‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 129 sur 193 · Id , 12 mars · texte numérisé non relu

Id , 12 mars

où finissaient les luttes de la Réforme, à celle dont la place Saint-Étienne avait été aussi le témoin à leur origine, lorsque Jean de Boyssoné, docteur régent en l'Université de Toulouse, l'ami d'Alciat mais aussi de Clément Marot et de Mélancthon, accusé d'hérésie et condamné par Fofficial et les grands-vicaires de l'archevêque, abjura devant la porte de la cathédrale, et fut ensuite absous et conduit devant l'autel.

Geoffroy de Vaux, ancien moine franciscain du diocèse de Tréguier, avait été pris par les huguenots à Ghabeul en Dauphiné, tandis qu'il se rendait à Rome, et pour sauver sa vie, disait-il, s'était soumis à leurs doctrines, puis après s'être marié, était même devenu ministre de la religion calvinienne. Pressé de remords, frappé par la mort d'un de ses fils , il venait de s'arrêter à Saint- Félix de Garaman , où il avait déclaré son désir de conversion au doyen de la collégiale , et était enfin arrivé à Toulouse, où le vicaire général l'avait présenté au cardinal de Joyeuse.

Après la grand'messe , en présence du cardinal, de six évêques , de tout le clergé et d'une foule immense, étant pieds nus et en habit de pénitent, il déclara ses erreurs et son repentir, signala les actes pervers des huguenots qui « avaient ruiné presque de fond en comble la misérable France » et abjura solennellement selon la forme du Goiicile de Trente, tandis qu'un chœur de musique chantait les versets de la pénitence sur la galerie du portail. Le cardinal le frappa d'une baguette, et le pre-

nant aussitôt par la main avec les autres évêques, il l'introduisit dans l'église au chant du Te Deum'^.

Si aucun archevêque de Toulouse dans ce siècle ne reposa dans sa cathédrale depuis Hector de Bourbon, elle reçut la dépouille mortelle de plusieurs personnages de marque 2.

En 1523, le chanoine Pierre de Laporte fut enseveli près de la porte du chœur de pierre blanche, du côté de la sacristie, qu'il avait fait bâtir ^ L'année suivante, le chapitre accorda une sépulture dans la chapelle de Vayroles ^ au conseiller du roi de Baulat et à sa famille. En 1530, Simone Volpilhague, hôtesse, qui avait fondé plusieurs obits et donné au chapitre sa maison de la rue Riguepels, à l'enseigne du Maure, fut inhumée dans l'église ^.

1. Cèlrhre conveèsion de la personne et famille de Geoffy^oy de Yaux ; à Paris, chez J. Le Blanc, jouxte la copie imprimée à Tolose par Raymond Colomiez. {."iOT; réimprimé à Lyon par Moergin Rusand, 1875.

2. Jean d'Orléans mourut à Tarascon, et son cœur fut porté à Ciiâteaudun, capitale des comtes de Dunois. Gabriel de Grammont fut enterré dans la chapelle du château de Bidache en Béarn, Odet de Coligny dans la sépulture de sa famille, le cardinal de Meudon dans l'église du Val-des-Écoliers à Paris, lo cardinal d'Armagnac à Notre-Dame-des-Doms à Avignon, Paul de Foix à Saint-Louis, à Rome.

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