‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inéditesChapitre 9 sur 111 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mécontentement de l'Autriche. — Elle Tent faire venir ~le pape à Tienne. — Elle envoie le marquis GUislieri signifier qu'elle entend garder les légations, et demande à Pie YII de les lui céder officiellement. — Refus du pape. — Le cabinet de Tienne le fait partir par mer pour Pesaro, afin qu'il ne traverse pas les légations. — Arrivé à Pesaro , le pape apprend la défaite des Autrichiens à Marengo. — 11 entre dans Rome, évacuée par les armées napolitaines.

Ainsi qu'il était facile de le prévoir, tandis que la joie éclatait dans le conclave (ît à Venise, la déception à Vienne était amère. Ce qui fut tout à fait inattendu, c'est la façon dont la cour impériale crut devoir témoigner son mécontentement. Il est d'usage que le pape soit couronné huit jours après son élection. A Rome, cette magnifique cérémonie a lieu en grande pompe dans l'église de Saint-Pierre. Chacun à Venise -pensait qu'elle s'accomplirait dans la basilique de Saint-Marc. Les agents impériaux eux-mêmes s'y attendaient; mais les ordres n'arrivèrent point, ou du moins on prétendit n'en avoir jamais reçu, non plus que l'autorisation de dépenser le moindre argent

pour celte solennité. Pie VU, afin de ne faillir ù aucune des traditions de la papauté, voulut toutefois être couronné dans la petite église Saint-Georges, contiguè au monastère où s'était tenu le conclave. Les frais de la cérémonie furent couverts par les dons volontaires des fidèles, sans quMl en coûtât une obole à la cour impériale. Le soir, tous les palais, les plus simples maisons, toutes les places et tous les canaux de Venise étaient illuminés a giorno. Seuls, les édifices du gouvernement autrichien restèrent dans l'obscurité. Pourquoi ces signes de mauvaise humeur? C'est que le couronnement du pape était le signe extérieur et comme la consécration officielle de sa souveraineté temporelle. Or la chancellerie impériale ne voulait, pas restituer au saint-siége les provinces qu'elle occupait depuis la retraite des troupes françaises. Dans l'espoir de nouvelles victoires, elle se flattait même que l'aigle germanique étendrait

bientôt son vol au delà du Capilole ^ Quoi d'étonnant si le cabinet de sa majesté impériale nourrissait de semblables desseins? Ils ne difl'éraient en rien de ceux que mettaient alors à exécution les princes d'une autre famille souveraine qui ont longtemps

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