‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 108 sur 193 · Gallia christiana^ XUI, cat · texte numérisé non relu

Gallia christiana^ XUI, cat

Garonne et de FAriège , où Févêque de Sponde devait encore retrouver, après trois siècles, des foyers mal éteints de leur révolte religieuse, ravivés par les nouvelles résistances des huguenots.

Les vaudois, qui s'attaquaient particulièrement à la discipline ecclésiastique et soulevaient Findépandance des laïques contre le clergé, avaient survécu aux croyances dualistes des cathares et c'étaient eux surtout que l'Inquisition désirait atteindre. Déjà les Toulousains avaient vu à Saint-Étienne bien des sermons publics, comme on les appelait, et dans les années précédentes ceux de 1276, de 1307, de 1309, de 1311, de 1312, de 1317.

Le dimanche, 30 septembre 1319, Bernard Gui et Jean de Beaune, inquisiteurs dans le royaume de France par l'autorité apostolique, se rendirent à la cathédrale où furent amenés tous les prisonniers détenus à Toulouse. Les grands vicaires voisins s'y rendirent de même, et Bernard Gui reçut les pouvoirs des évêques qui n'avaient pu envoyer des délégués pour juger les accusés de leurs diocèses. Le sénéchal, le viguier, le juge mage et les douze consuls de Toulouse prêtèrent serment de conserver la foi de FÉglise romaine et de ne commettre aucun office public à des hommes suspects d'hérésie. Les inquisiteurs lurent ensuite les noms de vingt accusés condamnés à porter des croix de feutre sur leurs habits, qui furent graciés. Ils firent grâce de même à cinquante-six prisonniers, à la condition qu'ils

porteraient ces croix de feutre jaune cousues à leurs vêtements, sur la poitrine et sur les épaules.

Quatre hommes et une femme qui avaient fréquenté les hérétiques, furent condamnés à des pèlerinages. Vingt autres, aussi des deux sexes qui avaient favorisé les vaudois et participé à leurs cérémonies, durent se rendre à diverses chapelles très fréquentées à cette époque par les pèlerins, à Saint-Vincent de Castres, à Saint-Paul de Narbonne, à Saint-Guilhem du Désert, à Sainte-Marthe de Tarascon, à Saint-Maximin en Provence, à Saint-Antoine de Viennois, à Notre-Dame du Puy en Velay, à Saint-Séverin de Bordeaux, à Notre- Notre-Dame de Rocamadour, à Saint-Martial de Limoges, enfin jusqu'à Notre-Dame de Chartres, Saint-Denis de Paris et Saint-Louis de Poissy.

Vingt-sept hérétiques qui étaient entrés dans des commerces plus étroits avec les vaudois et s'étaient initiés à leurs mystères , furent condamnés , ainsi qu'un juif relaps, à la prison perpétuelle, quelques-uns avec les fers aux pieds et aux mains. Les biens de plusieurs accusés déjà morts furent confisqués, et les ossements de huit d'entre eux furent exhumés et brûlés sur la place Saint-Étienne. De même , les ossements d'un homme qui avait prétendu célébrer la messe et consacrer l'hostie sans avoir été ordonné ; de même encore ceux d'une femme relapse.

Enfin, après avoir lancé une information contre quatorze hérétiques contumaces, on livra au bras séculier

trois vaudois ou pauvres de Lyon relaps, et un quatrième qui avait rétracté sa confession, disant qu'elle lui avait été arrachée par les tourments qu'on lui avait fait subir; on lui donna toutefois quinze jours pour se reconnaître.

Les informations et condamnations furent lues en langue vulgaire ^

Le dominicain Guillaume de Laudun, successeur de Jean de Gomininges (1327-1345), fonda le 10 décembre 1340, les quatre prébendes de Saint-Dominique dans la chapelle du fondateur de son ordre.

Geofroy de Vayroles, frère de Gaucelme de Vayroles, sénéchal de Quercy (1361-1376) , fonda quatre autres prébendes avec charges de prières et d'offices pour son àme, dans la chapelle de Sain te- Anne et de Saint- Joachim, où il voulut que ses restes fussent déposés 2.

1. Limborch. Liber sentenliarum , p 230. Histoire de Languedoc, IX, p. 38G.

2. Aujourd'hui chapelle des reliques. Gallia chrisliana XIII, p. 41; Arch. delà H.-G^ fonds de rarchevéché, registre de Gas ard Sorèze, c. 314, f' 35 verso.

Une effigie tombale déposée au Musée, est donnée par le catalogue comme celle de Geoffroy de Vayroles*. Mais cette attribution paraît fort douteuse. D'abord ni Bertrandi , ni Catel, qui mentionne cependant le vitrail de la chapelle où Pierre de Saint-Martial et son frère sont représentés, ni aucun autre chroniqueur toulousain, ne parlent de cette statue, assez digne cependant d'être remarquée, puisqu'elle eut été la seule de son espèce dans la cathédrale. Puis, les écussons représentés sur lej'coussin , portent des bandes fort diffé-

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