‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 21 sur 83 · I. Mémoires de Napoléon !«', t. IV, p · texte numérisé non relu

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léon ne garde plus les mêmes scrupules dès qu'il emploie la plume de ses secréL'ures improvisés pour traiter les questions qui leur ont été toute leur vie étrangères. Les noies trop peu connues que nous signalons en ce moment à l'attention de nos lecteurs ont été consacrées par Napoléon à l'examen de l'ouvrage de M. de Pradt sur les quatre concordats, ouvrage qui parut à Paris en 1818. Ces pages contiennent à la fois, dans leur ensemble passablement confus, rénumération des griefs de l'empereur contre le saint-père et l'exposé des motifs qui dirigèrent sa conduite à l'égard de l'Église romaine. L'exposé des faits est non-seulement incomplet, mais le plus souvent de pure fantaisie, tel qu'à peine nous parait-il avoir pu jamais être accepté même par les dévoués compagnons de sa captivité; et nous aurons occasion, pendant le cours de ce récit, d'en relever, preuves en main, les inconcevables inexactitudes. Quant aux mobiles mômes de sa conduite, quant aux secrets desseins que Napoléon se prête à lui-même, comment ne pas l'en croire sur sa propre parole? Pour notre compte, nous aurions pensé, en les lui attribuant, faire injure au sage auteur du concordat, et, révélés par im autre, nous les aurions taxés d'invraisemblance et de folie. Tout en faisant la part de l'exagération maladive que les souliranccs de l'exil ont pu développer chez cet esprit d'ordinaire si vigoureux et si sain, il est diliicilc de ne pas

admettre, en partie du moins, la réalité d'un plan que son auteur prend plaisir à développer avec tant de détails et une si complaisante partialité. Fidèle à notre système de le juger de préférence sur son propre témoignage, c'est au fondateur même du premier empire que nous laisserons le soin dindiquer de quelle façon il avait compiis sa mission et le rôle qu'il entendait jouer dans tout ce qui regardait les affaires de la religion.

Ce qui paraît surtout importer à l'empereur dans les pages dictées à Sainte-Hélène, a'esl de bien établir que les matières religieuses avaient toujours été de s;i part l'objet d'une particulière attention. « Ces connaissances étaient nécessaires, dit-il, au conquérant et au législateur des républiques transpadane et cispadane. En 1798 et 1799, il avait dû étudier le Coran... Il fallait bien qu'il se fût rendu habile dans la connaissance de l'une et l'autre religion, car cela contribua îi lui captiver l'aftection du clergé catholique en lUJlie et des ulémas en Egypte*. » C'est dans cette disposition d'esprit qu'il avait négocié le concordat. Parmi les clauses de cette grande transaction religieuse, il en est une qu'il se réjouit surtout d'avoir imposée au saint-père. « Pie VII avait été conduit, dit-il, à destituer lui-même, de sa propre autorité, un grand

I. Mémoires de Sapolënn I<"', nott's ••( mélanges, t. IV, p. 19?.

nuinbred'évêquesanciens,cela était nouveau dans l'I^^glisc. » En destituant ces évoques restés fidèles à l'ancienne dynastie, le saint-père « rompait le dernier fil par lequel les Bourbons dépossédés communiquaient encore avec le pays ; » voilà ce qui plaisait surtout à Napoléon. « Il est vrai que le concordat reconnaissait dans l'État un pouvoir étranger propre aie troubler un jour ; mais il ne l'introduisait pas, il existait de tout temps.» D'ailleurs, Napoléon maître de l'Italie, c'est encore lui qui nous le dit, se considérait comme le maître de Rome, et cette influence italienne devait lui servir à détruire l'influence anglaise *. Il n'entrait pas dans ses vues d'altérer en rien la croyance de ses peuples. « ... Il respectait, assure-t-il, au contraire, les choses spirituelles, et voulait les dominer sans y loucher, sans s'en mêler (sic;. 11 les voulait faire cadrer à ses vues, à sa politique, mais par l'influence des choses temporelles-. » A Rome, il y eut des personnes avisées qui le pressentirent, et dirent en italien : « C'est sa manière de faire la guerre; n'osant l'attaquer de front, il tourne rÉgUse comme il a tourné les Alpes en 1796 et Milan en 18003. „

1. Mémoires de l'empereur IVapoléonl*", iiolcs et mélanges, t. IV, p. 195.

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