Correspondance du cardinal Caprara, 18 avril
i08 L'ÉGUSE ROMAINE ET LE PREMIER EMPIRE
de fois Consalvi avait eu soin, dans ses dépêches, de faire remarquer au représentant du saint-siége « que Sa Sainteté n'avait donné d'autres espérances aux évêques intrus que celle de les réconcilier avec l'Église. Jamais le pape n'avait parlé de les rétablir dans l'exercice de leur ministère et dans leurs fonctions épiscopales ^ 11 avait poussé la précaution jusqu'à recommander au légat de s'abstenir pour le moment de faire usage du pouvoir qui lui avait été accordé d'absoudre et de reconnaître les ecclésiastiques ordonnés par les évêques intrus; il devait se borner à les admettre à la communion laïque *. Placé entre des prescriptions si positives et les exigences du premier con i, qu'allait faire le légal? Réduit à une aussi cruelle extrémité, il en vint à penser qu'il valait mieux, s'il y avait à faire une si énorme concession, qu'elle lui fût imputée plutôt qu'au pape. C'est pourquoi, tout en protestant qu'il agissait sous la pression des circonstances, en vue du bien si précieux de l'unité, par crainte de perpétuerle schisme en France ou d'y introduire un schisme nouveau, il annonça, quoiqu'on pleurant, qu'il consentirait à instituer le
1. Dépêche du cardinal Consalvi au cardinal Gaprara , 7 avril