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Armes de l'archevêque : écartelé, au premier et quatrième

Une gravure sur bois représentant saint Etienne ouvre les offices de FAvent; une autre donne le portrait de l'archevêque Pierre du Lion, k genoux, chapé et mitré, tenant la croix entre ses mains jointes.

Un autre missel conservé à la Bibliothèque de la ville a été imprimé à Lyon, en 1524, par Denis de Harsy. Il est aussi en caractères gothiques et orné de gravures tirées du Livre des Chroniques de Nuremberg.

Dans un troisième missel de 1552, conservé de même à la Bibliothèque de la ville ^ et encore en caractères gothiques, on voit un grand nombre de petites planches carrées représentant le sujet de la fête du jour ou de l'Évangile du dimanche. Yis-à-vis la messe du premier dimanche de l'Avent, une planche plus grande représente Dieu le Père coiffé d'une tiare, entouré d'anges; au-dessous, un prêtre en chasuble célébrant la messe et tenant dans ses mains, à la place de l'hostie, l'enfant Jésus droit et nu. Le diacre fait un geste d'admiration et les fidèles s'inclinent.

Ces missels contiennent encore les anciens offices des Saints avec leurs séquences, dont plusieurs remontent au onzième siècle. Ils quittèrent peu à peu la cathédrale,

d'or au lion rampant d'azur^ au second et troisième de gueules aux trois fasces d'or; de P. de Rousergue ; de gueules à la bande et à la bordure d'o7^ chargée de neuf roses du champ ; du chapitre : voir p. UO; de Bazelius : trois colonnes avec bases et chapiteaux. (Desbarreaux-Bernard, les Incunables de la Bibliothèque de Toulouse, p. 146.) 1. N« 167.

I de même que les missels manuscrits, lorsque des changements furent apportés dans la liturgie et que le souci

I d'une latinité plus pure comme d'une critique plus sévère eut fait abandonner, vers la fm du dix-septième siècle,

' les antiques légendes que les séquences rapportaient. Lorsque Pierre du Lion fut mort en janvier 1491, les chanoines élurent leur prévôt Pierre de Rousergue, professeur en l'un et l'autre droit, qui avait hérité du respect et de l'autorité dont son oncle avait joui, et alors éclatèrent à Toulouse les divisions qui avaient agité plusieurs diocèses de France depuis le milieu du siècle. L'ancienne coutume de l'élection par les chapitres faisait parfois surgir des dangers, depuis que le schisme d'Occident et certaines doctrines émises dans les conciles réunis pour le faire cesser avaient manifesté des tendances à la constitution d'églises ou tout au moins de disciplines particulières. La nécessité souveraine de l'unité dans le gouvernement des âmes amenait les papes à se substituer aux chapitres pour la nomination des évêques. Cependant la Pragmatique-Sanction n'était pas abolie, si elle n'était pas toujours soutenue. Les conflits naissaient dès qu'un évêché et même dès qu'un bénéfice important venait à vaquer. Le pape Nicolas V avait déjà, en effet, donné la prévôté à Alain de Goëfivi, évêque de Préneste et cardinal d'Avignon, en janvier 1452. Les chanoines protestèrent et les capitouls obtinrent un décret du sénéchal, en vertu de la Pragmatique-Sanction, pour que le prévôt ne put appeler les chanoines devant la

cour de Rome, mais seulement devant les juges ordinaires. Des difficultés analogues s'élevèrent lorsqu'après la mort d'Alain de Goëtivi, en 1474, le pape eut nommé Jean du Ghatel, qui refusa même de prêter serment. Il mourut l'année suivante, et les chanoines, cette fois, avaient élu Pierre de RousergueS quelques mois après la mort de l'archevêque, son oncle.

Ainsi les chapitres et les communautés monastiques s'empressaient de nommer en vertu des droits anciens confirmés par la Pragmatique-Sanction, et le pape nommait aussi de son côté, disant que la Pragmatique était abolie. Ces prétentions contraires suscitèrent dans les églises et les monastères des troubles constants, des procès sans fin, parfois des appels à la force. C'était ordinairement le protégé de la cour qui l'emportait, et le désordre ne cessa qu'après le concordat entre Léon X et François pr, qui enleva définitivement aux chapitres leur vieux droit d'élection, régularisa les rapports du pouvoir spirituel et du pouvoir civil sur ces points délicats, et établit la discipline sous laquelle l'Église vit encore en France.

Le prévôt Pierre de Rousergue, élu archevêque par le chapitre, obtint des archevêques de Narbonne et de Bourges, qui se disputaient la primatie sur la province, la confirmation du vote canonial, et prit possession de son siège le 23 septembre 1493. Mais Hector de Bourbon,

i. Gallia chtnstiana, XIII, col. 83,

qui avait réuni un certain nombre de voix, et qui était appuyé par la cour, parce qu'il était frère du nouveau seigneur de Malause, sénéchal aussi de Toulouse, s'opposa à cette installation, sous prétexte que l'archevêché de Toulouse ne relevait que du Saint-Siège. Pierre de Rousergue et le chapitre en appelèrent comme d'abus au Parlement de Paris, mais le roi renvoya le débat au Parlement de Bordeaux en mai 1494. La lutte s'éleva entre les deux partis, pendant le procès, souillée par des désordres, des violences et des meurtres même. L'Université soutenait ardemment Pierre de Rousergue, mais le Parlement décida, au mois de décembre, en faveur d'Hector de Bourbon, qui ne put toutefois prendre la paisible possession de son siège qu'au mois d'août de l'an 1500 \ après qu'il eut cédé l'évêché de Lavaur à son rival. Pierre de Rousergue mourut en 1514, après avoir cédé la prévôté, dont il retint cependant le tiers des revenus, à Pierre Buxi, qui fut plus tard aussi évêque de Lavaur.

Hector de Bourbon mourut en 1502 et fut inhumé dans le chœur de Saint-Étienne. Jean d'Orléans, fils du comte de Dunois de Longueville et neveu de Louis XI par sa mère Agnès de Savoie, lui succéda sur le siège archiépiscopal et prépara l'achèvement du chœur de la cathédrale.

i. Gallia christiana, xiii, col. 52,

LES CONSTUUCTIONS DU CARDINAL D'oRLÉANS ET LE SEIZIÈME SIÈCLE.

Jean d'Orléans ; sécularisation du chapitre ; surélévation des contreforts du chœur; dernièi'C chapelle du chœur sur le collatéral du sud; tourelle d'escalier attenante; pilier d'Orléans; sacristie; clocher; cloches; interdiction au chapitre de nommer un nouvel archevêque après la mort du cardinal. — Gabriel de Grammont; mur transversal ; retable de l'autel de paroisse ; chapelle de la nef au nord ; oratoire et chapelle de Nazareth; la réforme à Toulouse; efforts du chapitie contre l'hérésie; le chanoine Toussaint Giboult ; confréries de pénitents; attachement des Toulousains à la foi catholique; avènement d'Henri IV; abjuration solennelle de Geoffroy de Vaux; personnages de marque enterrés à Saint-Étienne pendant le seizième siècle.

Jean d'Orléans n'avait que treize ans lorsque le roi le fit nommer , et comme il ne pouvait exercer les fonctions épiscopales, Dn lui donna un vicaire général, An toine de la Haye-Passavant, son cousin.

Les chanoines demandaient depuis longtemps la sécularisation du Chapitre. Chacun d'eux était pourvu d'un bénéfice considérable qui lui assurait une existence indépendante et personnelle. L'administration de leurs biens, le service même de l'église cathédrale où ils avaient exercé dès l'origine le ministère paroissial, les mettaient en relations constantes avec le monde exté-

rieur. Ils avaient abandonné peu à peu la vie commune, les vêtements monastiques , et n'étaient plus désignés que par leurs noms de famille. Les tentatives nombreuses de réformes entreprises par les archevêques des deux siècles précédents montraient la volonté persévérante des chanoines de s'affranchir des règles cénobitiques instituées dans des temps bien dissemblables et que de nouveaux ordres religieux avaient adoptées pour répondre à des nécessités différentes. Bien peu de chapitres de Saint- Augustin gardèrent jusqu'à la Révolution la discipline de leur institution première, comme celui d'Uzès et celui de Saint-Volusien de Foix qui en maintinrent le lien en s'affiliant à la réforme de la Congrégation de France.

Quelques années auparavant, en août 1484, les chanoines de Saint-Étienne avaient donné procuration à leur prévôt, Pierre de Rousergue, et au chanoine Jean Hinard, prieur de Nailloux, de poursuivre la sécularisation en cour de Rome 2. Ils la renouvelèrent plus instamment, le 9 mars 1510, entre les mains de Jean Bardon, archidiacre d'Ulmes, et ils empruntèrent 2,000 ducats d'or pour les frais d'instance 2. Lorsque quelques mois après, le 30 septembre 1510, le pape Jules II lança la bulle supprimant la régularité du chapitre et l'érigeant en chapitre séculier, il ne faisait que sanctionner une transformation déjà accomplie.

1. A?^ch. de la H. G., fonds de Saint-Etienne, n» II, 1. 5, t. 2.

2. Id.^ t. 3. La sécularisation coûta en tout au chapitre 3.500 ducats; Bertrandi, f" xlix, recto.

lice, et aussi de ceux qui viendraient à vaquer après une privation légitime serait hors de tour et ne pourrait être prononcée que par l'archevêque. Mais si la vacance survenait par simple résignation, la nomination appartiendrait à l'archevêque ou au chapitre suivant leur tour. Lorsque le Saint-Père ou son légat conférerait la dignité canoniale ou une prébende par prévention, cette nomination compterait pour celui qui serait en tour de présenter si le droit de nomination lui était laissé, mais si le rescrit apostolique désignait celui qui serait pourvu, l'archevêque ou le chapitre en tour de nommer ne le perdrait pas.

L'archevêque se réserva toutes les offrandes remises dans les solennités où il officierait, comme aussi le droit de conférer les ordres, de sacrer ses suffragants, de bénir les abbés et d'accomplir toutes les cérémonies afférentes à sa dignité, à l'heure qu'il voudrait, dans le chœur ou dans toute autre partie de l'église métropolitaine.

Il fut aussi convenu que l'archevêque aurait toute prééminence dans le chœur et dans l'église , avec le droit de faire porter la croix devant lui, sans que cet hommage dû au chef de l'église métropolitaine portât une dérogation aux libertés et privilèges du chapitre; enfin, que l'archevêque, le prévôt et le chapitre exerceraient les mêmes juridictions sur les chanoines qu'au temps de la

assemblées du clergé du dernier siècle. Voir l'article de l'abbé Sicard dans le Cor7^espondant, t. 156, p. 856 : les Dispensateurs des bénéfices ecclésiastiques avant 1789.

régularité , telles qu'elles avaient été réglées par le pape Jean XXII le 15 décembre 1333 ^

Une bulle de Léon X du 12 décembre 1515 confirma cette transaction qui fut autorisée aussi par un arrêt du grand conseil 2.

Jean d'Orléans fut ordonné prêtre le 15 juin 1516 et sacré dans l'église Sainte-Geneviève, le 26 avril suivant, par Philippe, cardinal de Luxembourg. Élu évêque d'Orléans par le chapitre de cette église , il fut confirmé par Léon X le 13 juin 1521, et reçut la permission de conser/er les deux diocèses. Il entra solennellement à Toulouse le dimanche de Lœtare, 15 mars 1522, accompagné par Bertrand de Lordat, évêque de Pamiers, Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix, Jean de Prats, évêque de Montauban , Simon de Beausoleil , évêque de Lavaur, Laurent Alamand, évêque de Grenoble et abbé de Saint- Sernin, et Aymeric de Vivès, abbé de Gimont.

Jean d'Orléans entreprit aussitôt d'illustrer son épiscopat par les embellissements de sa cathédrale et de terminer le chœur de Bertrand de l'Isle. Il voyait se déployer de toutes parts autour de lui les nobles efforts précurseurs de l'élan de la Renaissance. Les d'Amboise venaient de couvrir de peintures radieuses les voûtes de leur cathédrale d'Albi et d'élever le jubé, la clôture du chœur et le porche , où la sculpture de pierre atteignait le plus haut degré de légèreté et d'élégance. Phi-

1. Arcli. de la H,-G., fonds de Saint-Étienne, n° II, 1. 5, t. 46.

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