Chapelle de l'Agonie
2. Manuscrits de la cathédrale de Toulouse, attribués par Bertrandi à Bernard de Rousergue; tous ne sont pas de lui, et les derniers avaient été seulement réunis par ses soins : louanges de la Vierge; Cantiques en l'honneur de la Vierge; Verger rose sur la Salutation angélique ; Itinéraire romain. Méditations sur le ^'agnificat ; Traités des anciens pères sur l'Apocalypse en l'honneur de la Vierge; Huit sermons en l'honneur de la Vierge; oraisons quotidiennes à la Vierge; de Cent miracles solemnels en l'honneur de la Vierge ; volume en parchemin, enluminé contenant quatre livres sur saint Etienne et Abel, premiers martyrs, un de ceux qui étaient déposés dans le chœur de Saint-Etienne; grand volume de sermons conservé et maintenu par des chaînes de fer dans la bibliothèque commune de la cathédrale; autre volume de Sermons; lectures sur le livre des quatre sentences, pour les examens des licenciés; six volumes de droit canonique ; actes du siège apostolique et de l'Eglise universelle, réunis par l'archevêque en neuf volumes; autres ouvrages sur l'église gallicane, les louanges de la
Le savant et pieux archevêque fonda quatre obits dans sa cathédrale, qui devaient être célébrés la veille de la fête de saint Gabriel, la veille de la fête de saint Thomas
France, du royaume, et du dauphin du Viennois, sur l'art du blason, sur la Vie et les miracles de saint Bernard, sur la Croisade contre les Turcs, sur la Visite des paroisses et des cas réservés, sur les Annales de la cité de Toulouse, sur les Deux sexes, sur les Douze signes des six planètes et leurs courses, sur les Pierres précieuses, sur l'Histoire de Cliarlemagne. (Bertrandi, Gesla Ihol ., P 48; Molinier, Catalogue des manusanls de la bibliothèque de Toulouse; introduction XLVII, p. IX).
De tous les nombreux manuscrits que possédait la cathédrale de Toulouse, trois seulement sont conservés à la bibliothèque de la ville ; le numéro 67, datant du quatorzième siècle, qui traite du Cérémonial de la cour romaine; les numéros 108 et 109, contenant les Épitres et les Évangiles pour la lecture aux messes solennelles, avec lettres initiales peintes et ornées de fleurs peintes à la fin de chaque lecture, gravures intercalées et belle reliure, le tout du milieu du dix-septième siècle, enfin, le numéro 38^), le seul qui soit l'œuvre conservée de Bernard deRousergue, sur les Libertés de l'Eglise, dont Baluze a donné des extraits, venu du couvent des dominicains, où il était déjà dès la fin du dix-septième siècle. Plusieurs de ces manuscrits quittèrent, en effet, la cathédrale, lorsque des changements s'introduisirent dans la liturgie. Quelques-uns sont à l'étranger. M. Molinier a trouvé l'un d'eux à la bibliothèque de Soissons sous le numéro 56; M. Thomas un autre à la bibUothèque nationale faisant partie du numéro 2927 du fond latin et deux à la Nacional de Madrid, de Civitate Dei, n" 6'!, Yiindarium consolationis, n« 108. (Communication de M. Thomas à la Société archéologique du midi de la France; Bulletin^ nouvelle série, I. p. 96.) Un graduel de Saint-Etienne avec notations de chant grégorien, datant de la seconde moitié du onzième siècle est conservé au British Muséum sous le n° 4951.
d'Aquin, la veille de la fête de saint Bernard, et le service solennel au grand autel le jour de la fête de saint Marc, pape.
Ce fut sans doute aussi Bernard de Rousergue qui fit placer les clôtures de chœur en pierre remplacées, trois siècles après lui, par les belles grilles d'Ortet, et dont il ne reste que trois panneaux noyés dans les maçonneries du rétable, aux dernières travées de l'abside; encore la travée centrale est -elle juchée au-dessus du tombeau d'Henri de Sponde, qui la délogea. Elles se composent de quatre baies trilobées, surmontées de deux rangs de quatrefeuilles alternés, avec fleurons au sommet. Cet ensemble d'un bon style flamboyant décorait richement l'espace vide entre les piliers, mais les fines colonnettes jurent avec la base ample et puissante que leur fournit le dossier des bancs du treizième siècle.
Des grilles très simples dressent entre les colonnettes leurs montants carrés que couronnent, dans les trilobés, au-dessus de la traverse supérieure, leur prolongement contourné en têtes d'animaux ou terminé par une fleur de lis^
L'analogie des formes générales et des moulures de cette clôture de chœur avec celles du triforium porte à penser, à défaut de toute indication de textes, que ces deux décorations sont contemporaines. Le zèle de Ber-
1. VioUet-le-Duc, Dictionnaire^ VI, p. 73, avec un charmant dessin de la grille.
nard de Rousergue pour son église permet d'ailleurs de lui attribuer le dessein de poursuivre la construction du chœur et de le terminer, s'il était possible. La travée élevée par le cardinal d'Orléans au-devant de la première chapelle du collatéral sud présente des formes abâtardies fort différentes et évidemment postérieures.
Ce triforium élégant se sépare, fort heureusement d'ailleurs, du triforium très simple et nullement décoratif de la cathédrale de Narbonne, dont on avait perdu de vue sans doute à cette époque la parenté avec Saint-Étienne. Il remplit tout l'espace entre les piliers et se compose de six baies fermées par des arcs en anse de panier, surmontées de deux rangées de cercles enfermant des quatrefeuilles à jour. Les petits chapiteaux sont sculptés avec finesse et conservent les bonnes traditions comme les formes générales du siècle précédent. On ne put dépasser le bandeau supérieur de cette riche arcature, mais lorsque les fenêtres hautes furent dressées, au commencement du dix-septième siècle, leurs montants en suivirent fidèlement les lignes, au point que l'on pourrait croire au premier aspect que cet ensemble a été élevé en même temps.
A. l'angle inférieur, entre le triforium et le premier pilier du chœur, un ange porte un écusson sans armes, mais qui était destiné sans doute à recevoir celles de l'archevêque.
Bernard de Rousergue, ou l'un de ses successeurs immédiats, abandonnant toute pensée de reconstruire la