Vie de Vabbé Émery, t. IT, p
3. Lettre de M. l'abbé Émery à M. l'abbé Nageot. — Matériaux manuscrits pour écrire la vie de l'abbé Émery.
Qael fat toutefois l'effet produit dans le moment par les violences de Napoléon sur ce digne ecclésiastique , si modéré dans ses doctrines, si sage dans sa conduite, si conciliant, si porté à user d'égards et peut-être faudrait-il dire d'une certaine complaisance envers les pouvoirs établis? Ainsi que Pie VII l'avait fait en 1800, alore qu'en parlant à M. Cacauit des exigences du premier consul relativement au concordat il vantait au ministre de France la manière paisible et régulière dont les affaires religieuses se traitaient dans les pays de liberté, même hérétiques , comme Pie VU devait le faire plus tard encore à Savone pendant les terribles orages du concile de 1811, l'abbé Émery tourna alors ses regards désolés du côté des États-Unis, c Hélas ! écrivait-il à son plus intime ami, le directeur du séminaire des sulpiciens à Baltimore , il faut regarder comme possible, d'après les bouleversements qui se sont déjà faits et qui se préparent, qu'il ne puisse plus y avoir bientôt de sociétés de sulpiciens en France, et que la chose et le nom ne subsistent plus qu'en Amérique... Il ne peut être question pour moi de m'y transporter, mon âge ne me le permet pas; mais je vous préviens que, dans le cas oii ce que je crains arriverait, plusieurs des nôtres se transporteraient oii vous êtes, et je prendrais des mesures pour que tout notre avoir et tout ce que
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nous possédons de plus pi*écieux puisse les y sui^i^ *. « Ainsi de 180Ô à 1810, pendant cette période de dix an- • nées que nous avons déjà fait passer presque entière sous les yeux de nos lecteurs , les choses avaient été conduites de telle façon par Tempereur, qu'un prêtre, qui avait applaudi de tout son cœur à l'œuvre du concordat, un savant théologien tout gallican dans ses tendances , le directeur spirituel du cardinal Fesch , Toracle modeste , mais pendant toute sa vie religieusement écouté de TÉglise entière de France, qui d'ailleurs n'avait jamais prêché que la prudence, ta conciliatioi) et toute la déférence possible à l'égard du souverain maître de la France, n'entrevoyait plus de refuge contre son pouvoir de pW^ Hh plus exorbitant et ses violences toujours croissantes que de l'sEutre côté des profondeurs de PAtlantique.
1. Lettre de M. l'abbé Ëmery à M. Tabbé Nag'eoJL, 12 mars 1810. - Matériaux manuscrits pour la vie de i'abbé Éinery.