‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 134 sur 193 · Id · texte numérisé non relu

Id

l'incendie de 1609 et l'achèvement du chœur.

Incendie du chœur, le 9 décembre 1609. — Empressement de la population et de tous les pouvoirs publics pour réparer le désastre. — Pierre Levesville chargé de construire la voûte. — Détails de cette construction. — Exhaussement du pilier d'Orléans et de la tourelle méridionale. — Les stalles, les orgues, le jubé, portes des petites nefs et confessionnal, vitraux, tapisseries, petite sacristie, nouvelles portes latérales du chœur, statue du président de Lestang. — Mort du prévôt Jean Daffis.

— Les Bertier. — L'archevêque Louis Nogaret de Lavalette. — L'archevêque Charles de Montchal, son entrée solennelle, ses fondations et ses œuvres. — Epidémie de 1630, — Nouveaux ordres religieux : carmes déchaussés, augustins déchaussés. Pères de la doctrine chrétienne, les dames d'Andoin. — Réformes du chapitre. — Réorganisation de la confrérie du Saint- Sacrement. — Procession du troisième dimanche du mois autour du chœur, adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, confrérie pour les trépassés. — Pension du chapitre au poète Goudelin.

— Joseph d'Esparbès de Lussan et Henri de Sponde, évêqucs de Pamiers, enterrés à Saint- Etienne. — Entrée de Louis XIV à Saint-Etienne. — L'archevêque Pierre de Marca. — Le rétable du chœur et le groupe de la lapidation de Saint-Etienne. — Les derniers archevêques du dixseptième siècle. — Collation due au chapitre. — Tribune des chanoines.

Les chanoines commençaient à réparer les désordres moraux des dernières annnées terribles. Ils travaillaient aussi à rembourser les dettes qu'ils avaient dû contracter ^ et afin de surveiller plus directement l'emploi des

1. Ils avaient emprunté 3,000 livres à Antoinette d'Orléans et de Longueville, religieuse au monastère des Feuillants, plus tard abbesse de Fontevrault, qui mourut le 16 avril 1618, et fut ensevelie, selon son désir, dans la chapelle du monastère de Toulouse.

revenus capitulaires, ils venaient de limiter le pouvoir de leurs célériers lorsqu' une catastrophe, dont la cause demeura inconnue, détruisit toutes les magnificences du chœur de la cathédrale.

« La nuit du neuvième du mois de décembre (1609) survint un grand malheur en cette ville, car en cette dite nuit le feu, on n'a su, comme quoi, se prit en telle sorte aux chaires du chœur, orgue et chapelle de l'Assomption de Notre-Dame en l'église métropolitaine Saint-Étienne, qu'en moins de dix heures tout l'édifice du chœur de ladite église fut brûlé et réduit en cendres, même l'autel dudit chœur, le rétable duquel et les images entassées en icelui étaient de fin argent doré et enrichi de pierreries. Pendant le bruslement, on s'avisa de retirer les reliques et châsses de Monsieur saint Étienne, qui étaient au derrière dudit autel, et fut cette résolution exécutée fort heureusement par la prudence, sagesse et grand courage du sieur chevalier de Gatel, qui s'exposa à cet effet aux flammes, retira et emporta d'icelles les châsses et reliques. Ledit feu était si grand et les flammes si étranges et si effroyables qu'il n'y eut moyen de l'éteindre, quels soins et secours que lesdits sieurs capitouls y apportèrent avec les maîtres charpentiers du feu de la ville. Dieu soit béni et apaise son ire par sa miséricorde et veuille par sa grâce que ladite

1. Règlement en douze articles de mni 1607. [A7^chives de la E.-G., fonds de Saint-Étienne, n° 143.)

église soit remise en plus beau et riche état dans l'année des charges desdits successeurs desdits sieurs capitols^ »

Le tombeau de bronze de Bertrand de l'Isle fut détruit par le feu, de même que l'autel et le rétable qu'il avait donnés à sa cathédrale, ainsi que les livres et les manuscrits conservés dans le chœur, quelques-uns attachés par des chaînes de fer.

Le chapitre s'assembla dès le matin en présence de « la totale ruine de l'église », et délibéra aussitôt sur les mesures à prendre. Il décida le lendemain que les offices seraient célébrés à l'église Saint-Jacques, en y gardant l'ordre et les rangs accoutumés, demanda au premier président F. de Clary d'écrire au roi pour le prier de donner les dimes pendant huit ou dix ans et mit un tronc pour solliciter les aumônes des fidèles. Il s'entendit avec les capitouls et eut soin de faire signifier à l'archevêque qu'il devait contribuer aux réparations, selon sa coutume, à raison de dix parts sur treize 2.

Le Parlement, ému de ce désastre et empressé de

1. Archives municipales, registre des annales de Toulouse de 1602 à 1617, 195. Le 9 décembre 1609 était un jeudi. Le chevalier de Catel était le frère de Guillaume de Catel, l'historien consciencieux auquel tous ceux qui étudient les antiquités toulousaines doivent emprunter de si fréquentes citations. Les Catel avaient leur maison sur la place Saint- Etienne, aujourd'hui n^ 6, hôtel du Bourg; on y voit encore leurs armes : d'azur au chevron d'or accompagné de trois étoiles de même.

2. Arch. de la E.-G., fonds de Saint-Etienne, n« 145; déhbération du chapitre de décembre 1609 et de l'année 1610.

prendre la direction de toutes les affaires de la province, s'était occupé, dès les premiers jours, d'assurer des ressources au chapitre, pour les réparations de la métropole. Le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, depuis 1605, s'était démis de l'archevêché de Toulouse en faveur de Louis de Nogaret, qui ne put entrer en possession qu'en 1614, et il en avait par suite conservé l'administration par son vicaire général Gilles. Peu de jours après l'incendie, le Parlement ordonna que la somme de 17,882 livres, alors entre les mains d'Antoine Mercié, trésorier de l'archevêque de Rouen , réservataire des fruits de l'archevêché, et celle de 5,349 entre les mains des fermiers du chapitre, serait remise aussitôt, la première, à Jean Roger, trésorier canonial, la seconde, au bourgeois Pierre Noël, pour être employées immédiatement aux réparations ^

Le 5 janvier 1610, le Parlement impatient de voir entreprendre l'œuvre, ordonnait à l'archevêque et au chapitre de commencer les travaux, sous peine de la privation de leur temporel.

Le chapitre était plus désireux que lui de dégager la cathédrale du chaos et demandait aux maîtres des œuvres les plus en renom des plans de réédification sans lesquels il ne pouvait rien entreprendre.

Le Parlement d'ailleurs, contribua efficacement à la

i. hiventaire des Arc/i. de la H.- G. Arch. civiles, série A, publiée par M. Judicis, p. 80.

restauration de la cathédrale en cédant au chapitre les onze cents brasses de pierre du vieux château Narbonnais qu'il avait fait desceller pour les employer aux réparations du palais. Il prit des mesures pour arrêter l'exagération des prix des matériaux, et fixa, par un arrêt d'avril 1610, le prix de la brique à vingt livres le mille et celui de la pierre à sept livres la brasse. Il défendit à tout marchand de vendre de la pierre à d'autres qu'au syndic du chapitre, s'ous peine de mille livres d'amende.

En décembre, il permit au chapitre, d'exploiter les forêts de Saint-André du Fousseret^ et de Saint-Thomas 3, à raison de huit cents pieds d'arbres de construction , le grand maître des eaux et forêts appelé et entendu ^.

Le chapitre engagea ses biens, en promettant au Parlement de rendre la même quantité de pierre qui lui avait été fournie, dans deux et quatre ans^

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