‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 30 sur 83 · Mémoires du cardinal Cunsnhi, l. Il, p. 4i3, i'H · texte numérisé non relu

Mémoires du cardinal Cunsnhi, l. Il, p. 4i3, i'H

de réponse définitive qu'aprrs avoir, dans une forme discrète et toutefois suffisamment solennelle, sollicité .les avis de ses conseillers naturels, les membres du sacré collège. Ce plan de conduite, qui convenait si bien à la modestie naturelle du souverain pontife alors assis sur le siège de s'iint Pierre, était en outre parfaitement conforme aux traditions séculaires du Vatican. N'en déplaiseaux preneurs du pouvoir absolu, qui rêvent de le voir s'établir partout et principalement dans Tl^^glise, c'est une doctrine née d'hier, et d'origine essentiellement révolutionnaire, celle qui prétend s'en remettre aux lumières et à la volonté d'un seul de la solution des gi'andes affaires politiques ou religieuses qui intéressent les vastes agglomérations humaines. Les gouvernements d'ancien régime étaient, beaucoup plus qu'ils ne s'en doutent ou qu'il ne leur convient de l'avouer, des gouvernements, d'autorité pondérée qui admettaient et souvent provoquaient la manifestation des sentiments de ceux-là mêmes dont ils réclamaient ensuite l'entière obéissance. Dans les matières religieuses, l'Église elle-même ne suivait pas jadis d'autres règles. Ni les papes h Rome, ni les évêques dans leurs diocèses ne prétendaient tout décider et tout régler de leur propre mouvement sans consultation et sans accord préalable. Déjà à l'époque du couronnement. Pie Vil avait trouvé convenable de provoquer la libre expression des vues de la plupart des cardi-

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naui, sur la convenance de son voyage à Paris. La décision qu'il s'agissait de prendre en ce moment était plusimportanie encore, car elle touchait aux choses mêmes de la foi c;itholique, et mett;ùl directement en cause la conscience du père commun des fidMes. « En effet, le chef de l'Église, remarque Consalvi (et tel était aussi le sentiment de Pie Vil), ne peut aliéner son indépendance sans qu'aussitôt la religion en souffre cruellement en tous lieux... Décidé à répondre à Napoléon avec la plus entière franchise et à défendre l'indépendance et la liberté du sainlsiége, ainsi qu'il y était tenu par son devoir et par ses serments, Pie VII savait combien il serait dangereux pour cette indépendance et cette liberté de se servir de mots douteux ou trop mesurés, en s'adressanl à l'homme qui avait mis en avant de si étranges doctrines, et qui tirerait avantage de la moindre syllabe pour s'empresser de les déclarer admises et reconnues •. » La difficulté de la réponse à faire rendait ainsi d'autant plus nécessaire de recourir à l'assistance des membres du sacré collège. Pie VII résolut de les convoquer tous.

Au lendemain du jour où il avait reçu la dépêche du cardinal Fesch, c'est-à-dire le 3 mars 1806, le secrétaire d'État lui écrivit que c'était l'intention de Sa Sainteté de

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