Le cardinal Caprara au cardinal Consalvi, 13 juin
A ces pressantes objurgations de l'ancien éveque d'Aulun, le cardinal Caprara répondit avec assez d'àpropos et de fermeté : « Monsieur, le bienfait de l'unité et de la paix me tienneQl à cœur autant qu'à qui que ce soit; mais je ne puis le procurer que par des voies qui ne blessent pas ma conscience et ne me rendent point prévaricateur. » — « Vous êtes maintenant averti des dispositions du premier consul, répliqua M. de Talleyrand en se retirant, et vous savez ce qui doit advenir. Réfléchissez et calculez d'avance les conséquences qui découleront de votre détermination, non-seulement pour la France, mais pour les États voisins qui sont en relation avec ce pays. Tâchez donc, en conciliant les choses, d'apaiser la tempête qui s'élève, et songez que de là uniquement dépend ou la conservation ou la ruine totale de la religion et de l'Église*.»
Les angoisses du cardinal-légat redoublaient ; une anxiété extrême troublait son cœur, qui ne s'était point encore remis de ce qu'il avait souffert dans son entretien avec le premier consul. Cependant aucune trêve ne devait lui être accordée. Le lendemain au matin, l'ancien archevêque de Bordeaux, nommé ré-