P. Papfouru, Revue de Gascogne, 1882, p
2. Arch de la IL-G., fonds de Saint-Etienne, 111, f» \\ : « Mandement k Pierre Monge, raaistrc menuisier d3 Narbonne, de hi somme de cent livres pour le modelle des chères du cœur et pour son voyage à Narbonne, du 2 febvrier 1610. »
3. Antoine Lentié n'est mentionné qu'une fois dans le registre 111, au O 147, mais Louis Berry et Antoine Morissot y figurent pour plusieurs sommes qu'ils reçurent du 12 juillet 1611 au 3 février lol2 et qui montent ensemble à 4,360 livres Le compte est il terminé, et les sculpteurs avaient -ils d'ailleurs travaillé aux boiseries de l'orgue? Un siècle auparavant, les cent seize stalles d'Amiens avaient coûté 9,488 livres 11 sols 3 deniers
Les stalles de Saint-Étienne présentent encore les élégances et les sveltesses de la Renaissance, bien que la prédominance des lignes rigides et quelques détails déjà alourdis annoncent les transformations qu'un nouveau siècle avait apportées. Un large déambulatoire sépare les deux rangs de stalles. Les montants séparant les stalles hautes sur le dorsal sont des colonnes cannelées, couronnées par un chapiteau composite, et leur tiers inférieur est couvert de fins entrelacements en relief, de têtes fantastiques ou de ramures. Un dais arrondi les abrite et des balustres élancés d'une tribune terminent cette ordonnance. La stalle arcliiépiscopale est richement ornée. Deux cariatides, une syrène et un centaure, dont le corps se continue par un enroulement très grassement traité, supportent un large dais cintré que domine une pyramide sur laquelle des figurines animent les architectures. Sur la boucle du ceinturon du centaure est gravée la date de 1611. Des colonnes torses cannelées forment la clôture des stalles des deux assistants.
Les miséricordes montrent des têtes de lions ou des têtes humaines dans un réseau de feuillages encore dans le goût des beaux temps du seizième siècle ; des figurines d'enfant sur des dragons, l'une d'entre elles sur un hippogriffe avec une tête d'éléphant, enfin un aigle aux ailes éployées portant un collier de plantes ou de fleurs, parfois de gousses de haricots, motifs caractéristiques très souvent reproduits.
Des chimères d'un jet hardi supportent les accoudoirs.
Les jouées, à rextrémité des rangs de stalles, sont couvertes d'une ornementation en demi-relief, ou de figures d'apôtres dans des arcatures. Elles sont surmontées d'anges jouant dans des feuillages aux grasses volutes, prélude de celles que l'art ornemental multipliera sous les deux règnes de Louis XIII et de Louis XIV.
Ces stalles sont presque absolument semblables à celles de Saint-Sernin , et on peut assurer en présence de cette uniformité que les deux belles boiseries sont dues aux mêmes artistes. Le couronnement de la stalle abbatiale est plus lourd que celui de la stalle de l'archevêque et semblerait indiquer tout au plus une date postérieure de quelques années. Mais il est probable que le cardinal de Joyeuse, abbé de Saint-Sernin en même temps qu'archevêque de Toulouse , ou son successeur Louis de Nogaret de Lavalette, qui unissait aussi sur sa tête les mêmes dignités, voulurent profiter de la présence à Toulouse de ces sculpteurs dont les noms ne paraissent pas locaux, pour enrichir la basilique de la même décoration. Le chœur de Saint-Sernin étant plus étroit que celui de la cathédrale, le dais continu qui surmonte les stalles hautes ne présente pas autant de développement
1. C. Daly a gravé les stalles de >nint-Sernin, dans la Revue d'archilecl?u'e , vol. XXXV, planches : de 12 à !7. On voit sur Tine porte de la cathéiiral-^i de Narbonne, ouvrant sur l'escalier des anciennes prisons du chapitre, un aigle avec une guirlande sur le cou et d'autres ornements analogues aussi à ceux
Les buffets d'orgue avaient pris une grande importance, et on ne pouvait plus songer à les placer sur les jubés. Une double trompe en encorbellement, richement sculptée, fut posée hardiment sur le mur faisant face au chœur, justement au-dessus de la saillie laissée par l'ancienne abside du treizième siècle. Elle reçut la tribune et le positif. Les belles boiseries pleines, en chêne du Nord, encadrant les énormes tuyaux de plomb, se dressent au-dessus, contre le mur. Les figures allégoriques des Éléments, avec celles de la Paix et de la Guerre, décorent les six panneaux de la balustrade pleine, aux deux côtés du positif. L'analogie de plusieurs ornements, comme du style général de ces boiseries, disposées avec une entente remarquable de l'art décoratif, autant que la confusion des deux comptes des stalles et de l'orgue autorise à penser que les mêmes artistes les conçurent et les exécutèrent.
Les armes du chapitre sculptées entre les deux trompes ont été martelées par la rage révolutionnaire.
L'orgue de Saint-Étienne demeura longtemps le seul grand orgue à Toulouse. La place exceptionnelle qu'il occupe contribue à augmenter l'intensité et la qualité
des stalles de Saint-1 tienne. Pierre Monge avait probablement dessiné cette porte. (J. de Malafosse, Bulletin de la Société archéologiqite du midi de la France, 1888, p. 121.)
1. Faction des stalles du chœur et des orgues, 79,3!5 livres; compte cité par Belhomme, Mémoi7^es de la Société archéologique du midi de la France, V, p. 100.
du son. Il a été restauré et perfectionné à plusieurs reprises'.
L'archevêque et le chapitre firent construire un jubé de pierre de taille qui isola complètement le chœur de la nef ; il s'avança d'une travée sur l'ancien jubé de Bernard de Rousergue et augmenta ainsi le chœur de trois stalles de chaque côté 2. On voyait au-dessus de la porte les trois blasons du cardinal, de Jean Daffis et du chapitre, posés d'après une décision du chapitre prise le 24 février 1612 ^ Une inscription sur marbre noir semblait attribuer au cardinal de Joyeuse tout l'honneur de la restauration du chœur :
DEC OPT MAX ANNO DNI CI'J IDO IX V ID^ DEG^^"'* FLAMMIS EXUSTUM IL^'^ AC RE™^ D*" D"^ EPI OSTIEN GARD A lOYUSA OPE RESTITU*'^^^^ GID ID'J XII
La porte était surmontée d'une niche avec une statue de saint Étienne et la niche d'un crucifix. De chaque côté de la porte, quatre niches attendaient des statues.
1. En 1848, puis dernièrement, en 1868, par M. Cavaillé Coll. Grand, seize pieds composé de quarante-deux jeux divisés sur trois claviers à la main de cinquante -quatre notes et un aux pieds de deux octaves; mis à l'unisson de l'orgue d'accompagnement du chœur. (Voir Semaine catholique, 1869, p. 74.)