‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 114 sur 193 · Voir le chapitre XIV · texte numérisé non relu

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sinon plus large que les deux portes latérales suivant la règle ordinaire et logique des églises ogivales, au moins d'égale largeur.

Plus probablement, Pierre du Moulin se décida à percer sa grande porte à côté de l'axe de la nef et non dans l'axe même et au-dessous de la rose, pour laisser ouverte , pendant la construction , l'ancienne porte de gauche dont la place semble indiquée par l'ébrasement dirigé vers le contrefort, prolongement du mur latéral. La trace d'un ébrasement pareil s'aperçoit sur le contrefort opposé, rappelant sans doute aussi une des portes, qui étaient probablement au nombre de trois. L'archevêque voulait surtout utiliser l'espace qu'il ménageait à gauche de son portail, pour y établir la chapelle des fonds baptismaux, auxquels il offrait leur place liturgique, à l'entrée de l'église, et cette destination leur

^ a été rendue après une longue interruption. Les enfants et les catéchumènes ne pouvaient autrefois entrer dans

' le lieu saint qu'après avoir reçu le baptême, et l'on pénétrait par l'extérieur dans le baptistère. Une porte ogivale , fermée aujourd'hui par un mur très mince , s'ouvrait en effet sur la place, et l'on se contenta pour tout ornement de sculpter au-dessus de l'angle en biseau, une figurine singulière dont on ne peut guère préciser le sens à travers les mutilations qu'elle a subi.

Cette petite chapelle était terminée avant la fin des travaux du portail, car l'ogive moulurée ouverte vers le midi, est masquée en partie par le pinacle de gauche.

Une voûte portant les caractères très accusés du quinzième siècle recouvrait cet espace , et reçut à sa clef une sculpture représentant la Vierge et l'Enfant -Jésus.

Le montant du portail ayant rétréci l'entrée vers l'église, on entailla le mur de façade, comme il est facile de voir pour dégager la petite porte ouverte sur la nef.

A l'extérieur, une ogive dressant ses archivoltes au même niveau que celles du grand portail , abrita la chapelle.

Le portail se compose de deux voussures alternant avec des moulures prismatiques , remplies , l'une par des feuillages de chardons frisés, sculptés avec franchise et vigueur, l'autre par les statuettes des douze apôtres, de saint Sernin et de saint Exupère, dont il ne reste plus que les dais et les crampons d'attache. Sur les pied-droits aux côtés de la porte, se dressaient les statues de Denis du Moulin à gauche du côté du clocher, et de Pierre du Moulin à droite.

Les deux prélats étaient revêtus de leurs habits pontificaux et leurs armoiries étaient sculptées sur les écoinçons, au-dessus des voussures, où l'on voit encore la trace du grattage qu'on leur a infligé, celles de Denis du Moulin, patriarche d'Alexandrie, timbrées d'une double croix, et celles de son frère d'une simple croix d'archevêque

1. Catel, p 937, armes des dn Moulin : d'argent à la croix ancrée de sable.

Le pilier central, orné d'élégantes arcatures assez semblables à celles des piliers de la clôture du chœur de Sainte-Cécile d'Albi, mutilé vers 1830 pour donner passage à un dais de procession , portait autrefois une statue de saint Etienne, que la Révolution abattit comme celles des deux archevêques.

Les voussures sont couronnées par une accolade un peu lourde comme le paraissent toujours les arcs en contre-courbe pour les grandes dimensions, garnie de crosses rampantes, et deux pinacles en pyramides les maintiennent.

Un banc règne sur la profondeur de Fébrasement. Le portail n'a jamais reçu le complément qu'il attend encore, un tympan sculpté. Ce n'en est pas moins un bel ouvrage.

On aperçoit sur le socle de la statue de Denis du Moulin un monogramme L% et le monogramme ou chiffre sur celui de la statue de son frère.

Une galerie, munie d'une balustrade, se prolonge audessus, ainsi que sur le petit arc surmontant les fonts baptismaux, jeté entre la porte et le clocher. Elle était ouverte déjà au-dessus des portes romanes, de même qu'à Saint-Sernin et l'on y accède de l'intérieur de l'église par deux escaliers ménagés dans les deux extrémités du mur de façade. Un de ces escaliers est fermé aujourd'hui et le seul qui soit demeuré ouvert à côté de la chapelle de l'Agonie, conduit aussi à la tribune surmontant le tambour de l'entrée.

190 HISTOIRE DE TOULOUSE CHllETIKNNE.

Pierre du Moulin reconstruisit les bâtiments de l'archevêché donnant sur la place, et entreprit encore au château de Verfeil de grandes réparations que la mort ne lui permit pas d'achever^ Il mourut de la peste au château de Balma, le 3 octobre 1451, et fut inhumé dans le chœur de sa cathédrale sous une dalle, où il est représenté, très simplement gravé au trait, sous une arcature à pinacle feuillu et à clochetons, revêtu de la chasuble, coiffé de la mitre et la croix passée en sautoir sur le bras gauche.

Bernard de Rousergue, prévôt du chapitre, puis éveque de Bazas et de Montauban, fut élu par les chanoines le 13 juin 1452 et confirmé par Nicolas V, le 3 janvier suivant. Il avait professé pendant vingt années à l'Université de Toulouse, dont il fut une des gloires, et chacune de ses lectures solennelles lui attirait des acclamations triomphales.

Il fut aussi un des plus insignes bienfaiteurs de sa cathédrale. Il donna, le 22 janvier 1463 2, les belles orgues, composées de cinq parties qu'il lit placer sur le jubé au-dessus de la porte principale de l'entrée du chœur, et de l'autel de Corpore Cfiristi. Un grand orgue au milieu était surmonté d'un orgue plus petit, au-dessus duquel s'élevait la statue de bois d'un ange aux ailes éployées.

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