‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 79 sur 83 · LE CARDINAL CAPRARA AU CARDINAL C DNS AL VI · texte numérisé non relu

LE CARDINAL CAPRARA AU CARDINAL C DNS AL VI

31 juillet 1806.

Je profite du retour du courrier Livio, pour accuser réception de l'affectueuse dépêche que Votre Éminence m'a adressée le 2 juillet, pour répondre aux sentiments d'amitié dont vous

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me donnez constamment de nouvelles preuves et pour vous instruire confidentiellement de ce qui concerne la ninllieureuse affaire de Rome et de ce qui me regarde moi-même.

Les raisons auxquelles on s'est arrêté à Rome pour refuser la clôture des ports aux Anglais seuls, au lieu d'être trouvées plausibles, n'ont fait qu'irriter davantage cl ont eu pour résultat de décider à persévérer dans des résolutions dont j'avais conservé l'espoir qu'on se départirait encore. Les raisonnements que font à ce sujet les personnes qui approchent de l'empereur, et que je me garde bien de rapporter oCficieliement parce que, toutes les fois que, dans mes lettres, j'annonce quelque mesure de conciliation, on me répond, sans ambages ni détours, que je blasphème et que je suis dans l'erreur; ces raisonnemenis, dis-jc, sont ; qu'il paraît inconcevable qu'un souverain, dont les États sont de toutes parts entourés par une puissance en guerre avec les Anglais, se refuse aux demandes de celte puissance, tandis qu'en adhérant ii mettrait à couvert ses sujets et ses États, que ladite puissance déclare garantir dans leur intégrité en môme temps qu'elle proteste de protéger cl de défendre la religion cl l'Église. Ces mêmes personnes, continuant leur argumentalion, disent qu'elles admettent, pour un moment, qu'on veuille user d'égards envers les Anglais ; mais est-il possible que la politique et la saine morale conseillent, pour rendre service ou pour être agréable à autrui, de se perdre soi-même? Est-il possible que les Anglais eux-mêmes ne taxent de peu de prudence une puissance qui agit de la sorte, et ne disent dans leur for intérieur, comme d'ailleurs tout le monde, et particulièrement les sujets des États pontificaux devront le dire nécessairement quand les feuilles publiques les auront instruits de l'état des questions, qu'ils ne pouvaient ni attendre ni exiger un pareil procédé, parce qu'aucune loi, ni divine ni humaine, ne nous oblige à sauver autrui au prix de notre propre existence? On ajoute encore que ce n'est pas une chose toute nouvelle que les pontifes mêmes dont les devoirs ne différaient en rien des

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devoirs du ponlife actuel, cédant aux exigences et en vue de ne point perdre leurs propres États, se soient liés avec une puissance, et que. sans attendre qu'on vînt les en prier, aient eux-mêmes sollicité cette alliance, afin d'opérer ainsi de concert leur sûreté. Il faut avouer, conlinue-l-on, que la religion, la morale et la conduite du souverain ne sont plus ce qu'elles étaient dans les temps passés, et qu'en conséquence on peut en bonne conscience aujourd'hui dire oui et demain non sur le même objet. On dit encore que, même si nous voulons récriminer, ce n'est ni le moment ni la manière de le faire, qu'on ne peut espérer de modification ni de changement aux lois qui ont été rendues et aux résolutions qui ont été prises, mais qu'on s'expose à indisposer davantage encore celui qui n'est déjà que trop mal disposé, et qui, ayant les moyens de nous opprimer, n'a qu'à dire : « Je le veux. »

Voire Éminence sait mieux que personne que j'ai présagé tout ce qui arrive, et, qui plus est, tout ce qui arrivera peutêtre; aussi doit-elle comprendre à quel point j'ai l'âme navrée. Je plains Rome, je déplore les maux de la religion et de l'Église, en écartant la funeste image de cette catastrophe lamentable, je ne puis qu'aspirer après le moment où je reolrcrai dans la vie privée et où j'irai finir mes jours loin du tumulte et des embarras dans lesquels j'ai dû me trouver, non par ma propre volonté ni de bon gré, mais uniquement pour obéir aux désirs de mon souverain.

Mon cœur est profondément ulcéré à de pareils souvenirs et à l'idée des mauvais procédés dont on use envers moi, au détriment de mon honneur, dans les congrégations publiques et pour des affaires à l'occasion desquelles je devais plutôt m'attendre à des témoignages de satisfaction. Quoi de plus impoliiique et de plus imprudent que d'attaquer le gouvernement et moi, en m'acc sanl d'avoir mis le sceau à l'iniquité dans les deux circonstances de la fôte de Sa Majesté Napoléon et du mariage du prince électoral de Bade ? Qu'on me dise : « Vous avez

mal fait, » passe. Mais qu'on procède publiquement, cl que le gouvernement sache ce qui se machine contre moi avant que j'en sois averti par celui qui veut prononcer la sentence, sans m'en instruire et sans informer, c'est trop fort ; la chose est inouïe, et j'ai le droit de dire que honorem meum nemini dabo. Non, Éminence, je n'ai pas honte, attaqué comme je le suis, de parler comme je le dois, et quand je le crois utile; je n'ai point de reproches à m'adresser pour ma conduite, et je n'éprouve nulle difficulté à le faire connaître au public. Mais, réduit à cette extrémité, je devrais en môme temps exposer la conduite d'autrui, et, déclinant les nominatifs et les génitifs, et les genres, les nombres et les cas, les choses qui se sont faites par mon intermédiaire et celles qui se sont conclues à mon insu et au mépris de moi, mettre le monde à môme de juger par qui, comment les choses ont été bien ou mal faites.

Ou n'ignore point ici ce qui se prépare à Rome, et contre le gouvernement et contre moi-même. Je crois bien que, de son côté, le gouvernement ne s'endort pas, et moi, puisqu'on me traite hostilement, je vais faire préparer les matériaux pour m'en servir au besoin ; et, comme malheureusement il y en aura qui pourront faire rougir, ce que j'aurai à dire, c'est que quiconque voudra m'inculper, soit juge entre mes actes et ceux des autres.

Je réponds officiellement aux inculpations qui ont été dirigées contre moi au sujet des deux affaires indiquées plus haut, parce qu'on m'a provoqué officiellement; mais, si l'on ne change point d'opinion à Rome, je prévois que le gouvernement, qui a connu avant moi les pièces par lesquelles on attaque ce que, lui et moi, nous avons fait, se trouvera dans la nécessité de faire connaître les réponses que j'ai données, parce qu'elles justifient et lui et moi. Votre Éminence sait à quel point sont poussées les choses.

Je dépose dans le sein de l'amitié toutes ces réflexions si tristes, mais trop vraies. Votre Éminence pourra y songer

à son aise dans la campagne où elle m'annonce qu'elle va se rendre. J'en\ie son repos et je voudrais pouvoir en faire autant.

lettre du pape pie vii a sa majeste l'empereur des français.

M septembre 18*^7.

Sa Majesté impériale et royale a laissé quelques-unes de nos lettres sans réponse, ce qui nous a empêché de lui écrire depuis.

Nous n'avons pu apprendre sans peine, de notre cardinallégat, que Sa Majesté croyait que noire cœur s'éloignait d'elle, et que nous ne nous opposions à ce qu'elle désirait que dans la seule vue de contrarier ses intentions. Dieu nous est témoin que nous n'avons jamais éié mû par cette intention, mais par la conscience de nos devoirs essentiels, qui nous a forcé de nous refuser à quelques-unes de ses demandes. Rien ne nous est plus cher que de seconder ses désirs dans tout ce qui dépend de nous, et nous lui en donnerons pour preuve notre condescendance à envoyer le cardinal de Bayanne, que nous ferons partir trés-incessamment.

Nous espérons que ce digne sujet dissipera dans l'âme de Sa Majesté tous les doutes qu'elle pourrait avoir sur notre constante et réelle affection, et que notre cœi:r se remplira de joie en apjirenani que, par son entremise et celle de noire cardinallégat, auront été annulées toutes les discussions qui nous affectent vivement. Le bruit s'est répandu que Votre Majesté pourrait venir dans ce pays. Au plaisir d'avoir vu s'effecluer H. ' e-

l'arrangement que nous désirons, se joindrait, si celte nouvelle est vraie, le bonheur de revoir Votre Majesté. Dans ce ras, nous ne céderions à personne l'honneur de recevoir un hôte aussi illustre. Le palais du Vatican, que nous ferions disposer, sera destiné ;\ recevoir Votre Majesté et sa suite. Toutes les affaires qui alors auraient déjà clé conciliées à Paris, nous pourrions à Rome les augmenter de concert et les rendre plus propices pour le bien de la religion catholique dont Votre Majesté doit être le soutien.

XTI,

NOTE DK M Dli CHAMPAGiVY AU CARDINAL CAPRARA.

21 septembre 1807.

Monsieur le cardinal,

J'ai mis sous les yeux do Sa Majesté la lettre de Votre Éminence, et j'ai eu l'honneur de reme'.tre entre ses mains colle de Sa Sainteté. L'empereur se réserve de remercier directement le pape de l'offre qui lui est faite ; mais il n'a pas voulu que je

différasse un n^omcnt de vous faire connaître sa satisfaction de

ce retour de Sa Sainteté à ses anciens sentiments pour lui. Il est d'autant plus agréable à l'empereur, qu'il peut supposer que Sa Sainteté a enfin secoué le joug de ces hommes passionnés et étrangers au temps oîi ils vivent , qui , en résistant inconsid('rément aux changements que Dieu a permis, ruinent les affaires temporelles de Rome, et sacrifient ses intérêts h leurs petites vues, ou à de viles passions.

La nomination du cardinal de Rayanne, qui annonce l'intention de terminer des difficultés qu'on n'aurait pas dû faire, et

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qui a fait naître l'espoir d'un accommodement, est par cela même également agréable à l'empereur ; mais elle deviendrait inutile, et la mi-sion de ce cardinal n'aurait aucun résultat, ce qui serait également affligeant pour le pape et pour l'empereur, s'il n'était pas revéïu des pouvoirs nécessaires pour conclure l'accommodement désiré.

Je crois devoir en rappeler à Votre Érainence les conditions indispensables. Elles ont surioul pour objet la conduite politique de Rome. 11 n'importe pas beaucoup à l'empereur que Rome ait sept ou huit Anglais de moins ; mais ce qui lui importe, c'esl que le souverain temporel de Rome marche dans le système de la France ; que, placé au milieu du grand empire, environné de ses armées, il ne soit pas étranger à ses intérêts, à sa politique. Rome ne s'est jamais séparée de la politique de l'Europe; souvent elle y a joué un rôle trop actif, et ses princes ont été plus d'une fois les moteurs des guerres qui ont désolé cette partie du monde. On a blâmé dans les papes cette politique, quand elle a été mauvaise, fondée sur l'injustice ou la mauvaise foi ;mais on n'a jamais prétendu qu'en agissant comme soiiverains temporels, ils violassent les devoirs imposés au chef de l'Église. Mettre en avant maintenant un tel argument. c'est s'accuser soi-même d'ignorance ou de mauvaise foi. Mais l'empereur ne demande au pape de se liguer avec lui que contre les infidèles, ce que le sainl-siége a toujours regardé comme un devoir, el contre les Anglais, nation hérétique, qui s'oppose à la paix du monde, et traite même chez elle les catholiques en ennemis.

L'empereur demande cela au pape, et il peut le lui demander comme un droit de sa couronne. Souverain de l'empire de Char'emagne et héritier de ses droits, il doit se souvenir que la donation faite par ce prince au saint-sit'ge renfermait la condition tacite de ne point agir contre les intérêts de son empire, et de faire cause commune avec lui 1 1 ses successeurs ; car, sans doute. Charlemagne n'aurait pas voulu donner des armes

contre sa propre puissance. La cause qu'on propose au pape d'embrasser est bien la cause de l'empire de Charlcmagne ; c'est celle de la France, de l'Allemagne et de l'Italie ; c'est celle de tout le continent,. comme appartenant à l'em.pire de Cliarlemagne, au continent, à l'Italie* . Le pape ne peut se refuser à faire cause commune avec l'empereur, et à seconder ses efforts contre l'ennemi du continent, de la paix et de la religion catholique.

D'après cet exposé, Volie Émincnce doit comprendre qu'en élevant celte prétention, l'empereur n'est déterminé par aucune passion, par aucun sentiment de haine. C'est l'intérêt de l'humanilé, c'est la voix de soixante millions d'hommes qui lui crie : « Forcez l'Angh^torro à vivre en paix avec nous, à nous rendre nos côtes, nos ports, nos viûsseaux, nos relations maritimes et commerciales ! » Ce sont ces nobles moiifs qui l'animent dans l'exécution de ses vues : de là la nécessité de soustraire Rome aux intrigues des Anglais. Si seul sur le continent le pape voulait leur rester attaché, le devoir du chef de l'Empire ne serait-il pas alors de réunir immédiatement à l'Empire cette partie de ses domaines, qui s'est isolée par sa politique, et d'annuler la donation de Charlemagne dont on fait une arme contre son successeur? En cela, il ne porterait aucune atteinte à la religion, qu'il fait gloire de servir, ni à la suprémalTe du pa|)e, dont il sera toujours le zélé défenseur. Mais les droits du trône sont différents du droit de l'autel : toujours on a distingué entre l'encensoir et le diadème. La souveraineté spirituelle est répandue en tout pays, parce que l'Évangile a été prêché partout, et elle peut s'exercer avec utilité et avec gloire pour la religion, que! qu'en soit le siège, et sans union avec une puissance temporelle. Mais l'empereur, par condescendance pour le pape, qu'il honore particuliôrcmeul, plutôt que de se porter à cette extrémité, se bornerait

i. Ce passage paraît iihér(-.

à une mesure indispensable pour lier la haule Italie aux États de Naples, ses armées du nord à celles du midi, et ne réunirait à son empire que les légations d'Urbin, Maceraia et Ancône. Il laissera Rome sous la puissance du pape, parce que Rome ainsi isolée ne pourra plus nuire asix intérêts de l'Empire. Tel est, monsieur le cardinal, l'alternative offerte à Sa Sainteté. Il ne sera pas tenu un autre langage à son négociateur ; de vains par'ages ne feront jamais sortir de ce cercle. C'est au pape à choisir. Si la cour de Vienne avait été, co nme l'empereur, maîtresse de rilalie, elle n'aurait pas même laissé ce choix au pape, et depuis longtemps ses troupes occuperaient Rome. Sa Sainteté le sait; on peut donc fspérer que, lorsqu'elle-même reconnaît la générosité de l'empereur, elle prendra le parti que lui dictent le devoir, le reconnaissance, l'intérêt de l'Eglise et de l'humanité, et les vœux de soixante millions de catholiques habitants du continent.

Je n'entretiendrai que brièvement Votre Éminence des affaires ecclésiastiques. Il n'y en a point en France dont le pape ait à se mêler. L'Église gallicane a ses privilèges, et jouit de la paix la plus pro'onde. Ses membres bénissent l'empereur, qui honore la religion et protège ses ministres. Il a été bien au delà de ce que prescrivait le concordat. Votre Éminence peut en juger mieux que personne, en comparant ce qu'était l'étal de la religion en France au moment de son arrivée, ce qu'il est maintenant, ce qu'il deviendra un jour par les bienfaits et la protection de l'empereur; rinlervention du pape est donc entièrement inutile, et personne ne la réclame.

Les affaires ecclésiastiques d'Italie ont trois objets. Les moines d'abord ; l'empereur n'en veut point ; il n'y en avait point dans le temps des apôtres, il n'y en a point en France, l'Italie n'en a point besoin ; mais, dans ce temps de crise, il lui faut des soldats pour la défendre contre les infidèles et les hérétiques. L'empereur croit devoir prononcer sa volonté à cet égard, parce que les pièces qu'il a entre les mains lui prouvent

l'inlention qu'on a eue à Rome de rétablir les jésuites, cette secte odieuse, à qui la France attribue la mort du meilleur de ses rois, et parce que les cardinaux fauteurs de ces ennemis des rois, sont prf^cisément ceux qui paraissent jouir de plus de crédit à Rome.

L'empereur tient à ce que ses évéques italiens soient dispensés du voyage de Rome. En cela, il réclame un droit attaché à sa couronne, à cette couronne de fer qui fut non moins indépendante sur la tète de Gharlemagnc que la couronne impériale.

L'empereur demande que Venise et les pays conquis soient compris dans le concordat de l'Ilalie. C'est encore un droit indispensable. Lorsque la Corse fut réunie à la France, elle fut comprise dans le concordat de François I" par un acte de l'autorité du roi, et non de l'autorité papale.

L'empereur tient à l'augmentation du nombre des cardinaux français et à ce que ce nombre soit proportionné à la population de l'Empire. Comment la France n'aurait-elle pas les mêmes droits que l'État romain, et ne serait-ce pas chose étrange que les habitants de la contrée où prit naissance l'empire de Charlcmagne fussent exclus de la donation faite par ce prince à l'Église, et dans l'Église à toute la chrétienté?

Protecteur de la confédération de l'Allemagne, l'empereur doit soigner les intérêts de la religion de cette grande contrée. C'est pour cela que lui a été donné le pouvoir temporel, et, lorsque l'avcuglemenf et l'ignorance de quelques conseillers perfides portent la cour de Rome à sacrifier en Allemagne l'intérêt des catlioliques aux protestants, l'empereur, qui se rappelle que la religion ne peut périr, qui a été l'instrument dont Dieu s'est servi pour la rétablir en France, ne peut-il pas se regarder comme ayant encore la même vocation en Allemagne ? N'est-il pas aussi revêtu d'un s'icerdoce qui lui impose le devoir do défendre les catholiques de la rive de l'Oder, de la Vistule et du Rhin, contre l'influence des protestants et des luthériens, de

ces sectes qui, nées des abus de la cour de Rome, voient chaque jour ses fautes accroître leur puissance ? L'empereur exige donc que le concordat d'Allemagne se traite sous ses yeux, soit par vous, soit par M. le cardinal de Bayanne, soit par M. le nonce délia Genga, si l'an ou l'autre est revêtu des pouvoirs nécessaires.

Tels sont, monsieur le cardinal, les vœux de l'empereur, fondés sur l'intérêt des peuples et sur l'intérêt de la religion. Si le papa refuse de s'y rendre, si son négociateur n'est pas revêtu des pouvoirs nécessaires pour arriver au but indiqué, l'empereur, pbur les affaires temporelles, en appellera à la suprématie de sa couronne, et agira comme aurait agi Charlemagne, des droits duquel il est l'héi itier, comme a agi Charles-Quint, qui était loin d'avoir les mêmes droits.

Pour les affaires ecclésiastiques, il en appellera à un concile général de la chrétienté, seul organe de l'Église infaillible, ei arbitre souverain de toutes les contestations religieuses.

Mais l'empereur ue sera pas réduit à ces deux extrémités. Le pape se souviendra de l'affection qu'il lui porte, et de son zèle pour les intérêts de la religion. Il s'unira à l'empereur pour la défense de la chrétienté ; et, par vos soins, par votre esprit conciliant, les qualités et les vertus de M. le cardinal de Bayanne, toutes les difficultés s'évanouiront. D'utiles mesures seront prises, qui étendront l'empire de la religion catholique, et donneront au pontificat de Pie VII un éclat qui l'élèvera audessus de tous ceux qui l'ont précédé.

Mais, encore une fois, je dois le répéter à Votre Érainence, en terminant cette noie : il ne faut pas que le cardinal de Bayanne ait des pouvoirs limités, ou il doit rester à Rome.

Je saisis avec empressement cette occasion pour vous renouveler, monsieur le cardinal, l'assurance de ma respectueuse considération.

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