‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 31 sur 83 · I. Mémoires du cardinal Consalvi, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires du cardinal Consalvi, t. II, p

s'entendre directement avec Sa Majesté impériale, sur l'objet de la note qui lui avait été remise la veille ^ Mais, cette détermination étant de nature à blesser le cardinal Fescli, qui sans doute s'était (latte de traiter lui-même celte question avec Pie VII, le cardinal Consalvi n'hésita point à se rendre de sa i)ersonne à la légation française pour lui expliquer plus au long la marche que Pie VII comptait suivre, et comment les choses allaient se passer. 11 lui exposa que, dans une affaire de si grande importance, le saint-père, avant de répondre à la lettre de l'empereur, désirait recueillir les opinions de tous les cardinaux, qu'il se proposait de réunir autour de lui. Il ne s'agissait que d'une simple congrégation et non d'un consistoire proprement dit, car dans un consistoire il faudrait convoquer le cardinal Fcsch lui-même, comme membre du sacré collège, ce qui n'était point possible, puisqu'en sa présence la discussion ne serait pas libre, .(amais prince, en effet, soumettant à son conseil la discussion d'une prétention élevée par une puissance étrangère, n'avait autorisé Pambassadeur de cette cour à assister de sa personne à une séance de cette nature. 11 n'y avait pas exemple qu'aucun souverain eût réclamé chose pareille. La lettre écrite par l'empereur au saint-père et la propre dépêche du cardinal

1, Dépêche du cardinal Consalvi au cardinal Fcscli, 3 luars ISOO.

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Fesch, seraient communiquées sons le sceau du secret à ciiacun des membres du sacré collège. Si le cardinal Fesch désirait écrire ou parler aux cardinaux, pendant les trois jours qui précéderaient la réunion, il en était le maître. Sa manière de voir étant d'ailleurs parfaitement connue du pape, son intervention personnelle dans l'assemblée en question n'était nullement nécessaire.

A cette communication du secrétaire d'État de Sa Sainteté, le cardinal Fesch, qui devait plus tard se plaindre si amèrement d'avoir été tenu à l'écart, ne fit d'abord aulune objection. Il répondit qu'il comprenait très-bien qu'en s;i qualité de ministre de France, il ne pouvait assister h un conseil tenu pour délibérer sur l'acceptation ou le refus d'une demande faite par la France. Écrire aux cardinaux lui semblait inutile, pourvu qu'on leur communiquât la ioitre de l'empereur, qui disait tout. Il préférait d'ailleurs s'entretenir de vive voix avec les membres du sacré collège... Il y avait parmi eux un Français, le .cardinal de Bayanne. Serait-il convoqué ? Le cardinal Consalvi prit le -oin de faire remarquer que, ce prince de l'Église n'étant pas ambassiideur, il ne serait pas exclu de la réunion projetée '. L'ensemble de celte communication parut satisfaire entièrement le cardinal Fescli.

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