lioschach. Catalogue du Musée de Toulouse, bP
Jean de Gardaillac, successeur de Geoffroy de Vayroles (1378-1390), contribua puissamment par son^ habileté et son éloquence, comme par l'influence que sa famille exerçait dans le Quercy, à ramener les villes de la Guienne à l'obéissance du roi. Il donna à sa cathédrale, avant de partir pour Paris en juillet 1383, des vases sacrés et des joyaux, avec le reliquaire d'argent en forme de tête, soutenu par deux anges de vermeil et couronné par la
rentes des vairs, armes parlantes qu'un ancien armoriai déposé à l'archevêché, donne à Geoffroy de Vayroles.
L'archevêque, couché, les yeux clos, les mains jointes, les pieds reposant sur un lion, porte une mitre ornée de quatrilobes et d'arcatures ogivales, le pallium, la chasuble relevée sur les bras, la tunique à larges manches, frangée de fourrures par-dessus Taube et sous la chasuble, le manipule et l'étole.
L'amict serré autour du cou se montre à peine entre l'ouverture de l'orfoi de la chasuble. Les gants sont décorés d'une plaque de métal, avec un quatrilobe, au milieu duquel on voyait autrefois sans doute un agneau ou une croix Le prélat porte l'anneau sur le gant. La crosse, retenue sur le bras gauche, se termine par un fleuron replié sur lui-même, et est entourée du linge appelé sudai^ium, en usage dans le Midi. La tête, d'un travail un peu mou, mais qui porte néanmoins des caractères d'individualité, s'appuie sur un coussin chargé de quatre écussons en relief.
L'exécution de cette efflgie tombale n'est pas aussi remarquable et aussi précieuse que celle de la statue analogue de Jean de la Teissandière, antérieure d'une trentaine d'années, due au ciseau de l'artiste qui avait sculpté les superbes statues de la chapelle de Rieux, dans lesquelles le sentiment sincère et nettement exprimé de la nature s'allie encore à la pureté des lignes comme à la gravité de l'expression.
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statue de Saint-Martial tenant l'ampoule pleine du sang du premier martyr, qu'il avait fait ciseler pour recevoir le fragment de la tête de Saint-Étienne avec la fiole, le sang et le pavé ^
Il fit fondre aussi, en 1887, la fameuse cloche qui perpétua son souvenir avec son nom même et que l'on sonnait dans les grandes solennités, tous les jours aussi au moment de l'élévation de la messe capitulaire.
Il mourut le 7 octobre 1390 et fut inhumé devant le maître autel du chœur, du côté de l'épitre, sous une dalle de marbre gris où son image est gravée.
L'archevêque porte la moustache et la barbe tombante. Il est revêtu du costume pontifical, aube, chasuble et pallium, mitre et croix primatiale entre les bras. Entre le pinacle et les clochetons de l'arcature trilobée qui le couronne, sont gravées les armes des Gardaillac ; un lion entouré de treize besans^. Le travail est vulgaire, toutefois le visage est évidemment très ressemblant.
Mais depuis déjà quelques années, une altération grave se produit dans la disposition des cathédrales. Les
1. Aj'ch. delà II. -G., fonds de Saint-Etienne, n" XXX, sac F G, l. Catel. [). 161. Ce reliquaire pesait plus de cent marcs d'argent; le dernier inventaire de ces reliques, ainsi que du fragment, de la vraie croix, conservé dans un reliquaire d'ivoire, d'un bras do saint Louis, des ossements de saint Alain et d'autres saints, avait été fait en 1255.
2. De gueules au lion, passant d'argent entouré de treize besans du même posés en orle. (E. Roschach, Catalogue du Musée de Toulouse, 656.)
l'église SAINT-lilTIENNË. 179
chanoines désirent s'enfermer dans leur chœur, dressent des clôtures et élèvent des jubés entre le choeur et la nef. L'église cesse alors d'être la vaste salle ouverte à l'assemblée fraternelle des fidèles, offrant parfois un asile aux réunions civiles où ils doivent prendre des résolutions importantes pour le bien de la cité. Ils ne peuvent plus même apercevoir les magnificences du culte, et ces changements, amenés peut-être par les turbulences populaires, mais aussi regrettable pour l'art monumental que pour l'union dans la prière, obligèrent à dresser un nouvel autel majeur pour le service paroissial.
L'ensemble et l'unité de l'église disparurent. L'inégalité des constructions de Saint-Étienne accusa davantage encore la séparation et il y eut deux églises dans une. Le jubé fut dressé entre les deux piliers après les cinquièmes chapelles des petites nefs, une travée en avant de celle où François de Joyeuse éleva plus tard le jubé plus monumental et plus haut encore ^ qui a été enlevé en 1866, pour réunir de nouveau les deux parties de la cathédrale. Les deux chapelles actuelles de Notre- Dame-des-A.nges et du Purgatoire n'étaient pas encore construites. Des bâtisses intermédiaires subsistèrent de l'ancienne abside du comte Raymond ou même peutêtre de l'évêque Izarn, et deux petites chapelles qui étaient restées debout , furent] utilisées pour établir les