CHAPITRE VI
Le premier consal charge le cardinal Hartiniana de prier Pie YII d'enrojer Mer Spina^à Turin ponr s'entendre avec loi. — Msr Spina poosse jasqu^i Paris. — Dispositions dn premier codsdI. — Il consulte l'abbé Bemier. — Antécédents de Tabbé Bemier. — L*afiaire se traite en même temps à Paris et à Rome. — IHfficaltés de la négociation. — Le premier consal donne à M. GacaoU , ministre de France , Tordre de quitter Rome. — Présence d'esprit de H. Cacaalt. — Il décide le cardinal Consalvi à partir ponr Paris. — Singniière réception faite an cardinal par le premier consul.
^allocution adressée aux curés de Milan huit jours avant Marengo avait été imprimée et distribuée à profusion dans toutes les villes du Piémont et de la Lombardie. On peut, sans s'avancer beaucoup, supposer que plusieurs exemplaires durent prendre, * comme d'eux-mêmes, le chemin de Rome. Hors les phrases gracieuses qu'il venait de prononcer sur la personne du nouveau pontife, le premier consul n'avait encore tenté aucune ouverture de ce côté. Après la conclusion de l'armistice qui lui livrait tout le nord de l'Italie, il fit un pas de plus. Le cardinal Martiniana, avec lequel il s'était entretenu à son passage à Verceil, fut I. ^
74 L'EGUSE ROMAINE ET LE RREMIER EMPIRE
chargé de faire savoir au sainl-père que le chef des armées françaises désirait entrer en négociations pour arranger les affaires religieuses de la France, et qu'à cet effet il demandait que Pie Yli envoyât à Turin M"^^ Spina, arclievèque in parti btis de Corinthe. Bonaparte^ à son retour d*Ec:ypte, det>arquant à Fréjus pour s^ rendre à Pans, avait passé par Valence et entrevu iV parlai, qui était re^tê près de Pie VI jusqu'au molueul de sa m*xt« CnUe rencontre fortuite parait avoir s^^uJe liecide en ceile circonstance la préférence du ^eucml fraiK JUS. Oj^h q^'d en soit, la cour de Rome w h.>*:A iv^iîtî. EI> s*t :jut tenue jusque-là dans la plus 5tr.v.\lc rvserv^, < Le pape, dit Consalvi, se confiant à U IVnKkavv ei nêî>î^Tîe à thaïes »s volontés, atten- JUi; fe- c\t*a^ct:î,:^ 5aafe> «kii^i-irr faire une seule démxrviic fcvir j^c^cr^r V*siz:;faiioas Ja Tainqueur à son c<Ari. . N.u::::::.: ;;<, i^ :>*^ av:cr rxa avw autant de Ssir^^r^^ ,;^ Ar ^ \s£ ct^c,;* c:c:ir:.ir:x:ai:'n inalleiidQe, *? ^s^u^î-ccr* ï^ ivi-ijca y»ii j rfçocaJr« «à une A.\^.^;îxfc ^a iv> ; j»;^^ >^.^^ ^ rfcjiur les albires «*." >4 rfv;iix<« ^4^,.^^ -7 j^^ .4 "*jç^ r^vc-latioiiiiaire V *v*;, y-s»^^^ *vv vU .- . . K-' Sçoa fit Jk»Bc dirigé **ï rvrui *x^- ,.ca:v' i icucmi.- ic ^ n;;vvter, con
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ordine di sentir e di riferire ; oiait d*-><j k ^ iiniqu- ^« deMarenço n etail plut^ à Turin : il ut h * eian fcfî'î.r, qu'un jour à peine, et tout d*^ suile a^ai: îfi»M«^ iir roule du Mont-Geni£. Au lieu dt: le |»^î>»juiJt ui pt-fiii*-:' consul, Spiua tromb ttan- celie mIi* ! aM- 0 d\-.iî r se rendre à Panî. ml il eiar. iuiiu«^d.ai^Ui*fi!' dii^n^* D après le raii^ ù*- «-miui qui k ojin.tir *•■. i< manière dont ii eiar -i^mb*.. t-et a\i- \dici' m •j'u- Consalvi soii|H>ounfi Ui-m- . a%^ a^-s^z ô*: !<t.- .1 h .u le croyoBÊ, qi^ 1* yi^mi^-^i t•^•ll^u! L<jxi?;* j<^ii*ui *, rintention ik = aâ^^i.ijiHr t Tu: il a^t?-. Vi -i-i. Deman^r ton; ^ ai*.»» c ft' v: c «••.vî*^.:, - •• i . . mier un repnseiiLa:. c PeTir. *. eia:. i^^a-a'-'^»- •• •" comm^Haei . l ul auu-r ^ji^- qu^ u»«.»iij; ..- ♦ . ses secTBi^ doL-. i;ur> «^..i*. a;*.»u.. - i i»** •• i.* •. .• dans la fauîi u-» *^^\ i|ui buiiit:u<*Kîi ». rhonneur ot : *ïL.:-t.t:uii u- u.:o».. moment! BoBaMar- c^a: u».* iu-«...
tant soit peu iLaîHsiii»'. --**- u
Italienne, 4a coui o*. it'^i.tait sans paraître s^tMi mvu*aussi ses intéréU. Afii--- i «. -•• tioD, et muni, |m>ui \n\k= \*. %. ^, .. d'un savant iUéologHsii |>*^:uj*...
général des Servîtes, M»' Spina se mit à suivre Bonaparte. Il arrivait à Paris vers le milieu de Juillet.
Les pourparlers commencèrent aussitôt. Est-il besoin d'avertir qu'en cette circonstance comme toujours le premier consul avait résolu de ne s'en rapporter qu'à lui-même? Il entendait rester de son côté l'unique négociateur. Des motifs particuliers l'engageaient à tenir à l'écart d'une si importante transaction son propre ministre des affaires extérieures, celui-là même dont il prenait, à cette époque, le plus volontiers les conseils dans tout ce qui regardait les rapports de la France nouvelle avec la vieille Europe. En sa qualité d'ancien évêque, M. de Talleyrand lui était en effet doublement suspect. Avec sa méfiance accoutumée, Bonaparte craignait de le trouver, ou mal disposé pour une église dont il s'était publiquement séparé, ou trop porté aux complaisances, s'il voulait faire régulariser par elle sa rentrée dans le siècle. M. de Talleyrand devinait à demi-mot la pensée de son chef. Tranquille, indifférent, et, comme à son ordinaire, légèrement railleur, il acceptait parfaitement de se renfermer aussi longtemps qu'on lé voudrait dans son rôle purement offieiel, et se gardait bien d'offrir des avis qu'on ne lui demandait pas. Il fallait cependant des tiers pour traiter les questions de détail. Le pre-
mîer consol ft chois, p^juki it> liiîriHs ^r. iiiOfa' •* sein da consefl dPelaU 5* ?fM. F >r.i:~îr« -^'itc ♦* Bigot de Préameoeii. U^.:frï*T*j «l c li ^^-î— .<»*— tiqap, homme praîi^jt' *■: cz iï»f .!*•:. i"**i.r 7:iî«^ moins indîspeiisabk. E s^ 5tt:-iîi. ^i U^t'iz ôt .' tx:i:»t Bemier. Le rôk de Fs^i-itt I-rn-KT. > i& lut f r-ut d'Orléans, a été â c^z^iù^v: \t Lims- i^tif hLi..*^... qo'fl devient nêc«sîî:r> o^ ij* li e» •: îh: **îîf ai: excédents.
Bonaparte avaiî hAl% î*>it;î.^^:I»'* fif Tliô^ 3t*-nier, coré de Sain!-L£::i h JL:ie^- î'lit. ^i Ci'n:»*"*^ campagne d*Italie. Js3t? «r. iii>Ti#t'i.: «l- i» »i.t ii îi.fTi préparer, fl s^liit rS:r:^ 5r j;îiiiv: jrf ir s :ii'*rr de Tonesl. Déjà ni-a^ aTiii^ «^l r:»'/!rfe-;i a f ti^iMr'.i** comment, après le 1* ir-Tui/rî-- îi : "*• •. a o a.ip-*: à la goerre ciriîe ax^îî «eir :-"..' •ni^-ut-on iij »:..1i*^ par le prraûer c&n?îîl. y^.*^ ii : li? '.: > -»îf k •• /tiuî-tions pleines de resc-^^ >:-ir Li r^ fi .1 h vii-t i.; : populations de la YeîsSrîr ^.'j^ ih-r; r.i li* bir^?-— ► aux généraox Brcr^e *A c'5^ j:v^ ' .^- tii û* j**i» recommander de s* ci^Cïixrr ^i îi'^i* fu '»•'*:.'' catholique, tont-f-T-^r^îL! ii^ 'j^ 'VTVr^- ■> : .n si sage ranontait à -oc iK*^ f^jc i-r»^:»*:, t-i.' d'être mis à exêc-Bti-a t^s: B ■i-î'-vr/r. ,. iTt" '>*>•< été secrèlranent ëlat>ré. cck $i.'ii î^«v«' «vi 'J ''";*'^
rance, au fond de la Bretagne, entre l'abbé Bernier et quelques obscurs commissaires de la république française. L'avènement au pouvoir d'un homme aussi maitre de l'opinion que l'était alors le premier consul le rendait désormais praticable. Aussi, dès que Bonaparte fut installé aux ^Tuileries, l'habile curé de Saint-Laud eut soin de faire partout répéter que le moment était venu d'agir, et que, si l'on s'adressait à lui, il répondait de tout. « Faites entendre sous main que Je puis beaucoup dans le revirement qui se prépare, écrivait l'abbé Bernier à l'un de ses agents à Paris. Je suis disposé à seconder les vues du nouveau gouvernement. Parlez et faites parler, afin que mon nom retentisse. Les difficultés ne sont pas aussi insurmontables qu'an semble le croire. J'ai la confiance des paysans que je n'ai pas compromis dans cette dernière tentative; celle des chefs ne me fera pas défaut. Qu'on me fasse des propositions, qu'on vienne à moi, car vous sentez bien que je veux avoir la main forcée ; c'est même dans l'intérêt du gouvernement. Agissez donc comme si nous étions totalement inconnus l'un à l'autre. Une fois entré en pourparlers, vous verrez comme je mènerai la barque*. »
1. Lettre de l'abbé Bernier à Martin Duboys, Paris, 3 décembre
L'abbé Bernier n'exagérait en rien retendue réelle de son action sur ses compatriotes de Fouest. Dès le début de l'insurrection vendéenne, cette action avait été prépondérante. Autant que les appels aux armes de leurs seigneurs, les pieuses prédications du curé de Saint-Laud avaient contribué à soulever de toutes parts les paysans du Bocage. Aux jours de bataille, sa parole vive et toute populaire avait, plus que celle d'aucun de leurs chefs les plus aimés, servi à exalter les courages. Quand, après les premiers triomphes, était venue l'heure des revers, il n'avait pas montré moins de résolution et d'habileté. C'était lui qui, par ses vigoureuses exhortations, par ses démarches infaigables, mais surtout en prêchant d'exemple, avait le plus contribué à soutenir les espérances et à prévenir les défections. A ces rares qualités, l'abbé Bernier joignait toutefois de fâcheux défauts: ses ennemis lui reprochaient d'être ambitieux, défiant, avide d'argent, difficile à vivre, et de vouloir, à tout prix, dominer partout. Il avait joué un rôle funeste dans les querelles intérieures qui n'avaient point tardé à diviser entre eux les chefs de l'insurrection. L'obscurité de sa naissance et ses inclinations personnelles avaient naturellement porté le curé de Saint- Laud à rechercher la sympathie des classes infé-
rieures de la Vendée de préférence à la faveur des genlilshomnies qui leur servaient de commandants. Aux yeux de ces derniers, il passait pour être mécontent et jaloux de leur influence. Cependant, comme son concours était indispensable, ils n'avaient point cessé d'employer sa prodigieuse activité tantôt à organiser, autant que possible, l'administration des divers corps de l'armée royaliste, tantôt à écrire leurs proclamations, le plus souvent à correspondre avec les princes émigrés et leurs partisans à l'étranger. Bernfer était l'homme de plume du parti, son conseiller principal, son unique diplomate, partant possesseur de tous ses secrets. Après la mort des La Rochejaquelein et des Lescure, lorsque la Vendée se souleva sous l'impulsion combinée de Charette, de Bertrand de Marigny et de Stofflet, l'importance personnelle de Bernier grandit encore. Il chercha à devenir le chef de ce triumvirat. Charette, à qui le curé de Saint-Laud offrit ses services, s'attira sa haine pour les avoir refusés. Les allures indépendantes et quasi féodales de Marigny lui avaient toujours répugné; il parvint au contraire à se rendre facilement maître absolu de l'esprit du garde-chasse Stofflet. D'après les témoignages du temps, ce fut lui qui, par ses obsessions, arracha au tribunal militaire des Vendéens la
OUVERTURE DES NÉGOCIATIONS AVEC ROME Kl
condamnation à mort de Afarigny et plus tard au malheureux Stofflet Tordre de le fusiller. Lorsque cette dernière prise d'armes de la Vendée expirante eut définitivement échoué, Bernier, pendant quelque temps, se tint à peu près tranquille. Il ne voulut s'associer en aucune façon au mouvement de 1799. Bien avant cette époque, on l'avait déjà vu entrer en pourparlers avec le général Hoche, et celui-ci, sans montrer beaucoup d'estime pour le curé de Saint-Laud, sembla dès lors fonder les plus grandes espérances sur son intervention *.
Cette conduite d'un homme qui, lassé de la guerre civile, cherche non-seulement à s'en retirer, mais à pacifier les contrées qu'il a contribué à jeter dans les voies de la résistance armée, n'a rien en soi de blâmable ; elle a même droit à de justes éloges, à une condition toutefois: c'est d'avoir été uniquement inspirée par l'amour du bien public. 11 est nécessaire que le passage d'un parti à un autre s'opère avec franchise et netteté, et qu'il ne puisse être im-
i. « ... L'abbé Bernier est un prêtre comme il nous en faudrait vingt ici. Il juge les choses de haut, et n*a pas Tair de tenir beau-* coup au parti, royaliste, qui s'en va... Dans une circonstance difficile, je pense que le gouvernement pourrait compter sur son ambition encore plus que sur son zèle.*'» (Lettre de Hocbe» décembre 1795.)
puté à la poursuite d* un but égoïste et d*uD avantage particulier. Malheureusement pour la mémoire de Tabbé Bernier, il est aujourd'hui avéré qu'au moment même où \\ témoignait, vers la fin de 1795,- au général Hoche l'envie d'abandonner le parti royaliste, ses sollicitations étaient plus ardentes que jamais pour obtenir des princes émigrés une nouvelle marque de leur confiance. Peu de temps après (23 février 1796) il recevait d'eux le titre d'agent général près des puissances belligérantes.
Même tactique en 1799. Bernier, déjà décidé à traiter avec le premier consul de la soumission de la Vendée, avait, au mois de novembre, dépêché un de ses affidés à Londres pour se faire envoyer des pouvoirs encore plus amples que ceux naguère accordés à l'ancien agent général, et c'est muni d'une commission signée par le comte d'Artois qu'à la conférence de Montfaucon il avait, le 18 janvier 1800, fait mettre bas les armes à tous les insurgés de la rive gauche de la Loire. En conseillant à ses amis de se soumettre au nouveau gouvernement, l'abbé Bernier ne se fit pas faute de leur affirmer que le général Bonaparte ne travaillait que pour les Bourbons, et que, nouveau Monk, il allait bientôt leur rendre l'héritage de leurs ancêtres. Au fondt il n'en croyait
OCVERTTRE DES NÉGOCIATIONS A\EC ROUE ^s
rien. Hors les simples paysans, qui s'en rapportaient aveuglément à sa parole, personne n'en fut dupe en Vendée. La situation de Bernier devint donc de plus en plus compromise. Cest pourquoi il obtint du général d'Hédouville d'être conduit à Paris. A peine débarqué, il eut bâte de se mettre en rapport avec kpremier consul qui, tout de suite, le goûta beaucoup. La correspondance du premier consul témoigne qu"à partir de ce moment Tabbé Bernier se voua tout entier, corps et âme, à la fortune de son nouveau protecteur. Telle était la personne qu'avait cboisie Bonaparte pour lui servir de principal intermédiaire dans les négociations avec M^^ Spina.
Cependant l'affaire du concordat ne devait pa^ ^ traiter uniquement à Paris, mais au^>i à Rome, et là par d'autres mains et dans des dispositions un peu différentes. Des conféfenœs de l'abbé Bernier avec renvoyé da saint-^âége il n'était sorti que proi^^ls ' d'arrangements déclarés par le pape abH>luH»^iit inadmissibles, parce qu'ds étaient, d'âpre ropinW»n de son secrétaire d'état, le cardinal Con^alvî, tout à fait opposés aux maximes fondamentales de la kUgion et aux lois les plus sacrées de l ézli^ *- H^Mr^«-