‹ L'Église romane de Saint-Sulpice (Vaud) et sa retauration: ÉtudesChapitre 3 sur 8 · DE M. LE PASTEUR REDARD · texte numérisé non relu

DE M. LE PASTEUR REDARD

présidant la séance du lo juin 1888.

Soyez les bienvenus, sous ces voûtes vénérées, chers et nombreux visiteurs.

Votre présence en ce lieu témoigne de votre sympathie pour des questions d'un ordre supérieur à celui des intérêts matériels qui, généralement, hélas ! envahissent notre vie et absorbent nos pensées.

Nous voici préoccupés de la restauration de notre église. Tune des plus anciennes du pays.

Le sujet annoncé, et que se propose de développer ici ]\I. le pasteur de Perrot, est : Saint-Siilpice et son te7nple.

Sujet intéressant ; — intéressant pour la commune et sa population : il s'agit de son lieu de culte ; — intéressant pour le pays luimême : il s'agit d'un antique monument faisant partie de son histoire et y occupant une place qui est loin d'être sans valeur; — intéressant enfin pour les amateurs d'art et d'archéologie : il s'agit d'un spécimen d'architecture romane, — original et rare, — et que nous devons être jaloux de conserver.

Depuis longtemps déjà, privé de sa belle et grande nef, n'offrant plus à la vue que sa tête vénérable, notre pauvre invalide a traversé des jours d'amère tristesse et de véritable péril. Il a souffert les outrages de l'aveugle ignorance. Il y a plus : mutilé, il a failli tomber en des mains étrangères ; peu s'en est fallu que, au

commencement du siècle, un inqualifiable marché n'ait été conclu et que l'on n'ait assisté à sa démolition ou à sa déchéance.

Nous ne voulons pas que pareil danger puisse renaître jamais. Nous voulons que notre temple, restauré et purifié, dégagé de ce qui le dépare, réapparaisse dans sa physionomie première et dans son antique majesté. Nous manquerions de foi et de patriotisme en tardant plus longtemps à apporter les réparations que réclame son état de délabrement. Voilà le motif de la réunion et de la conférence de ce jour. C'est un premier pas accompli. Nous remerciojis M. de Perrot de vouloir bien nous donner le concours de sa généreuse activité, de nous aider dans l'œuvre importante que nous entreprenons et sommes décidés à poursuivre, avec l'aide de Dieu, jusqu'à son entier achèvement.

Page 1