‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 15 sur 83 · Correspondance de l'empereur Napoléon l«r^ l. XI. p · texte numérisé non relu

Correspondance de l'empereur Napoléon l«r^ l. XI. p

le pape, et le cardinal Fesch recevait l'invitation d'en donner connaissance au Vatican.

« Le pape m'a écrit la lettre la plus ridicule, la plus insensée ; ces gens-là me croyaient mort. J'ai occupé Ancône parce que, malgré vos représentations, on n'avait rien fait pour la défendre, et que, d'ailleurs, on est si mal organisé que, quoi qu'on eût fait, on aurait été hors d'état de la défendre contre personne. Faites bien entendre que je ne souffrirai plus tant de railleries, que je ne veux point à Rome de représentants de Russie ni de Sardaigne. Mon intention est de vous rappeler et de vous remplacer par un séculier. Puisque ces imbéciles ne trouvent pas d'inconvénient à ce qu'un protestant puisse occuper le trône de France, je leur enverrai un ambassadeur protestant... Je suis religieux, mais je ne suis pas Ciigot. Constantin a séparé le ci^ll du militaire, et je puis aussi nommer un sénateur pour commander en mon nom dans Rome.

Il leur convient bien de parler de religion, eux qui ont admis les Russes, et qui ont rejeté Malte, et qui veulent renvoyer mon ministre 1 Ce sont eux qui prostituent la religion... Dites à Consalvi, dites même au pape que, puisqu'il veut chasser mon ministre de Rome, je pourrais bien aller l'y rétablir. On ne pourra donc rien faire avec ces hommes-là?... Ils deviennent la risée des cours et des peuples. Je leiur ai donné des con-

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seils qu'ils n'ont jamais voulu écouter. Ils croyaient donc que les Russes, les Anglais, les Napolitains auraient respecté la neutralité du pape ! Pour le pape, je suis Charlemagne, parce que, comme Charlemagne, je réunis la couronne de France à celle des Lombards et que mon empire confine avec l'Orient. J'entends donc que l'on règle avec moi sa conduite sur ce point de vue. Je ne changerai rien aux apparences, si l'on se conduit bien. Autrement, je réduirai le pape à être évêque de Rome... Il n'y a rien, en vérité, d'aussi déraisonnable que la cour de Rome K » On se demande, avec étonnement, ce que se proposait alors l'empereur en adressant à Pie VII de pareils reproches et de si terribles menaces. Ses menaces, chaque année plus accentuées, ne parvinrent point toutefois h ébranler la conviction du saint-père. Par des motifs uniquement tirés de sa conscience de souverain pontife, Pie VII demeura plus que jamais persuadé qu'il ne lui était pas loisible de se départir, comme prince temporel, des obligations d'une scrupuleuse neutralité. Quant aux reproches de s'être entendu avec les ennemis de la France et d'avoir, au fond de son cœur, formé des vœux contre elle, les détails dans desquels nous venons d'entrer démontrent suffisamment à quel point ils étaient injustes. Au moment

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