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LEVÈQUE AMANS, FONDEUR A TOULOUSE

L'horloge a trois cloches. La plus grande et la plus

ancienne date, comme ses sœurs du clocher, de 1581. Elle a reçu sur le cerveau l'inscription :

XPS VINGIT XPS REGNAT XPS IMPERAT XPS AB OMNI MALO NOS DEFENDAT NICOLAS,

et sur le vase inférieur :

PONGET MA FETE LAN MIL VLXXXI.

Elle est ornée encore d'un petit bas-relief représentant Jésus en croix, avec la Vierge et saint Jean à ses côtés, puis de trois personnages en relief dont un évêque, enlin du IHS entouré de rayons flamboyants.

La cloche sonne mi et a un diamètre de l'"20.

Une des cloches qui sonne les quarts, au midi, porte la date de 1647, et une inscription qu'on ne peut lire entièrement, parce qu'elle surplombe le vide : Gloria Patri ET FiLio ET Spiritus Sangto... Sangtis Joseph et AuGusTiNO... 1637... et le nom du fondeur : Lagarre.

La seconde cloche, qui sonne les quarts du nord, a été fondue en 1849 ^

Jean d'Orléans avait fait refondre la fameuse cloche Gardaillac, fêlée sous les coups de son battant formidable.

1. Baron de Rivières, Bulletin de le Société m^chéologique du midi de la Ft^ance, séance du 5 décembre 1876.

Le chapitre offrit huit calices avec leurs patènes, et les fidèles s'empressèrent de venir jeter dans le creuset, ouvert dans le sol même du cloître, l'or et l'argent de leurs bijoux afin de donner plus d'éclat au son du bronze qui était une des gloires toulousaines

La cloche fut agrandie avec la permission de Jean de Gardaillac, abbé ^ de Belleperche, et baptisée, au pied du clocher qui l'attendait, en présence d'une immense foule, par l'évêque de Garcassonne, Martin de Saint-André, le 17 décembre 153L L'abbé de Belleperche et la dame de Ribaulte furent parrain et marraine 2.

L'archevêque fut nommé cardinal au titre de Saint- Martin-des-Monts, le 21 février 1533, et mourut, le 24 septembre suivant, à Tarascon, tandis qu'il se rendait avec le roi au-devant de Catherine de Médicis.

Le 4 octobre, le chapitre reçut la défense de recourir à l'élection pour la nomination d'un nouvel archevêque. L'émotion fut grande au conseil qui suivit cette sentence définitive et le procureur du roi vint assurer aux chanoines pour les calmer, (ju'il n'entendait pas les troubler dans leurs droits pendant la vacance. Mais d'après le concordat conclu avec Léon X, le roi nomma Gabriel de Grammont, archevêque de Bordeaux et car-

1. Ce zèle noble et généreux n'était du qu'à un préjugé, car le son d'une cloche n'est jamais plus vibrant qu'avec un mélange de cuivre et d'étain.

1. Arch. de la H.-G., fonds de Saint-Etienne, n» 140; déhbération du chapitre de ce jour.

dinal de Sainte-Cécile, qui mourut quelques mois après au château de Balma ^ .

Les travaux de la cathédrale s'arrêtèrent brusquement après la mort du cardinal d'Orléans, comme ils s'étaient arrêtés après celle de Bertrand de l'Isle. Toute pensée de terminer l'église sur le plan et le prolongement du choeur disparut, et comme depuis les adjonctions de Bernard de liousergue et de Jean d'Orléans , aux dernières chapelles des bas-côtés et la construction du grand pilier, les anciennes clôtures joignant le chœur à la nef étaient tombées, on éleva à peu de frais le grand mur transversal qui abrite le chœur au couchant et qui repose en partie sur le premier arc doubleau de la nef du treizième siècle.

Il est, en effet, bien antérieur aux petites voûtes que l'on appuya sur les parements en même temps que l'on construisait la voûte du chœur, car elles ne sont nullement liées avec ses assises. Ce mur, d'ailleurs, est percé de six fenêtres ogivales à meneaux fort simples et sans caractère, fermées aujourd'hui, à l'exception des deux qui surmontent l'autel de paroisse , mais destinées à éclairer l'espace vide au-devant du chœur et le chœur lui-même qui ne recevait encore aucune autre lumière. On avait donc renoncé à tout prolongement du chœur et de ses bas-côtés.

1. Arch. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, n° TiO; déUbération de ce jour et jours suivants.

La construction du pilier d'Orléans obligea à transporter l'autel de paroisse dans l'angle formé par le mur de la chapelle de la Vierge avec celui de la grande nef, et on le décora d'un beau rétable que la Révolution a détruit, mais dont Dupuy Dugrez a laissé une description enthousiaste :

« Y a-t-il rien de mieux imaginé que l'autel de la paroisse Saint-Étienne , où pour représenter en rondebosse la mort de la Sainte-Vierge Mère de Dieu, à laquelle nous savons par tradition que se trouvèrent tous les apôtres, l'ouvrier a fait un corps d'architecture qui règne dans toute l'étendue des deux crédences et de l'autel. Il est soutenu de huit colonnes et il y en a quatre sur le devant et autant sur le derrière. Les deux angulaires antérieures sont torses, très bien ornées et d'un ordre composé. Elles ont leurs piédestaux de même ordre. Les autres six sont d'ordre corinthien dont les deux sont placées derrière les torses, à chaque aile avec des piédestaux convenables, et les quatre du milieu sont posées sur un grand soubassement de même hauteur que les piédestaux des colonnes angulaires et de la profondeur de l'ouvrage. Toutes ces colonnes soutiennent un entablement et un sofite, et l'autre colonne du milieu étant de toute la longueur de la table , forme une espèce de pavillon.

« C'est là que Bachelier a disposé son histoire ; mais si dégagée que c'est un enchantement de la voir. Il y a sur le devant trois apôtres à genoux qui expriment ten-

drement leur tristesse ; on en voit un autre debout à côté et deux qui entrent dans leur payillon en embrassant les colonnes qui le soutiennent. La Vierge est couchée sur un lit, les yeux fermés et les mains jointes vers le ciel. Les autres dix apôtres sont de l'autre côté du lit dans des attitudes différentes qui marquent assez leur douleur, de sorte qu'en voyant cet ouvrage on se sent en même temps touché de cette histoire. Il a même observé les règles de l'optique, faisant les figures les plus éloignées un peu plus petites que celles de devant, toutefois d'une manière imperceptible. Mais parce qu'un tabernacle aurait caché son histoire, il a fait une espèce d'arche d'alliance, sur laquelle on voit un petit enfant qui dort et un ange qui répand des fleurs sur lui. C'est dans ce coffre qu'on réserve le saint ciboire.

« Sur ce corps inférieur il y en a un autre de quatre colonnes corinthiennes avec leurs piédestaux assis à plomb sur celles du premier. Elles portent un entablement et un sofite, sous lequel dans l'autre colonne du milieu et dans une niche fort large on voit une image assise de la Sainte-Vierge, tenant son petit sur les genoux et plusieurs petits enfants qui se jouent diversement auprès de lui. Tous ces petits enfants tiennent entièrement de la manière de Michel-Ange ou de Donatelle, car ils sont un peu musclés et font un bel effet dans la sculpture lorsqu'ils sont vus d'un peu loin

« Les apôtres de l'autel Saint-Étienne sont merveilleusement bien habillés ; l'étoffe est assez légère pour mar-

quer le nu que faisaient plusieurs plis et assez forte pour convenir à des personnes de leur état^ »

Le groupe de la mort de la Vierge et son encadrement furent terminés le 25 mars 1534 ; mais le second groupe de la Vierge aux Anges ne fut sculpté que dans les dernières années du seizième siècle ^.

Les statues furent peintes aussi à cette époque, et Dupuy Dugrez blâme ces enluminures de la statuaire appliquées de même aux statues des Gordeliers ; elles plaisent au peuple, dit-il, mais font de la peine aux intelligents. La Grèce aux belles époques de l'art et le moyen âge chrétien avaient peint les statues.

L'église paroissiale, la grande nef, s'augmenta d'une

1. Dupuy Dugrez. Tt^aité sur la peinture. Toulouse, 1699, pp. 2S, 35. Est-ce d'après une signature et des preuves certaines que Dupuy Dugrez attribue cet ouvrage à Bachelier, ou simplement d'après la légende qui commençait peut-être à s'établir selon laquelle il serait l'auteur de toutes les sculptures toulousaines du seizième siècle ? Dupuy Dugrez cite encore comme de sa main le groupe des Gordeliers, les rétables de la Trinité et de la Dalbade, les figures de l'hôtel de l'Arc des Carmes, le portail de l'hôtel du Faur Saint-Jory, détruit aujourd'hui, remplacé par les nouvelles constructions de l'hôtel de Castellanne, rue Croix-Baragnon. Les deux seuls ouvrages authentiques que nous possédions de Bachelier , la porte de l'Esquile, rue du Taur, et la porte de la Commutation, au Jardin-des-Plantes, diffèrent singulièrement des figures de l'hôtel Maynier ou de l'Arc des Carmes, comme on disait alors, comme des descriptions de Dupuy Dugrez et se font remarquer par la finesse un peu maigre des détails beaucoup plus que par l'ampleur de l'ordonnance et de l'exécution.

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