Tel est. Sire, l'étal des choses relativement à l'administration des diocèses dont les évêques n'ont pas de bulles. Si, dans les circonstances actuelles, Votre Majesté trouve convenable que les évêques nommés qui ont des pouvoirs des chapitres aillent dans leurs diocèses, il suffira qu'ils connaissent cette intention pour qu'ils s'empressent d'aller vous y donner ,

comme partout ailleurs, des preuves de leur dévouement el de leur reconnaissance.

LETTRE DE l'eMPEREUR NAPOLÉON F' A M. LE

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