Bertrand!, de Gestis thol.. f^ Î7 verso
2. 1.64. Arch. de la H.-G., fonds de Saint-Etienne, n« XXII, 1. 1, t. 26.
Au-devant était un petit orgue disposé comme l'est aujourd'hui le positif. A droite et à gauche deux orgues, qui s'accordaient avec les trois premiers, lorsqu'on voulait les faire résonner ensemble, étaient cédés aux deux confréries de Corpore Christi et de Saint-Étienne, tandis que le grand orgue qui était au milieu avec celui qui le surmontait, le plus petit des cinq, et l'orgue antérieur, étaient exclusivement réservés au chapitre, sans qu'il eût même la permission d'en aliéner l'usage.
Ce vaste buffet d'orgue est un des premiers, par son importance comme par sa date, qui soit aussi nettement décrit dans les archives des églises. Jusqu'au quinzième siècle, on ne jouait que sur des instruments de grandeur médiocre, que l'on pouvait transporter et renfermer après les cérémonies dans des meubles posés dans le chœur ou sur les tribunes
Les boiseries de l'orgue, avec leurs tuyaux d'étain placés en montre, couvraient la longueur du jubé depuis le pilier de l'autel du crucifix, jusqu'au pilier de l'autel sous l'invocation de saint Barthélémy, l'un des deux autels placés aux côtés de la porte du chœur. L'autel de Corpore Christi était le second de ces autels ; sa confrérie se
1. VioUet-le-Diic : Dictionnaire^ II, p. 252. Voir aussi le rapport de M. F. Clément, adressé, en 1849, au ministère des cultes sur l'orgue de Saint-Etienne. Un des anges peints au quatorzième siècle, sur les murs de la chapelle Saint-Antonin, ouverte sur le cloître du couvent des Frères Prêcheurs de Toulouse, joue d'un de ces orgues portatifs.
servait de l'orgue placé auprès du pilier de l'autel du Crucifix et la confrérie de Saint-Étienne de l'orgue placé à l'autre extrémité du jubé.
On voyait donc trois autels au devant du jubé, dont un au moins devait être placé dans une des chapelles voûtées, dont parle CateP.
Bernard de Rousergue donna encore les stalles du chœur qui furent brûlées en 1609, de même que les orgues, le beau reliquaire de vermeil, supporté par deux anges, avec un piédestal d'argent, orné de ses armes, qui contenait un fragment de la vraie croix et que l'on montrait aux fidèles le Vendredi-Saint, et une belle croix processionnelle garnie de pierreries, dans laquelle il fit enfermer aussi un petit fragment de la croix du Calvaire.
Il fit construire ou du moins terminer et voûter la dernière chapelle du collatéral nord, ainsi que la dernière travée du collatéral au devant de cette chapelle, dont la clef de voûte est formée par son blason qu'encadrent richement des ogives trilobées 2. Les meneaux de la fenêtre, bouchée aujourd'hui, mais qui s'aperçoivent de la petite rue longeant l'église, munis encore de leur vitrail, datent du même temps, et s'infléchissent suivant les contours compliqués dans lesquels se perdaient les derniers raffinements de l'art ogival.