‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 80 sur 83 · LETTRE DU CARDINAL CASOM AU CARDINAL DE BAYANNE · texte numérisé non relu

LETTRE DU CARDINAL CASOM AU CARDINAL DE BAYANNE

Qiiirinal, M octobre 1807.

J'ai reçu, hier soir, la déjièchc de Votre Émincnce, écrite de Milan, qui est sans date; je m'aperçois cependant, par son contenu, qu'elle est postérieure à toutes les autres qui ont été envoyées, et auxquelles j'ai répondu par le courrier envoyé par W. Ahjuier dans la soirée du 12 de ce mois. Cette dépêche a consterné le saint-père, qui est prévenu par Votre Lminence que toute la négociation doit maintenant se borner à la simple signature de ce que demande Sa Majesté. Il s'ensuivrait que Votre Éminence elM. le cardiml Ca.'rara devraient souscrire l'adhésion au premier article, c'est-à-dire d'entrer dans le système politique de la France contre les Anglais et contre les infidèles , sans aucune explication des mots SYSTÈME POLITIQUE. Sa Sainteté ne veut pas répéter ce que, par son ordre, j'ai écrit à M. l'ambassadeur, en réponse à sa note du 12, dont copie est ci-jointe. Mais, comme il y est dit qu'on allait donner à Voire Émincnce les instructions nécessaires pour concerter et stipuler sur le premier article, le saint-père m'a ordonné do lui dire (si par hasard je ne m'étais pas bien exprimé dans la lettre du 12) que le mot concerter veut dire que Votre Éminence doit bien connaître et bien expliquer les termes et l'étendue des obligations dont on doit se charger. Il dépend par conséquent de la dextérité, du zèle et de l'activité de Votre Émihence et du, légat de faire en sorte qu'elles ne soient pas en opposition avec les intentions de Sa

PIÈCES JUSTIFICATIVES 4io

Sainteté. Los dernières demandes de Sa Majesté se sont bornées, quant aux Anglais, à la fermeture des ports. Le saintpère a tout lieu de croire que son adiiésion doit se borner à cette fermeture. Mais, s'il fillail quelque chose de plus, il y conse. tira, pourvu que cela ne l'oblige pas à une guerre actuelle, et que cela ne lèse pas l'indépendance de la souveraineté pontificale. Il convient donc que Votre Émiaencc et l'éniinenlissime Caprara, auquel cette dépêche est commune, soient sur leus gardes pour conccrti-r l'explication et la valeur de ces paroles, atiii de satisfaire Sa Majesté comme le saintpère le désire, mais en môme tem^^>s ne pis imposer à Sa Sainteté une obligation opposée à ses devoirs et à son honnear. Le saint-père e--<t persuadé que Sa Majesté, voyant la sincérité de son cœur et l'importance quil met à seconder, autant qu'il le peut, ses vœux, no voudra pas son déshonneur, et n'exigera pas au delà de ce qu'elle avait d'abord demandé.

Le saint-père espère qu'il ne pourra arriver rien de sinistre, vu SCS di-positions franches et loyales pour un ac ommodemenl, secondées par le zèle et la dextérité de deux émincnlissimcs négociât ur.-. Les choses étant ainsi éclaircies et les idées rectifiées, Sa Sainteté se flatte d'apprendre incessamment la conclusion d'une conciliation parfai'.e et satisfaisante. Voilà ce que j'avais à dire à Votre Éminence pour l'heureux succès de celte importante affaire.

Je lui réitère, etc.

BILLET 1)E M. A L y U UC 11 AU CAUDINAL CASO.M.

29 janvier 1808.

Monseigneur,

J'ai l'honneur de transmellre à Volie Émincncc copie de rilin<^raire que suivront deux colonnes de troupes composées de six mille hommes, qui doivent incessamment traverser l'État romain. M. le général Miollis, en m'envoyant son ordre de marche, m'assure que les troupes, dans leur passage par les différentes communes de l'Étal romain, conserveront le meilleur ordre possible, et la réputation de M. le général Miollis est si universellement connue, que je ne crains pas, monseignei.r le cardinal, de me rendre garant de l'observation de sa promesse.

J'ai l'honneur de renouveler à Votre Éminence les assurances de ma respectueuse considération.

Itinéraire de la première colonne^ partie d'Ancône, sous les ordres du général Dutruis, forte de quatre mille hommes.

Janvier 28, à Spoleto. — 29, à Terni. — 30, à Mogliano. — 31, à Nepi. — ler février, à Baccano. — 2, à Ponte-Molle. — 3, séjour. — 4, à Albano. — 5, à Velletri. — 6, à Sermoneta. — 7, à Piperno. — 8, séjour à Terracine, où elle recevra de nouveaux ordres de Sa Majesté le roi de Naples.

Itinéraire de la deuxième colonne, partie de Florence, sous les ordres du général Herbia, forte de deux mille hommes et cinq cents chevaux.

Janvier 28, à Soligno. — 29, à Spolelo. — 30, à Narni. — 31, à Chita-Castellana. — l»' février, à Baccano. — 2, séjonr. — 3, à Ponle-MoUe. — 4, à Albano. — 5, A Velletri. — 6, à Sermoneta. — 7, séjour à Piperno. — 8, à Terraciiie, où elle recevra de nouveaux ordres de Sa Majesté le roi de Naples.

BILLET DC CARDINAL CASONI AU GENERAL MlOLLiS A CIVITA-CASTELLANA.

Quirinal, 31 janvier 1803.

Sa Saiotelé ayant élé avertie qu'une troupe française d'une force imposante dirige sa marche vers celle capitale, et plusieurs bruits s'étani répandus, savoir, l'un que celle troupe devait traverser l'État pour se rendre à Naples, l'autre qu'elle était destinée à occuper la ville de Rome, j'ai, au nom et par ordre exprès de Sa Saiulelé, l'honneur d'interpeller form^liement Votre Excellence pour qu'elle me déclare sans équivoque l'objet de la marche de celte troupe, en donnant une ri'ponse claire el décisive par écrit à lofficie.- panlificai, porteur de la présente, afin que Sa Sainteté paisse prendre la détermination qui lui convient."

Je profite de celle circonstance pour prier Votre Excellence d'agréer l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Page 1