‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inéditesChapitre 47 sur 111 · Ibtd · texte numérisé non relu

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évêques constitutionnels ; mais il mettait une condition à cette complaissance : c'est que les ecclésiastiques désignés par le premier consul feraient préalablement acte de soumission au pontife romain, et cela de la manière et dans les termes exprès qui lui avaient été impérieusement prescrits par le saintsiége.

Les choses se trouvaient en cet état, lorsque le jeudi suivant, qui était le jeudi saint, les évêques constitutionnels se rendirent à dix heures du matin chez le légat. Après les avoir convenablement reçus et charitablement exhortés à ne donner à l'avenir que des sujets d'édification, le cardinal leur présenta à signer la lettre qu'ils devaient adresser au pape; mais d'une voix unanime ils s'y refusèrent 4ous. Ils se dirent prêts à signer une autre lettre dont la formule avait été concertée avec le premier consul et M. Portails, On se sépara sans pouvoir s'entendre. Dans la soirée, M. Portails et M. Bernier se présentèrent chez le cardinal Caprara pouf l'entreprendre ensemble et séparément sur le même sujet, et toujours de répéter, comme ils l'avaient fait tant de fois, tt que refuser les termes de la lettre des constitutionnels, c'était même chose que vouloir tout détruire. Il était impossible d'obtenir du premier consul cequ'exi-

geait le légat. » Cela ne servirait qu'à fomenter la vanité, l'orgueil et les prétentions de la cour de Borne, disait M. Portalis, qui était le plus animé des deux messagers du premier consul. Il se sejrvit même d'expressions si dures que Caprara n'ose les rapporter; cependant il ne persuada pas le légat. « Au point où l'affaire en était venue, le pape lui-même ne pourrait se prêter à rien, car elle ne concernait plus seulement la discipline : elle touchait au dogme ^ » Il resta donc inébranlable.

Le lendemain, c'est-à-dire le vendredi saint, après avoir passé une nuit pleine d'angoise, le cardinal Caprara reçut, vers onze heures du malin, la visite de M. Bernier. L'évêque maintenant consacré d'Orléans aborda le nonce avec une grande solennité. (( Mon Éminence, lui dit-il , il dépend de vous que la France reste schismatique et athée,- ou qu'elle redevienne catholique. Les préparatifs faits pour que le jour de Pâques vous célébriez solennellement la messe et que vous chantiez un Te Deum eh action de grâces de la conclusion de la paix, sont, à l'heure où je vous parle, suspendus. Votre Éminence peut, selon moi elle doit, malgré ses instructions, remédier aux

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