Dépêche à M. Cacault
une proclamation récente, il avait dit : « La voix du chef de l'Église s'est fait entendre aux pasteurs; ce qu'il approuve, le gouvernement l'a consenti, et les législateurs en ont fait une loi de la république ^ )> L'allocution pontiGcale, si précise sur ce point, jetait bas tout cet habile échafaudage, et faisait connaître aux moins clairvoyants l'état réel des choses.
Le premier consul en était d'autant plus irrité, qu'il portait en ce moment la peine commune à tous les gouvernements qui n'ont souci que d'envelopper leur politique du plus profond mystère. Les paroles prononcées par Sa Sainteté avaient franchi les monts malgré les soins de la police. Les malveillants leur avaient donné une signiOcation et une portée qu'elles n'avaient point; un certain trouble avait gagné les rangs du clergé, où déjà circulait le bruit qu'une rupture était imminente entre le pape et le premier consul au sujet des lois organiques. Afin de couper court à ces nouvelles mensongères. Napoléon se résigna, bien à contre-cœur, à faire insérer l'allocution pontificale dans le Moniteur ; mais en même temps, pour en atténuer l'effet et infirmer aux yeux du public la condamnation prononcée par le pape contre