‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inéditesChapitre 68 sur 111 · Moniteur du Î7 germinal an x (avril · texte numérisé non relu

Moniteur du Î7 germinal an x (avril

les- lois organiques, il eut soin d^ajonter, eu dehors de toute vérité, par une note insérée dans la feuille officielle, qu'il ne s'agissait là que de Tune des réserves habituelles à la cour de Rame, qui lui servaient depuis tant d'années à réclamer contre les libertés de l'Église gallicane * .

Survint bientôt une autre affaire qui touchait moins à la conscience de Pie VII, mais qui atteignait au plus haut point sa dignité de souverain et de pontife» Le premier consul, toujours ardent à tirer des résolutions qu'il avait prises tous les avantages qu^elles comportaient, mit tout à coup en avant, sôus une

1. Moniteur du mardi 19 prairial an x. —Il en coûtait peu an premier consul et plus tard à Tempereur de mettre au Moniteur des assertions qui n'avaient rien de fondée et parfois aussi d'arranger à sa guise^ et toujours à son avantage , les documents étrangers qui avaient trait aux affaires de France. En ce qui regarde la cour de Rome, cette habitude commence aux jours de ses premiers rapports avec elle, et depuis n'a guère cessé. En voici un exemple : dans la bulle de ratification dn concordat, le saint-père donne an premier

consul le titre de vir illustris, et ajoute Deus,.. eadem cupiditate finem tôt malts imponendi inflammavit eum, — Le' Moniteur, qui mit d'ailleurs le texte original en regard , traduit pour ceux qui ne savent pas le latin : « Dieu a fait naître dans le cœur généreux de l'homme célèbre et juste les mêmes désirs... » Dans ce cas particulier, la fausseté de la traduction est plus puérile qu'elle n'est importante, mais elle fait nombre, et nous en rencontrerons prochainement d'autres , et de plus graves.

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forme singulièrement brusque, quelques-unes de ces exigences impérieuses dont le refus ne manquait jamais d'exciter sa colère. Puisque la France nouvelle était maintenant réconciliée avec le saint-siége, il fallait qu'on lui accordât des cardinaux. La désignation qu'il en ferait lui-même, leur présence à Paris dans le groupe des personnages officiels qui étaient en train de former peu à peu autour de lui une véritable cour, ajouteraient encore au prestige dont il était alors, par ambition politique plus que par vanité personnelle, si désireux de s'environner. « Il y a cinq places de cardinaux vacantes au sacré collège, écritil au minisire des relations extérieures; vous ferez savoir au citoyen Cacault que je désire que ces places soient données h la France... Le citoyen Cacault fera connaître que le cçirdinal Montmorency, loin d'être Français, devrait être destitué, puisqu'il a refusé ; que Rohan est évêque d'Allemagne... Du reste, je m'en rapporte au pape. Si on n'adhère pas à ma-juste demande, je renonce dès ce moment à toute nomination de cardinaux, parce que je préfère que la France n'ait rien de commun avec le sacré collège à ce qu'elle soit moins bien traitée que les autres puissances'. »

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