Arch. de la H.-G.^ fonds de Saint-Etienne, registre
I avaient l'avantage de fournir une décoration naturelle aux façades et aussi d'être utiles parfois pour la défense
j de l'église, tout au moins pour la résistance à un coup de main. Mais ce double but était mieux rempli encore quand le clocher était dressé sur le milieu de la façade, le rez-de-chaussée formant porche, disposition assez rare d'ailleurs dans les grandes cathédrales qui adoptaient plutôt deux tours monumentales aux deux côtés de l'entrée.
On ne peut guère distinguer aujourd'hui ces cons- ! tructions anciennes sous les remaniements postérieurs, ' et les adjonctions d'une maison ou de la chapelle des fonts baptismaux, bien qu'on remarque une différence J et une absence de liaison dans l'angle nord-ouest. Jean d'Orléans résolut d'élever un clocher sur les bases des deux premiers et il donna ainsi une forme barlongue à cet énorme entassement de briques , monté sans nul souci de l'élégance et des lignes, imposant seulement par sa masse et sa hauteur. Il est fort analogue à plusieurs clochers du nord de l'Espagne, et la Giralda de ' Séville elle-même n'est-elle pas de la même famille?
Le clocher est ainsi constitué par un parallélogramme . de 17"^90 de longueur sur 6 mètres de largeur i. Le mur méridional repose sur le mur de la nef, prolongé par un contrefort saillant qui fut surélevé à cette épo-
1. Voir le plan. Épaisseur des murs au rez-de-chaussée, 2'"92; au premier étage, [""Sô au couchant, 1"84 au midi, 2'"08 au nord; ii la hauteur du beffroi, 1°^40.
que, et un ressaut prolongé à son extrémité sur la façade, s'appuie encore sur l'épaisseur de ce mur, un peu échancré à la base par un ébrasement. Il en résulte que le mur du clocher en façade présente une largeur de 9 mètres. Cette logette fut construite pour recevoir la fameuse cloche Gardaillac, refondue en 1531, dont le beffroi en épaisses solives de chêne entrecroisées est encore en place. Il a dans œuvre l'n82 de large, et le diamètre de la cloche devait par suite être un peu moindre.
Aucune voûte n'est bandée entre les murailles, et on atteint les planchers des divers étages ainsi que la plateforme supérieure par un simple escalier de bois. Un énorme arc de décharge est ouvert dans le mur donnant sur la rue des Cloches, soit pour laisser le jour arriver à la fenêtre qui devait éclairer la première travée de la nef, mais qui est demeurée fermée, soit pour affranchir la voûte de l'ancienne chapelle des fonts baptismaux. Cette chapelle ne fut construite, ou du moins terminée dans sa forme actuelle, selon Catel, qu'en 1555; mais comme, d'après ce qu'il en dit, les travaux ne durèrent qu'un mois, du 26 février au 31 mars, il est évident qu'il s'agit d'une restauration et qu'une chapelle avait précédé le clocher. Cette arcade abrite aujourd'hui le logement du carillonneur.
L'étage dans lequel tintent les cloches est ajouré par deux rangs de fenêtres ogivales munies d'abat-sons avec une fenêtre plus grande, ouverte sur la façade.
l'églisi-: saint-étienne.
Une charpente avec une toiture de tuiles couvre le clocher, et on ne peut guère circuler que grâce aux cheneaux posés sur l'épaisseur des murs. Des gargouilles d'allure vigoureuse rejettent l'eau loin des parements et une balustrade de dalles de pierre évidée entoure le petit chemin de ronde élevé à 55 mètres au-dessus du sol. Au commencement du dix-septième siècle, en même temps sans doute que l'on terminait le chœur de la cathédrale, on disposa sur cet ensemble fort lourd afin de le faire pyramider et d'en alléger l'aspect, l'arcade de briques et de pierres de taille en bossages dans laquelle est suspendue la cloche de l'horloge, ainsi que les petits pyramidons au-dessus desquels sont établies les cloches plus petites sonnant les quarts et les demies.
Plus tard aussi, on construisit à côté du contrefort en saillie prolongeant le mur de la nef, une tourelle carrée dans laquelle descendaient autrefois les poids de l'horloge, et un balcon surmonté d'un cadran et d'un fronton unit le contrefort et la tourelle.
Le clocher fut terminé en 1531, et Gatel dit qu'il avait entendu un maçon âgé d'environ cent ans assurant qu'il y avait travaillée
I. Catel, p. 163. Catel écrivait ce passage vers 1623, puisqu'il parle de l'incendie de 1609, survenu, « il y a treize ou quatorze ans, » mais il pouvait avoir vu ce maçon plusieurs années auparavant.
Au-dessous du balcon de l'horloge, une naissance de voûte s'arcboute dans l'angle entre le mur et le contrefort. Est-ce l'amorce d'une construction inachevée ou le reste d'une cons-
L'étage du beffroi contient neuf cloches. Deux datent de l'année 1581 ; l'une, d'un diamètre inférieur de 0^b9, sonnant m^, portant sur le cerveau l'inscription en majuscules romaines :
INITIUM SAPIENTIiE TIMOR DNI.
et sur la panse la date , mdlxxxi.
L'autre cloche, de même date, est d'un diamètre de 0'"66, sonne ré^ et porte l'inscription :
IN TE DNE SPERAVI NON CONFONDAR IN iETERNUM. MDLXXXI.
Cette cloche est ornée de petits bas-reliefs carrés. Sur l'un, saint Michel terrasse le dragon; sur un autre, on voit Notre -Seigneur Jésus -Christ à mi -corps avec les instruments de la flagellation; deux écussons portent les armes du chapitre et celles du cardinal d'Armagnac; au premier et quatrième (d'or) au lion (de gueules), au second et troisième (de gueules) au léopard (lionné d'or). Le cardinal d'Armagnac, archevêque de Toulouse depuis l'année 1562, avait donné sa démission en 1577,
truction, dépendanco de l'égUse qui devait, dans ce cas, s'avancer en saillie sur la place?
Les briques ne sont pas celles du moyen âge et cette construction n'est pas antérieure aux dernières années du seizième siècle.
Avant la Révolution, un escalier descendait du balcon dans la maison voisine qui appartenait; à la cathédrale. Hauteur du balcon au-dessus du sol, 22 mètres.
mais s'était réservé les fruits et la collation des bénéfices; il ne mourut qu'en 1584. Les anses de la cloche sont ornées de têtes grimaçantes.
Une troisième cloche plus grosse , d'un diamètre de 1"^10, vient du couvent des Carmes et fut donnée à Saint-Étienne après la Révolution. On y lit en majuscules romaines et en relief :
SIT SEMPER EIVS LAVDEM ET GLORIA SSM.E TRINITATIS PATRIS ET FILII ET SPIRITVS STI AMEN.
P. ROBERT as VILLARAZE PRIOR BENEDICITE DEC CŒLI IN MAGNO GARMELO TOLOSANO ANNO DNI 1764.
SEMPER BEATA MATER DNI NRI IC P ADRTANUS DELON PROALIS P JOLY LIMOVIENSIS M F.
Cette cloche, assez grossièrement fondue par Adrien Delon et P. Joly, sonne sol.
Les autres cloches sont modernes et datent, l'une de 1814, une autre de 1815, trois autres, dont une plus grosse, de 1816. Elles ne constituent jdIus un carillon complet, depuis qu'une septième cloche se rompit dans les sonneries pour les funérailles du cardinal d'Astros.
Enfin une dernière cloche immense, aux sons formidables, l'ancienne Augustine du couvent transformé en musée, fondue dans le milieu du seizième siècle, qui avait retenti plus d'une fois dans les épisodes les plus dramatiques des guerres civiles, seule conservée par la Révolution , parce que sa situation au centre de la ville
lui permettait d'être entendue de tous les quartiers quand elle appelait au secours des incendies, a été refondue et très augmentée en 1876. Elle a un diamètre de 1^S2^ près de 7 mètres de circonférence et pèse 3,950 kilogrammes. Le battant pèse 120 kilogrammes. Le peuple, reconnaissant, l'a déjà appelée la Floriane, du nom du cardinal Florian Desprez, archevêque de Toulouse, dont elle perpétuera le souvenir, en rappelant sans cesse son épiscopat laborieux et fécond en fondations et en œuvres, ainsi que ses vertus, grâce auxquelles il a gagné le cœur de ses diocésains.
Cette belle cloche porte les armes de Pie IX, du cardinal Desprez et du chapitre, avec les inscriptions suivantes :
LAUDO DEUM VERUM PLEBEM VOCO GONGREGO GLERUM DEFUNCTOS PLORO PESTEM FUGO FESTA DEGORO GAPITULUM DEGANENTE MEGUM GANIT GLORIAM DEI SANGTE STEPHANE OPN. SANGTE FORORIANE OPN ANNO DOMIXI 1876,
et SOUS les armes :
PIO IX SUMMO PONTIFIGI. FLORIANO DESPREZ ARGHIEPISGOPO GAPITULI SGIILLUM,
enfin la signature :