‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 118 sur 193 · DÉTIENNE · texte numérisé non relu

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nef sur le prolongement du chœur, joignit et clôtura ces deux parties dissemblables, par les deux mur? a angle droit formant le petit porche de la rue des Cloches. Les meneaux de la fenêtre ouverte dans l'axe de la rue indiquent la fm du quinzième siècle. Les assises de briques qui attendent encore la continuation du collatéral de Bertrand de risle furent laissées en arrachement.

Si les stalles et les orgues donnés par Bernard de Rousergue ont péri par le feu, il reste du même temps un banc conservé au Musée, qui était autrefois sans doute un de ces bahuts servant de bancs placés dans les sacristies, les salles capitulaires ou les bibliothèques des cloîtres, peut-être aussi un parement de banc d'œuvre. Il montre, dans une série de six panneaux carrés, les scènes de la vie et de la mort de saint Etienne. Le saint annonce au peuple la Bonne nouvelle ; il est mis en prison ; il est lapidé ; les anges veillent sur son corps et le préservent des bêtes féroces, suivant un récit de la légende dorée ; il est enseveli; son corps est apporté à Toulouse. Si petite en effet que fût la relique d'un saint conservée dans une église, on représentait ordinairement la translation du corps entier.

Un autre banc, postérieur de quelques années, venu aussi de la cathédrale au Musée, est orné de riches arcatures flamboyantes et daté, sur l'un de ses panneaux latéraux, par le parti de France et de Bretagne.

Bernard de Rousergue ajouta de nouvelles constructions au palais archiépiscopal, entre autres une salle, qui

était décorée par les roses de ses armoiries. Mais malgré ses munificences, il dépensait encore en aumônes la plus grande partie de son revenu, habillant les malheureux, dotant de pauvres filles, nourrissant des veuves et veillant avec une égale sollicitude à la santé des corps et des âmes.

L'archevêque fonda la confrérie de l'Immaculée-Gonception de la sainte Vierge envers laquelle il avait une dévotion spéciale. Il se démit de sa dignité entre les mains de Sixte IV, en faveur de Pierre du Lion ^

Il mourut le 18 mai 1474 et son corps reposa aussi dans le chœur de Saint-Étienne, sous une dalle gravée au trait, où l'on voit son image avec la crosse entre les mains jointes, sous une arcade ogivale accostée de deux écussons à ses armes, sommées de trois bonnets de docteur. Autour de l'évêque sont représentés plusieurs livres caractérisant le souvenir que la postérité doit garder du savant prélat 2.

Pierre du Lion, frère de Gaston de Malause, sénéchal de Toulouse, nommé par le pape Sixte IV, signala son passage sur le siège archiépiscopal par la procession générale ordonnée pour l'inauguration de la prière de VAn-

1. Bertrandi, Gest. thoL, P xlviii, recto; Catel, p. 939; Gallta chf^istiana, XIII, col. 50.

2. Pour les dalles tumulaires des archevêques de Toulouse avec leurs images gravées au trait et leurs inscriptions, voir les numéros 606 à 660 du Musée et le Catalogue de M. Roschach, pp. 229 et 230.

j gelus, appelée à cette époque, comme on l'appelle encore en Italie, VAve Maria.

Son nom est tracé sur un des premiers missels imprimés à Toulouse. Cité d'un nombreux clergé, d'une Université célèbre et d'un Parlement, Toulouse attira de bonne heure les imprimeurs, allemands pour la plupart, qui venaient offrir leurs presses de ville en ville. Elle fut la quatrième ville de France où ils livrèrent leur merveilleux travail. Le Barljatia y parut en 1476, et deux autres incunables sont probablement antérieurs, précisément parce qu'ils ne sont pas datés.

Le plus ancien des missels de Saint-Étienne, conservé aujourd'hui à la bibliothèque du Grand-Séminaire, a été imprimé à Toulouse, en 1490, par Antoine Gléblat. C'est un beau livre in-quarto, en caractères gothiques, sur deux colonnes, avec majuscules manuscrites rouges et bleues. Il est dit dans la Préface que l'archevêque Pierre du Lion ordonna de l'imprimer, et que le chanoine Bazelius, archidiacre d'Ulmes, le composa sur son ordre et avec le consentement du prévôt, d'après des missels qui tombaient de vétusté.

En tète, une planche sur bois représente les armes de Pierre du Lion, sommées de la Croix; celles du prévôt Pierre de Rousergue, sommées d'une image de saint Etienne et du bonnet du docteur, accompagnées d'une cordelière à deux glands ; celles du chapitre et celles du chanoine Bazelius^.

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